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Théâtre, un processus avant tout

Par Yoann Romano


Un peu marre d'être sujet à plusieurs remarques de gens qui ne savent en rien à ce que consiste réellement le théâtre. Toujours condescendants.

"- Tu es en L ?!
- Oui.
- Ah bon ?
- Quoi ah bon, j'ai pas le droit ?
- Si si c'est juste que ...
- ...
- Que je me demande pourquoi tu fais ça ...
- Je suis fainéant, et j'ai des difficultés en langues.
- Mais t'es con !
- Ecoute. Suis ma logique. T'es fainéant mais tu sais aussi avoir du potentiel. Tu ne le mets à profit qu'à t'aider à moins travailler. Quelqu'un te donne une analyse sur un sujet tu vas placer des idées très intéressantes et que tu aurais pu développer toi-même mais d'autres. Tu sais donc sélectionner des informations pertinentes et les retenir car ça t'intéresse, mais tu trouves inutiles pour ton avancée personnelle, que tu juges plus importante de toute, de devoir faire montrer aux autres ta capacité à créer ces choses ou à les comprendre. Alors tu ne fais rien et tu réussis tout de même à avoir des notes correctes en utilisant une certaine logique. Mais on te dit que ça ne suffit pas, qu'avec les années la reflexion va progresser et que tu couleras. On te fait redoubler. Alors là tu choisis de prendre une section qui puisse t'intéresser(de part la philo par exemple) mais à la fois difficile pour que tu sentes un ultimatum
et travaille (enfin un peu). Tu choisis L.
"

Alors oui on ne changera jamais l'opinion de certains, mais pour les autres, du moins ceux qui jugent d'eux même ou savent interpréter des choses intéressantes je vais mettre les comptes rendus qu'il me reste à faire de cette semaine, à mon stage théâtre.

Théâtre, un processus avant tout

Echauffement tel qu'on a pris l'habitude de le faire. Notre groupe prend ensuite place sur scène, s'immobilise et chacun sort sa réplique en jouant sur l'émotion. Là va suivre un exercice que j'ai trouvé très intéressant. Chacun s'assoit sur une chaise et ferme les yeux. Guillaume, un metteur en scène, met du Chopin. Il va nous faire imaginer petit à petit un univers avec pour seule limite notre imagination. Il prend le temps d'annoncer les consignes. "Maintenant essayez d'imaginer la chambre de votre personnage, ce qu'il aime y faire, essayez de détailler le plus possible. Le personnage est dans son lit. Vous l'imaginez se réveillant, et dites alors sa première pensée". Il va comme ça aborder l'enfance du personnage, ses pensées, ce qui le rend heureux, malheureux. Son lien à l'amour, son travail, son rapport à la mort, ses motivations dans la vie ...

Je ne vais pas m'attarder sur la forme ni sur les propos utilisés pour nous transcéder dans un monde parallèle, puisque l'intéressant n'est pas là. Non. L'intérêt est plutôt de voir à quel point une musique peut apporter une ambiance. A quel point en partant de rien, en prenant le temps, on peut s'immerger dans la peau de notre personnage, à nous convaincre nous même de l'être. On se rend alors bien compte que le comédien doit partir de l'intérieur pour arriver au geste, et non l'inverse. Mais en allant plus loin encore, l'exercice m'a fait travailler un rôle étranger à moi même. Il a laissé s'entrouvrir une porte qui a notre niveau n'est que trop souvent verrouillée: celle de la libre création, de la véritable imagination. De ce fait au lieu de me jouer moi-même j'ai joué un étranger. Cela m'a permis d'améliorer mon jeu de rôle, se jouer soi-même étant sans intérêt. Ces 45 minutes auront permis de persuader les sceptiques: le plus grand travail est intérieur. C'est pour cela d'ailleurs que la sensibilité joue un rôle si important: le geste le plus anodin doit signifier quelque chose. A la fin nous tombons au sol, nous nous "réveillons" et retour à la réalité, après presque une heure d'une grande intensité. Une interventante disais à nous voir le mot magique. Elle l'a bien choisi. Le moment le plus marquant est la transition faites entre la fiction et la réalité. Nous avons donc appris à jouer, mais aussi à nous arrêter comme si de rien n'étais (donc à jouer aussi en ce sens).

Nous avons enchaînés par une improvisation à 35. Oui à 35. But: d'expérimentation bien-sûr mais pas seulement. On a du joué notre rôle en étant naturel le plus possible, et c'est là tout la difficulté: il y a des élèves qui pensent qu'ils n'ont pas de talent tant qu'ils nous pas montrer aux autres qu'ils existaient. En cassant une chaise ou en prenant tout le champ à mettre de côté le rôle des autres. Puisqu'une telle improvisation doit se gérer. C'est la somme de toutes les personnalités qui donnera l'ambiance particulière. Cette impro consistait à jouer dans un espace assez grand, dans un caveau. Conviés à un mariage. Les intervenants jouer ce rôle de juge/spectateur de tous les instants. C'est comme être figurant, et là encore le rôle convaint les restants qu'il n'est pas sujet aux idées reçues, c'est toute une responsabilité.


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