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C’est pas ma faute !

Par Daniel Valdenaire

Depuis quelques années, l’expression ” responsable mais pas coupable ” est utilisée régulièrement en particulier dans la presse, par des personnes ayant pour la plupart des responsabilités importantes. On dirait que plus les postes sont importants, moins la responsabilité est reconnue. Celle-ci se dilue le plus souvent dans un organigramme au sein duquel en général le bas de l’échelle est le plus pénalisé en cas de recherche de responsabilité.
   A quel moment s’arrête sa responsabilité et où commence celle des autres ? Dans toutes les grandes affaires médiatiques, on peut voir, sur les marches des Palais de Justice les personnes concernées, toujours  ” souriantes “, ” heureuses ” de se retrouver devant un tribunal.

Ce n’est pas de ma faute !

C‘est pas ma faute ! J’ai pas fais exprès !

Ultime recours de l’enfant avant la sanction qu’il croit mériter. La faute surgit brutalement dans le monde de l’enfant. Elle s’impose soudain, surgie de nulle part dans sa vie, il ne comprend pas ce qui lui arrive. Pour lui, la découverte de la vie se fait à travers le jeu, donc avec plaisir  et quand tout à coup survient la faute, l’erreur, sa défense instinctive repose sur le déni de celle-ci.

C‘est pas ma faute ! L’instinct premier est de ne pas de reconnaître sa faute, car la faute entraîne le plus souvent la sanction, cependant l’enfant peut aussi accepter sa faute et tenter de la réparer.

Cette démarche que l’on pourrait croire liée tout particulièrement à l’enfance perdure en fait chez l’adulte, avec cette particularité que l’excuse de l’innocence enfantine n’existe plus. Il n’est plus question d’assumer et évidemment encore moins de réparer. La règle en général est de rejeter la faute sur l’autre. Et ceci faisant fi de tout amour propre. Surtout ne rien reconnaître !

A-t-on déjà vu une personne impliquée dans un événement dire : - Oui, c’est moi, ne cherchez pas ailleurs, j’aurais dû faire ceci ou cela – Chaque catastrophe, chaque événement tragique doit faire l’objet de longs mois d’enquête pour définir des responsabilités.

Derrière ces responsabilités il y a pourtant des hommes.

« Les hommes pris au trébuchet de leurs fautes n’aiment pas faire à la clémence une offrande de leurs remords. »

[ La Fanfarlo (1847) ]

Charles Baudelaire

« Combien de crimes commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d’être en faute! »

[ La Chute (1956) ]

Albert Camus

Nombreux sont ceux qui sont experts pour créer l’imbroglio dans lequel les différentes responsabilités se dilueront au point de disparaitrent.

Le milieu politique se prête volontiers à ce jeu, l’affaire Clearstream en est l’illustration.

C‘est également ce qui se passe en ce moment avec l’affaire de l’Arche de Zoé.

L’irresponsabilité est devenue la règle.

« Celui qui a commis la faute doit en porter la peine. »


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