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Lecture : Patrick BARD.

Par Ananda
Patrick BARD : "LE CHIEN DE DIEU", Editions du Seuil Thriller - POINTS,2008.

Avec ce livre, Patrick Bard, photographe et romancier français, nous offre un des thrillers les plus brillants qu'il m'ait été donné de lire.
C'est avec raison que le journal
L'Humanité en recommande chaudement l'"indispensable" lecture.

On y découvre un talent d'écrivain, une élégance de style, une rigueur qui donnent au récit un relief assez saisissant..
Le cadre - les rudes montagnes du Gévaudan au XVIIIème siècle -, les circonstances historiques - la fameuse histoire de "la Bête", nous placent avec une redoutable concrétude au coeur d'un univers de dénuement, de sauvagerie et d'intrigues politiques machiavéliques.
On n'est, ici, pas loin d'Alexandre Dumas et de Paul Féval.
On sent, qui plus est, là-dessous, toute la solidité d'un travail de documentation historique qui ne fut pas mené sans minutie et que je trouve remarquable.
En bref, c'est un de ces livres qu'on ne lâche plus une fois qu'on l'a ouvert (heureusement qu'il est copieux !). Un de ces livres, aussi, dont on tourne l'ultime page avec regret, nostalgie.
Comment oublier les causses sévères, les bois secrets, profonds et les tempêtes de neige qui égarent, tuent ? Comment ne pas palpiter de frayeur, de terreur de concert avec tous ces paysans misérables qui semblent à la fois abandonnés de dieu et des Hommes ?
Comment ne pas comprendre pleinement pourquoi la Révolution Française éclata ?
"On s'y croirait", il n'y a pas à dire, le récit est presque hypnotique. Chaque phrase, presque aussi bien troussée qu'une phrase d'auteur du XVIIIème siècle, nous accroche et, de fil en aiguille, c'est toute une fresque historique qui se déroule.
Quelle force, quelle capacité à camper, animer des ambiances (avec un souci du détail qui ne laisse rien au hasard) ! Quelle aisance à flirter avec "les interstices de l'histoire" !
Quelle promptitude à nous ballader d'un lieu oppressant à un autre ! Quelle faculté de redonner vie et corps aux temps révolus !
Et, dans tout cela, qui se cache derrière la figure de "La Dévorante" ?
L'horreur absolue sans nul doute...mais, chut, il ne faut pas en dire plus.



P.Laranco.

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