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UBS et justice : collusion chez les gangsters

Publié le 15 décembre 2009 par Kalvin Whiteoak
Publié par Kalvin Whiteoak dans A la une, Res politica le 15.12.2009 | 4 commentaires UBS et justice : collusion chez les gangsters

Chacun sait qu’en démocratie la justice est idéalement parfaitement indépendante.

Au point dans ce pays d’être payée par le contribuable et de recevoir ses ordres du privé. Ce matin, la justice zurichoise a officialisé sa décision (communiqué ATS à 11h11) de ne pas poursuivre l’UBS en justice pour la fraude fiscale caractérisée à laquelle elle s’est livrée. Et bizarrement, dans la même matinée, l’UBS a fait parvenir à ses actionnaires le mail suivant dans lequel elle se glorifie :

Le Conseil d’administration d’UBS a communiqué aujourd’hui (Communiqué UBS à 11h12)  sa décision de ne pas entreprendre de démarches juridiques à l’encontre de ses anciens dirigeants concernant les pertes dans le marché des subprimes et les anciennes activités transfrontalières aux Etats-Unis pour la clientèle privée. Le Conseil d’administration d’UBS a pris cette décision après une analyse approfondie de tous les cas concernés et après consultation d’experts juridiques externes.

Cette analyse a montré qu’il n’y avait pas sur le plan individuel d’indices de délits relevant du droit pénal suisse de la part des anciens dirigeants d’UBS. De même, rien ne permet de conclure que ces derniers aient poursuivi des intérêts personnels au détriment d’UBS. Le Conseil d’administration renonce par conséquent à toute poursuite sur le plan juridique. Il a également été décidé de renoncer à toute plainte civile au nom de la responsabilité des organes ou à un autre titre.

Après avoir soigneusement pesé le pour et le contre, le Conseil d’administration est parvenu à la conclusion que des litiges juridiques à l’issue plus qu’incertaine et risquant de durer des années, avec leur lot de publicité négative, n’étaient pas dans l’intérêt d’UBS, ni de ses collaborateurs, clients et actionnaires. En édifiant une «nouvelle» UBS, le Conseil d’administration a tiré un trait sur le passé. Le nouveau management a d’ores et déjà pris des mesures d’envergure et approfondies afin que les erreurs du passé ne se répètent pas.

Une telle coïncidence y compris à la minute près confine à la collusion pure, digne de gangsters de haut vol.

Mais les braves juristes de l’UBS ont oublié que les poursuites pénales pouvaient aussi naître dans d’autres cantons, et pas seulement pour des délits fiscaux mais aussi notamment pour faux dans les titres, les bilans annuels de quelques années en arrière de la grande banque n’étant rien d’autre que de vulgaires torchons tombant sous le coup de l’article 251 CPS.

Maintenant que la justice zurichoise a officiellement décidé d’enterrer ce qui ne devait pas l’être, on va pouvoir passer à la phase deux : celle du test de deux autres justices, romandes cette fois, et qui devront bien prendre position. On va enfin avoir la preuve de la toute puissance de la compromission du pouvoir judiciaire dans ce pays, ou éventuellement, si un petit juge en a suffisamment, poindre une délicieuse et juste surprise.

A suivre.


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