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Juste nécéssaire

Publié le 07 janvier 2010 par Nicolas007bis

Ernest N&B

Pas question pour moi de faire un nième éloge funèbre de Philippe Seguin, d'autres l’ont déjà fait beaucoup mieux que je n’aurais pu le faire !

Pas question non plus de faire un panégyrique tardif de quelqu’un que je regretterai mais avec lequel je n’ai pas toujours été d’accord.

Pas question enfin de me lancer dans sa biographie, Monsieur Wikipédia fait ça très bien !

Non, juste quelques mots pour essayer de préciser les souvenirs que je garderai du bonhomme.

Il me laissera l’image d’un homme rond sans être débonnaire, droit sans être rigide, plutôt austère sans être sinistre, fort en gueule sans l’ouvrir à tous bouts de champs, d’un homme d’Etat mais pas d’un politique et surtout d’un homme d’une grande indépendance d’esprit !

Par contre, son parcours politique me laisse une impression d’inachevée voire une certaine frustration qu’il n’ait pas été plus à la hauteur de l’homme. J’aurais aimé qu’il ait pu en faire plus pour ce pays. Est-ce son caractère, son positionnement un peu marginal au sein du RPR, un manque d’ambition ou une certaine maladresse politique telle que celle qu’il a manifesté alors qu’il briguait la Mairie de Paris ou lorsqu’il s’est acoquiné dans une alliance improbable avec Pasqua, je ne sais pas, mais j’ai le sentiment d’un talent gâché !

C’est peut-être dans la dernière partie de sa vie, en tant que Président de la Cour des Comptes que j’ai le plus apprécié ses prestations. Il a réussi à donner à cette institution un élan, un poids dans la vie politique française qu’elle n’avait pas eu depuis 200 ans qu’elle existe !

J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’évoquer les rapports et études de la Cour des comptes portés par son président !

Un président qui ne mâchait pas ses mots et dont les formules de synthèse donnaient à ces rapports pour le moins austères une force, une puissance, directement proportionnelle à celle du personnage !

Son dernier coup d’éclat en la matière fut cette étude de la Cour des comptes sur l'évolution des effectifs de l'Etat entre 1980 et 2008 qui fut l’occasion pour Philippe Seguin d’asséner à nos gouvernants quelques vérités qu’il était le seul à pouvoir exprimer aussi vertement : « Les effectifs s'ajustent très peu à la baisse de la demande ou des besoins mais sont au contraire très réactifs aux nouvelles sollicitations. C'est comme un yo-yo qui ne cesserait de monter et ne descendrait jamais » ou encore « Comment montrer à nos concitoyens qu'une politique est devenue prioritaire? En embauchant des fonctionnaires à tour de bras ! »…qui maintenant pourra dire tout ça aussi haut et aussi fort ...qui ?

Je sais bien que personne n'est indispensable, mais lui, dans sa fonction, il était juste nécessaire !


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