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L’excitée radieuse.

Publié le 13 janvier 2010 par Ruminances

amara06.jpgLes histoires de linge sale, la Sarkozie en raffole. Elle étend ses désirs après dissolution de nos réalités. En 2005, qui n’était déjà plus une année zéro tic, un certain Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, voulait laver plus blanc que blanc la grisaille persistante un peu trop incrustée dans le tissu social banlieusard. A l’époque, la lessive s’effectuait au karcher, faut dire que ce mec était un maniaque de la propreté et les 90°, il les atteignait assez rapidement, non sans bouillir. Monter en haute pression, surtout pour du délicat, ça laisse présager des risques de rétrécissements quant à l’adhésion des personnes visées par ce nettoyage à sec.

La semaine du col blanc s’annonçait parfumée à la lavande des berlines. Onze années, que l’on n’imagine pas forcément radieuses en cité, venaient de s’écrouler quand le petit Sidi-Hamed fut fauché par 2 balles égarées que l’on aurait préféré retrouver aux objets perdus, plutôt que dans la chair d’un minot innocent. Le drame de la cité des 4000  allait mettre le feu aux poudres, servir de crampe de lancement à celui qui en tirait plus que de raison quand il s’agissait de faire le ménage façon grand nettoyage. Hanté par le prix du baril, notre capitaine d’un soir fit en sorte que cette grande lessive soit exemplaire et irréprochable. Monsieur propre mis le paquet, récura son vocabulaire et laissa agir, quelques instants,  sa rhétorique. Résultat immédiat, passage des cités, donc des excités, au karcher, se débarrasser de la racaille, volatile savamment élevé en batterie bétonnée depuis des années. L’homme de l’intérieur se faisait les extérieurs façon vendetta, fort du soutien de son supérieur de l’époque, un certain Dominique. Les bonux-malus étaient l’assurance de son constat impitoyable, quitte à faire cowboy autant lâcher la cavalerie et balancer, en tête de gondole,  le raid et près de 200 poulagas afin de retrouver le meurtrier. Et si le fameux meurtrier de l’époque n’était tout simplement que la misère, l’abandon, l’oubli…pas facile de faire disparaître une grosse tache d’hémoglobine,  ou de merde,  sur de la couleur depuis longtemps trépassée, même à grand renfort de jet d’eau, fusse t-elle écarlate et rouge sang.

Mariani montrant la voie,  et l’élevant tout autant,  ne put retenir un satisfecit vigoureux et plein d’admiration pour Nicolas Sarkozy, “cette vedette mérite notre confiance”, pas si sûr que l’amère Seine-Saint-Denis en soit convaincue.

2007, tandis qu’une brune, qui comptera dorénavant pour des prunes,  s’excite allègrement sur le toit d’un immeuble parisien, au Fouquets on sert un repas frugal. La Courneuve semble bien loin désormais, place à la cour des miracles et ses mystères de paris douteux qui vont voir le jour. Soucieux de redorer son blouson, Sarkoboy ouvre la porte de son pénitencier à des gens issus de la minorité visible que semble être devenue la gauche. Parmi ces nouvelles icônes de la branchitude gouvernementale, une figure atypique s’installe gentiment, Fadela Amara. Rapidement, le cowboy d’Aubervilliers défend son idée de plan Marshall, il croit en sa bonne étoile de shérif assurément. Fadela sera sa Calamity Jane, les histoires de réserves et d’indiens à remettre en place ça la botte et ça la met, surtout,  à la botte. Lucky reluque sa nouvelle fonction avec gourmandise, elle jure de déplacer des montagnes à défaut de mixité sociale, elle envisage des torrents d’euros qui finalement ne seront que cours d’eau asséchés. Bluffalo Bill que ce Sarkozy, qui sous des airs de bison pas trop affûte, arrive à vendre son plan banlieues alors que la diligence s’est faite braquer depuis longtemps par un brigand armé d’un bouclier fiscal et que le pognon a disparu. Il n’empêche, Fadela y croit. Elle assure la promo et harangue les foules sentimentales que les choses vont réellement changer. Durant deux ans, malgré quelques accros blancs et des appels de la forêt pour reloger Boutin ailleurs, Fadela ne fera pas plus bouger les choses que ses prédécesseurs. Pire.  Connue pour sa grande gueule, ni dispute ni sous mise ne viendront ébranler sa soumission entièrement consommée. C’est donc ça le brame du serf !!!

2010 ou armez les ombres.

Fadela est plus vivante que jamais, un salaire de ministre, une fonction pantouflarde, un droit de parole libre et imprévisible, bref, être une femme libérée est toujours aussi facile. En cette année charnier, elle aura enterré sa conscience soutenant avec ferveur l’Auvergnat, que Brassens lui pardonne. Plus tard, elle volera au secours de Jean en appuyant sa candidature à l’EPAD, flatter le fils car c’est le père qui est aux cieux, voire odieux. Fadela craint-elle à ce point de se prendre la lourde, d’accord c’est déjà un miracle en soi qu’elle ait été nommée dans ce gouvernement, et encore plus inexplicable est le fait qu’elle ait accepté. L’annonce d’un remaniement,  après les régionales,  doit lui faire pousser du zèle malgré un bilan qui nécessiterait impérativement une contre visite,  tant sont nombreux les points de contrôle défectueux dans son plan banlieues.  Confrontée à la faiblesse de ses actes sur le terrain, sa parole apparaît comme enchaînée à celle du vilain petit canard. Elle s’oublie véritablement, semble prendre un réel plaisir, ni pute ni soumise mais sur l’autel de l’impasse elle y met toute son ardeur. Sûre de son fait, elle abjure de ne point toucher à son pote Nicolas sur la fumeuse question de l’identité nationale. Toute à son aise, elle reprend à son compte courant, déjà fort bien garni, l’idée que ce débat est nécessaire pour créer les conditions du vivre ensemble. Rappelons tout de même que ledit débat fleure bon les galeries la faillite républicaine, tant les propos émergents,  gravitent autour de relents nationalistes.

Porte des pantins, le trafic d’idéaux passe à l’attrape-nigauds, Fadela insiste sur le fait que libérer les non-dits est certes désagréable à entendre mais nécessaire pour la République. Qu’on se le dise, place des martyrs, notre secrétaire d’état à la ville peut continuer à taper sur des bambous, on n’en est plus à un attentant à l’impudeur près.


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