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"So Sorry", Ai Weiwei , Haus der Kunst, München

Publié le 13 janvier 2010 par Valentine



Né en 1957 à Pekin, Ai Weiwei est issu d'une famille d'intellectuels : son père poète résistant au pouvoir de Mao, fut sévèrement puni et la famille déportée dans la province Xinjang. Réhabilitée par le PC en 1976, la famille put regagner Pékin, le père en profita aussi pour pouvoir voyager en Allemagne. Weiwei étudia d'abord à la Film Academy de Pékin, puis en 1981, partit à NY étudier à la Parsons School et y rencontrer les "mentors" de son père : Allen Ginsberg, Jasper Johns, Wharol, Duchamp.De retour en Chine en 1993, Weiwei en plus de sa pratique artistique décide de prendre part dans la formation d'une scène artistique alternative : ouverture d'espaces d'art à Pékin et création d'une maison d'édition. En 2000 il organise et met en scéne " Fuck off" à Shanghai, foire alternative à l'officielle Shanghai Biennale; en chinois; le titre était traduit par "Do not cooperate": la police ferma la foire. En 1999 il ouvrit son propre studio, notement d'architecture. Il rencontra Herzog et De Meuron par l'intermédiaire de l'ambassadeur et grand collectionneur suisse Uli Sigg. A sa société il donna le nom de "Fake design" , mot qui apparaît souvent pour qualifier les relations commerciales de la Chine avec le reste du monde, et qui prononcé en Chinois Pinyin signifie aussi "fuck". Selon Weiwei, dans notre monde aujourd'hui "so sorry" serait la version "politically correct" de " fuck of " sorte de fausse explication donnée par les institutions et le pouvoir à ses citoyens, et ce en Chine et ailleurs.
Engagement, puissance et finesse sont les mots qui me viennent à l'esprit pour qualifier l'exposition "So sorry". Engagement politique : le choix de ce lieu, voulu et construit par Hitler pour y exposer sa conception de l'art, celui qui n'était pas "dégénéré", est loin d'être neutre en terme de critique par rapport à un pouvoir, du moins que l'on puisse dire, totalitaire.Engagement quand on voit le film retraçant l'organisation nécessaire au projet de Weiwei pour la Dokumenta : inviter 1001 chinois à venir visiter Kassel et donc à sortir de la Chine. On le voit notement en réunion avec les chefs cuisiniers pour recommander des champignons comme accompagnement pour le boeuf ou encore tester les matelas des lits pour ses 1001 invités. Et puis ses visages anonymes si heureux à l'arrivée de l'aéroport de Kassel, émouvant.Et puis encore il a dessiné les valises à roulette, chacune en noir et blanc mais différente et les a fait parvenir en Chine avant le départ. Alors les voir rouler de dos, ca ressemble à un immense panda, version puzzle roulant, émouvant.La grande salle : son tapis, ses racines d'arbres et ses photos : puissance et finesse. Puissance avec la taille de la pièce, le nombre de racines d'arbres posées, la multiplication des portraits, finesse du tapis, on pourrait passer sans le voir. Pour autant tout est là, Weiwei a fait reproduire dalle par dalle le sol de la pièce puis reproduire en Chine sous forme de tapis, rejouant "fake", mais au lieu de la pierre dure et sonore, il a choisi un tapis laineux et chaud , créant une seconde peau, recouvrant le passé tout en gardant ses cicatrices. Dessus les racines, invitation à la contemplation. Autour les gens. Une grande exposition ! (Haus Der Kunst, Munchen 12 Oct- 17 Janvier 2010).

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