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73. Hurricane

Publié le 13 janvier 2010 par Dylanesque

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1974, et le premier album live de Dylan. Il est déjà loin le temps des "Judas" et de la colère des adorateurs de la première heure. Depuis, Dylan a eu le temps de prendre un peu de repos, de faire les 400 coups avec le Band, d'épouser Sara, et d'enregistrer quelques bons albums, dont "Planet Waves", le dernier en date. De retour sur le devant de la scène, Dylan décide de la prendre d'assaut. Histoire d'emmerder une nouvelle fois le monde entier et surtout, de se faire un paquet de dollars. Merci à George Harrison pour lui avoir redonné le goût de la scène lors du concert pour le Bangladesh.

Le Band au complet dans son dos, Dylan est prêt. Son répertoire est un tour d'horizon des grands classiques, de "Blowin' in the Wind" à "Like a Rolling Stone", au tout récent "Knockin' On Heavens Door". Et là, il peut se faire plaisir, le Bob. Y a plus grand monde pour lui dire de reprendre sa guitare acoustique, et Pete Seeger n'est pas dans les parages pour couper les fils électriques à coup de haches. Alors, il y va à fond et se lance dans une grande tournée lucrative, qui sera un gros succès. Et permettra d'accoucher de ce double album, qui compile le meilleur, agrémenté de quelques titres du Band, en pleine ascension. Le résultat est à la hauteur. Un son puissant, des chansons qui nous explosent à la gueule dès l'incisif "Most Likely You Go Your Way (And I'll Go Mine)", un bon gros ouragan où Dylan se fait plaisir, gueule comme rarement, gonfle sa voix et fait souffler non plus le vent, mais la tempête.

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L'amateur de Dylan que je suis prend son pied au son de ces nouvelles versions, qui annoncent avec des années d'avance le Never Ending Tour, où chaque titre trouvera une nouvelle couleur au fil des concerts. Tout ici est survitaminé ("Rainy Day Women"), grandiloquent mais beau à pleurer sur les morceaux les plus tendres ("It Ain't Me Babe"). Si la "Ballad of a Thin Man" perd de son côté hypnothique, elle gagne en violence, en rancoeur. Plus tard, Dylan tente d'imiter Jimi Hendrix et sa reprise de "All Along the Watchtower". Mais le clou du show, c'est "It's Alright Ma (I'm Only Bleeding)", où il gueule que le président doit parfois se retrouver tout nu, devant une foule immense d'américains, alors que les troupes sont encore dans la merde jusqu'au cou au Vietnam, et que le scandale du Watergate vient de rendre Nixon encore plus antipathique. Plus vraiment question de folk, mais la protestation n'a pas complétement disparu. Et le plaisir, la ferveur fait plaisir à voir. Les chansons du Band sont de qualité, mais on y jetera bien sûr une oreille plus discrète. Pour scander les refrains de "Like a Rolling Stone", et pour chialer dans sa bière froide au son de "Just Like a Woman".

Avec "Hard Rain", il s'agit du live le plus puissant, le plus grand du Zim. Où le monsieur rejoue ses classiques tout en combattant la nostalgie de son audience. Le témoignage d'une période étrange, torturé, qui verra naitre l'année suivante le chef d'oeuvre "Blood on the Tracks".


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