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Le Paradoxe amoureux

Par Darkplanneur @darkplanneur

Lire le "Paradoxe Amoureux" de Pascal Bruckner équivaut à la lecture d'un bon vieux Elle, shooté à la Philo... Malin commercialement, mais pour la Transcendance on repassera. Miss Planning s'y est frottée.

En amour il n'est pas rare de vouloir tout et son contraire: prendre le risque de l'autre qui va bouleverser nos idéaux et notre individualisme qui au fond nous font aimer nos tête-à-tête avec nous mêmes.


L’amour : une aventure qui ne nous privera d’aucune autre

L'amour est une aventure dans laquelle nous voulons bien nous lancer mais à la condition que cela ne nous prive d'aucune autre aventure. Rappelons que 2 mariages sur 3 se terminent en divorce à Paris, 1 sur 2 en province. La liaison amoureuse est vécue à la fois comme une chance et comme un étouffoir qui nous vole à nous-mêmes.

L’accroissement du taux de divorce en Europe ne vient pas comme on le dit de notre égoïsme mais de notre idéalisme : impossibilité de vivre ensemble liée à la difficulté de rester seul. Un seul doit condenser la totalité de nos aspirations. Qui peut répondre à une telle attente ?

L'amoureux est dans un total paradoxe entre l'attachement fatal et la libre disposition de soi.

L’attachement fatal  et disposition de soi :

Quelle énigme que l’adage « aime ton prochain comme toi-même ». Dans ce cas, ou l’on s’aime au détriment d’autrui, ou on aime l’autre au détriment de soi.
Un sentiment qui ressemble au commerce: on essaye l'autre comme un produit :"tu me plais, je te prends, tu me fatigues, je te largue". Exigence contradictoire: aimer passionnément, si possible être aimé en retour mais en restant autonome. "Je demande à l'autre de renoncer librement à sa liberté et je m'engage à faire de même." Expérience contemporaine tragi-comique : hommes et femmes veulent ressentir le grand frisson sans se perdre, sans être floués.



Être libres ensemble :

Amour et absence de liberté sont aujourd'hui ce à quoi sont soumis les hommes et les femmes. Être libre ensemble est une dure tâche: la volupté de l'amour est de ne plus s'appartenir, la volupté du moi est de ne jamais s'abandonner. L’amour produit alors un nouveau cogito : tu m’aimes donc je suis, je t’aime donc nous sommes. La déclaration est comme un chèque en blanc : le don merveilleux se transforme en dette, on veut rentrer dans ses frais. Je t’aime donc tu me dois ton affection. L’élu de notre cœur doit prouver quotidiennement que l’on a eu raison de l’élever sur un piédestalet de dédaigner d’autres amants éventuels.

Deux temporalités se superposent alors dans la vie commune : celle des évènements heureux ou difficiles et celle des manquements qui s’inscrivent alors dans la colonne débit. Faire payer l’autre doit alors se prendre au pied de la lettre.

L’amour serait donc imparfait. L’idéal que nous nous en faisons ne correspond pas à la réalité vécue par nos contemporains. En temps qu’êtres imparfaits, comment voulez vous trouver en l’amour une perfection ? Nous sommes les garants de ce sentiment, il naît en nous, avec un peu de chance chez l’autre aussi dans toute l’imperfection dont l’homme est fait. Loin de moi l'idée de condamner l'Amour. Juste de vous rappeler d'abaisser peut-être un peu vos exigences car en tant qu'êtres humains nous ne pouvons aimer qu'imparfaitement.

Miss Planning


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