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Un (tout petit) argument contre la privatisation des services publics

Publié le 14 janvier 2010 par Bernard Girard
J'ai du il y a quelques jours prendre contact, pour des travaux dans une maison, avec EDF. Il s'agissait de changer de type de fourniture électrique. Je m'attendais à une opération simple. J'ai vite déchanté. Il m'a d'abord fallu appeler ERDF, l'organisme qui distibue l'électricité depuis l'ouverture des marchés. L'employé très aimable m'a expliqué la procédure à suivre. Il fallait que j'appelle mon fournisseur d'électricité, en l'espèce EDF. Je lui ai demandé le numéro de téléphone à joindre. "Je ne peux pas vous le donner, me dit-il, par contre je peux vous donner un numéro où vous trouverez les coordonnées de tous les fournisseurs d'électricité." Surprise : il y en a une dizaine, dont la plupart m'étaient complètement inconnus. Ayant enfin trouvé le numéro d'EDF, j'ai appelé et suis tombé sur un technicien avec lequel j'ai pu organiser un rendez-vous.
Tout cela m'a pris une bonne vingtaine de minutes. Rien de grave. Sauf qu'il y a quelques années, lorsqu'EDF avait un quasi-monopole, une seule conversation téléphonique aurait suffi.
On nous explique depuis des années que l'ouverture des marchés (celui de la téléphonie, celui de l'électricité, celui de la poste) sont pour le plus grand bien des consommateurs, qu'introduire de la concurrence permet de baisser les prix. Si j'en juge par cette petite expérience, cela complique surtout le quotidien du consommateur, cela augmente les coûts d'accès à ces services (une vingtaine de minutes contre 4 ou 5). Cela l'oblige à arbirtrer entre différents fournisseurs, là où nous ne nous posions même pas la question. Et cela peut être pénible, comme le sait quiconque a tenté, un jour, de profiter d'une de ces offres si avantageuses des sociétés de téléphonie mobile. Sous couvert de baisser les prix, nous n'avons jamais tant dépensé en téléphone.
Je rapprocherai cette expérience de ce que dit Esther Duflo dans un entretien que vient de publier Télérama. Cette jeune économiste qui enseigne au Collège de France, compare les pauvres et les riches : "On oublie que dans nos sociétés privilégiées, on a de moins en moins de décisions à prendre, alors que ceux qui vivent avec moins d'un dollar par jour ont des dizaines de choix cruciaux à faire quotidiennement." Je ne voudrais pas comparer ma petite mésaventure avec le quotidien d'un pauvre d'un pays du Tiers-Monde, mais je crains que, sous couvert de lutter contre des monopoles publics, on nout ait un peu apauvri.

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