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Ent”Schulz”igen-Sie bitte, ou pourquoi la Gauche européenne bat de l’aile?

Publié le 14 janvier 2010 par Subjectif

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Juin 2009, la crise économique bat son plein, les idées libérales sont remises en question au profit des idées de relance keynésienne, et pourtant le PSE essuie un échec fracassant aux élections européennes. Le PPE et le centre-droit sortent gagnants pour les cinq ans à venir, et la gauche voit une masse électorale fragmentée et en perte de valeur, d’idéal et y compris d’idéologues.

La suite, vous la connaissez, à défaut d’idées, comme la panne de la gauche en Europe est sérieuse, le PSE est rentré dans le commerce de détail, dans les attaques personnelles, et les tirs à l’aveuglette dans l’espoir de regagner les électeurs qui avaient boudé la liste PSE en se rendant aux urnes au mois de mai.

La récupération politique du cas “Jeleva”

Le dernier exemple en date est l’attaque personnelle contre la candidature de Mme Jeleva pour le poste de Commissaire, dont la mauvaise prestation est déjà récupérée politiquement par la Gauche européenne et par son Président de groupe au Parlement européen, M. Martin Schulz. Dans un communiqué du 14 janvier 2010, publié ici, M. Schulz attaque le gouvernement bulgare et son Premier ministre M. Boyko Borissov en le traitant d’ancien garde de corps du dictateur bulgare Todor Jivkov, dont il se passerait les leçons. J’aurai compris les attaques sur les compétences professionnelles de Mme Jeleva. J’ai du mal, par contre, à accepter les jugements de valeurs adressés à l’encontre d’un Premier ministre, même s’il provenait d’un petit pays comme la Bulgarie. Le bon ton, ne fait plus partie du langage européen? M. Schulz en aurait-t-il perdu l’usage? Quelles sont les limites à ne pas dépasser dans le débat européen? Quelles en sont les règles du jeu?

M. Borissov à été effectivement le garde de corps de Todor Jivkov, il a également été pompier, mais il a également été dans le gouvernement de Siméon de Saxe-Cobourg Gotta, le “roi-premier ministre” bulgare, ainsi que Maire de Sofia. Son parti GERB a raflé la mise lors des élections législatives bulgares au mois de juillet 2009, et a réussi à instaurer un climat de confiance et de transparence dans la vie politique bulgare, dans un pays ruiné par des années de socialisme, et le gouvernement tripartite corrompu du socialiste Sergei Stanishev, accusé à maintes reprises par la Commission européenne de gestion désastreuse des fonds communautaires.

Le PSE en tant que “outil”

Je constate avec déception que le PSE s’est fait prendre dans le piège des Socialistes bulgares, qui après avoir avalé la pilule amère de l’échec électoral en Bulgarie, ont préféré attaquer le gouvernement de centre-droit de B. Borissov par des outils européens.

Je constate avec déception que M. Schulz est devenu le porte parole de la Gauche ex-Communiste bulgare. “Mme Jeleva personnifie le gouvernement Borissov” continue-t-il dans sa déclaration.

Faux M. Schulz: C’est plutôt le PSE qui personnifie à l’heure actuelle l’attitude revancharde caractéristique pour le Parti Socialiste (ex-Communiste) Bulgare. A l’heure actuelle le PSE manque de maturité et modération, ce qui explique sa déconfiture au niveau européen. L’aggiornamento de la Gauche européenne passe par l’apprentissage des bonnes manières d’abord. Pour la reconquête des repères.


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