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Culte du sensationnel et propagande

Publié le 14 janvier 2010 par Uscan
Voici reproduit ici un commentaire que j'ai laissé à la suite de cet article
Je travaille dans une rédaction et je voudrais démystifier un peu ces points de vue. Il est faux de penser qu'un journaliste va mettre exprès une image plus sensationnelle même si elle ne vient pas du bon endroit, les choses ne se passent pas du tout comme ça.
C'est même le contraire, les journalistes mettent un point d'honneur à ne pas se tromper sur le nombre de morts, la localisation, autant de petits détails sans importance sur le fond. Il en va de leur intégrité de journaliste, de leur sacro-saint rôle, informer la population. Ils prennent cela très au sérieux. Donc, non, tous les moyens ne sont pas bons, ce n'est pas vrai. Mais ce qui est vrai c'est que l'image forte sera toujours mise en avant, c'est un réflexe, une règle d'or, enseignée dans les écoles de journalisme et très fortement présente. On commence un sujet par une "accroche".
Il y a des raisons à cela : les journaux, qu'il soient télévisés ou papier sont des sociétés qui cherchent à gagner de l'argent. Une "accroche" comme son nom l'indique attire le client (et ça c'est vous et moi), et c'est très efficace. Nous ne lisons pas ou ne regardons pas ce qui parait trop terne. C'est un fonctionnement complètement intériorisé dans les rédactions. Ce n'est pas en soi une si mauvaise chose, en tout cas ce ne le serait pas si les sujets étaient approfondis et traités de façon impartiale.
C'est le cocktail de l'attrait par l'émotion et de la désinformation, de la propagande qui est terrifiant. Mais le plus gros problème est certainement du côté de la propagande.
Et justement, si les journalistes mettent un tel point d'honneur à ne pas mélanger des lieux ou des bilans, c'est parce que c'est le seul endroit où le système leur permet de placer leur orgueil ou leur intégrité journalistique. Sur le fond, il n'en ont pas la possibilité : contraintes de temps, de moyens, d'accès à l'information (filtre des agences) ou parfois interdiction de la hiérarchie, et surtout sélection des individus (ceux dont la pensée n'est pas conforme on assez peu de chance de faire carrière, même si certains réussissent).
Donc on n'est pas dans une logique : prêts à tout pour faire du sensationnel, c'est plus subtil et plus complexe... plus efficace aussi. ...

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