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Les grands exploits du sport : Parfait (23 juillet 2009).

Publié le 15 janvier 2010 par Vinz

Passé totalement inaperçu en Europe, l’exploit accompli par Mark Buerhle jeudi 23 juillet rentre dans l’histoire du sport américain. En effet, le lanceur des White Sox de Chicago a accompli le match parfait contre les frappeurs des Rays de Tampa Bay, champions sortants de la Ligue Américaine.

Une performance rarissime.

Utiliser le terme exceptionnel n’est vraiment pas galvaudé pour désigner ce qu’a accompli Mark Buerhle. En effet, dans l’histoire du baseball majeur, seuls 18 lanceurs ont réussi à retirer les 27 frappeurs sans en laisser un seul atteindre le premier but.

Parmi les auteurs du match parfait on peut citer le légendaire Cy Young, le premier de l’ère du baseball moderne en 1904 avec les Americans (devenus Red Sox) de Boston. Puis Addie Joss des Indians de Cleveland (en 1908 avec 74 lancers effectués seulement ! Un record pour ce genre d’exploits). Jim Bunning (Philadelphie) en 1964, Sandy Koufax (Dodgers en 1965), Catfish Hunter (Oakland) en 1968 qui font partie du Hall of Fame. D’autres grands lanceurs ont accompli l’exploit : David Cone, élu une fois meilleur lanceur ou encore le prédécesseur de Mark Buerhle, Randy « Big Unit » Johnson en 2004, cinq fois récipiendaire. Un autre Indian, Len Barker l’a réussi en 1981 en pleine vague creuse de la franchise.

Mark Buerhle (56) se précipitant vers son receveur fidèle Ramon Castro. Le rôle du receveur est important car c'est lui qui indique les signaux correspondant aux lancers. La coordination est fondamentale entre les deux et c'est pourquoi un lanceur peut avoir un receveur attitré même s'il est moins performant en attaque.

On n’oubliera évidemment pas le match parfait accompli par Don Larsen lors d’un match de Série Mondiale avec les Yankees contre les Dodgers en 1956. Ce lanceur, qui n’a pas eu une carrière brillante au demeurant, est le seul qui a accompli cet exploit dans la série ultime.

Une performance des plus difficiles.

Réussir un match parfait est, vous l’avez compris, une exception. Il est le symbole de la perfection car au baseball, il est théoriquement possible qu’un seul joueur gagne le match à lui seul, au sens premier du terme. Buerhle a dû avoir l’aide de sa défensive et notamment de Dewayne Wise qui a sauvé un circuit en neuvième manche, pour ce qui aurait pu être le seul coup sûr des Rays. L’inspiration du manager des White Sox Ozzie Guillen a été bonne : il a fait rentrer un outflieder réputé pour ses qualités défensives, alors que le public scandait le nom de Buerhle, en haleine en attendant l’incroyable.

Le sommet mais pas le seul exploit.

Le match parfait n’est pourtant pas la seule marque de la performance d’un lanceur. Il existe une forme de hiérarchie dans l’exploit :

- Lancer un match complet. Le lanceur partant est le seul à intervenir au monticule. La performance est fréquente. Systématique dans la première moitié du vingtième siècle, elle s’est faite plus rare en raison de l’évolution des stratégies et du jeu. Personne aujourd’hui n’atteindra les 749 parties complètes de Cy Young de 1890 à 1911.

Denton True dit

Denton True dit "Cy Young". Le lanceur le plus victorieux de l'histoire du baseball, dont le record ne sera jamais battu (511). Il est le roi des matches complets à une époque (l'ère de la balle morte) où on n'employait qu'un seul lanceur.

- Obtenir un blanchissage. Il s’agit pour un lanceur de réussir un match complet sans avoir concédé de point. Il a été réalisé 38 fois au cours de la saison au 23 juillet 2009. La performance est assez fréquente mais remarquable. Le lanceur Walter Johnson a réussi 110 shutous ou blanchissages en carrière.

- Match d’un coup sûr. Il s’agit de lancer un match complet en accordant un seul coup sûr. Le sort peut parfois être désagréable quand ce coup sûr est un circuit et qu’il constitue le seul point du match. Freddy Garcia à Seattle l’a éprouvé.

- No hit game. En français le match sans point ni coup sûr. Il s’agit de lancer un match complet, de blanchir l’adversaire et de n’accorder aucun hit. Mais les frappeurs ont réussi à atteindre les sentiers soit par un but sur balles, soit par un hit by pitch (tir atteignant le frappeur), soit par une erreur défensive. La performance est donc remarquable. Elle a été réussie deux fois en 2008 et une fois il y a deux semaines par Jonathan Sanchez des Giants de San Francisco : remplaçant Randy Johnson (tiens tiens), il a théoriquement réussi le match parfait mais l’erreur de son partenaire Juan Uribe a permis à un frappeur des Padres de San Diego d’atteindre le premier but.

Johathan Sanchez. Contre San Diego, il ne permet à aucun adversaire d'atteindre le premier sentier. Mais une erreur d'Uribe lui coûte le match parfait.

Johathan Sanchez. Contre San Diego, il ne permet à aucun adversaire d'atteindre le premier sentier. Mais une erreur d'Uribe lui coûte le match parfait.

Mark Buerhle a réussi cet exploit le 18 avril 2007 contre les Rangers du Texas : ce soir-là, il n’a accordé qu’un seul but sur balles à Sammy Sosa en cinquième manche, brisant la perfection mais pas la performance. Les White Sox avaient gagné 6-0. Curieusement, comme jeudi soir, les Sox avaient frappé un grand chelem dans ce match.

La performance est d’autant plus difficile que le duel lanceur-frappeur est un vrai combat psychologique. Par cinq fois Buerhle a atteint le compte des trois balles : une quatrième et c’était le but sur balles, qui met fin au match parfait. La dernière fois c’était en neuvième manche, contre Michel Hernandez : Buerhle lance alors un strikeout swinging (prise sur l’élan de l’adversaire), tout en bas de la zone des prises : il en faut un courage pour lancer à ce moment-là un tir pareil, à quelques millimètres près. Il lui a fallu 116 tirs pour accomplir l’exploit ; il a retiré six frappeurs sur des prises.

Un exploit célébré.

La nouvelle a rapidement fait le tour du monde du baseball et du sport, des salles de rédaction. En visite à Cleveland, Barack Obama a téléphoné à Buerhle pour le féliciter. Le président des Etats-Unis est en plus un supporter des White Sox.

Le film du match de Buehrle

Lorsqu’Alex Ramirez a lancé à Josh Fields pour retirer Jason Bartlett, le commentateur des Sox a hurlé comme si l’équipe venait de remporter la Série Mondiale. Tous les partenaires de Buerhle se sont précipités vers lui, plus encore qu’un but victorieux à l’ultime seconde d’un match. Et quand Wise a réussi son catch incroyable, il s’est tourné vers Buerhle. Le collectif se fond alors dans un seul homme. Honorer un des siens en lui permettant de réussir l’exploit. Wise a d’ailleurs été congratulé par ses partenaires du champ extérieur et tout le Cellular Field a soufflé un grand soupir.

Le dernier retrait pour la perfection

Toutefois, la qualité du lanceur n’est plus à prouver. Le match parfait peut constituer le pic de sa carrière mais Buerhle fait partie des meilleurs lanceurs de la Ligue. Il totalise un bilan de 11 victoires et 3 défaites en 2009, avec une ERA à 3.28 en 20 parties. Il a été retenu dans la sélection de l’All-Star Game.

Après son exploit, Buerhle a connu des difficultés : lors de ses trois sorties suivantes,  il a accordé 18 points dont 17 mérités et subi trois fois la défaite. Au final, il a lancé 13 parties, mérité 2 victoires et 7 défaites. Son bilan sur la saison est de 13 gains, 10 pertes en 33 départs. Il a mérité également le gant doré du meilleur lanceur en défense. Et en plus, il a frappé un circuit (fait rarissime surtout pour un lanceur de la Ligue Américaine qui ne frappe que dans les matches interligues à l’extérieur) à Milwaukee le 14 juin dernier.

En carrière, Mark Buehrle a disputé 326 matches dont 301 comme partant. Il compte 135 victoires pour 97 défaites, il a réussi 24 matchs complets dont huit blanchissages (incluant le no-hit game et le match parfait). Il a été à quatre reprises sélectionné pour le match des étoiles et a terminé cinquième au classement du Cy Young dans l’Américaine en 2005. Cette même année, il a remporté la Série Mondiale, rompant avec la malédiction des Black Sox.

Le match parfait n’est donc pas réservé à une élite au sens où n’importe quel lanceur touché par la grâce peut l’accomplir. Jonathan Sanchez, bon mais pas exceptionnel lanceur, aurait pu le réussir comme l’a fait Don Larsen. Mais ceux qui l’ont réussi font désormais partie de l’Histoire et sont considérés pour la plupart comme les plus éminents représentants du baseball.

Don Larsen accueille dans ses bras son receveur Yogi Berra. Sa carrière assez moyenne est ponctuée par lunique performance davoir lancé un match complet en Série Mondiale, le 8 octobre 1956 pour le 5ème match des Yankees contre les Brooklyn Dodgers.

Don Larsen accueille dans ses bras son receveur Yogi Berra. Sa carrière assez moyenne est ponctuée par l'unique performance d'avoir lancé un match complet en Série Mondiale, le 8 octobre 1956 pour le 5ème match des Yankees contre les Brooklyn Dodgers.

Alors, pour cet exploit, je vous dis chapeau bas monsieur Buehrle.

Les grands exploits du sport : Parfait (23 juillet 2009).


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Mr. Noor
posté le 27 septembre à 13:34
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