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Jean Sarkozy, homme médiatique de l’année ?

Publié le 15 janvier 2010 par Delits

Il fait une entrée fracassante dans la cour des grands. Pas forcément pour les meilleures raisons.

Jean Sarkozy est en effet la personnalité faisant l’irruption médiatique la plus remarquée de l’année 2009, selon un sondage TNS Sofres pour Europe 1. Le fils du Président de la République coiffe au poteau Toni Musulin, escroc rocambolesque qui s’était enfui avec son fourgon blindé, et Susan Boyle, mamie britannique à la voix d’or qui a crevé l’écran lors d’un programme Nouvelle Star à la sauce anglaise. Le fils du Président est en bonne compagnie. Son incursion dans le paysage médiatique est bien sûr liée à sa tentative avortée de prendre la tête de l’EPAD à l’automne dernier, évènement qui a très fortement choqué nos concitoyens. Car, interrogés dans le même sondage sur les évènements qui les ont le plus scandalisés, les Français, citent à nouveau l’épisode de l’EPAD dans le trio de tête. Jean Sarkozy se fait un prénom dans landerneau médiatique de la pire des façons. Et pourtant, qui connaissait l’EPAD avant que l’ambitieux fils du Président n’y jette son dévolu ?

Le nom fait l’évènement.

Incident en scooter transformé en scandale politique, naissance d’un enfant de Jean qui fait l’objet d’une grande couverture médiatique : l’accession de Nicolas Sarkozy à l’Elysée projette toute sa famille au cœur de la sphère publique. « Quoi que je dise, quoi que je fasse, je serai critiqué » déclare Jean Sarkozy en pleine tourmente. Car, au-delà de lui-même, il devient à son corps défendant, un instrument. Tantôt pour flatter, tantôt pour déstabiliser son père. Quand le Président de la République parle de méritocratie, on lui renvoie l’ascension  d’un fils qui ne doit pas ses succès à son talent. Une attaque compréhensible si elle restait limitée à la gauche. Mais la droite aussi parait déstabilisée.

Une droite déstabilisée

L’incroyable emballement de l’EPAD n’est pas qu’un coup politique de la gauche. Si l’affaire s’est propagée sur Internet au-delà des réseaux habituels de l’opposition, si elle continue, trois mois après son dénouement, à imprégner durablement les esprits c’est parce qu’elle a quitté le champ politique pour basculer dans la symbolique. Chacun a pris parti sur cette histoire : c’est le petit contre le grand, la méritocratie contre les passe-droits. Tout le monde a un avis, néophytes de la politique compris, parce que cet évènement est universel.

En l’espace d’un instant, Jean Sarkozy a cristallisé et donné vie à une arme de destruction massive dans l’argumentaire politique : le sentiment d’injustice. Un coup dur pour Nicolas Sarkozy  dans la perspective de 2012, surtout vis-à-vis d’une classe moyenne devenue épidermique sur les questions de justice sociale et qui trouve dans cette affaire une raison de plus pour stigmatiser « le tous-pourris ».


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