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Les murs - Olivia Tapiero

Par Venise19 @VeniseLandry
Les murs - Olivia TapieroCe mois-ci, l'équipe de La Recrue a lu le Prix Robert Cliche 2009. Les avis divergent. Je dirais même qu'il y en a qui sont diamétralement opposés, c'est à dire que ce qu'une personne a aimé, c'est ce que l'autre n'a pas aimé. Vu comme ça, la critique littéraire prend tout son sens. Pour moi, en tout cas. Personne ne détient LA vérité, nous détenons NOTRE vérité et en voici sept :
Un tourbillon autodestructif - Jules
Spirale de la douleur - Mylène
Vouloir tuer son corps - Phil
Chapeau bas, madame - Catherine
Vouloir s'oublier jusqu'à en disparaitre - Maxime
Mourir. Seulement mourir. C'est tout. - Caroline
Comme un Mantra - Venise
J'avais un rendez-vous avec une jeune femme qui voulait s’effacer de la vie, je le savais, et n’avais pas particulièrement le goût d’aller à sa rencontre. Une histoire nous prend là où on est, le lecteur, et je venais de terminer un roman se déroulant entre les murs d’un asile. Tout ça pour dire que l’auteure avait un chemin plus long à faire pour venir me chercher. Objectif réussi, je suis embarquée dans cet univers clinique, pas de gaité de cœur, mais j’ai suivi cette fille qui tenait tant à disparaître, ne serait-ce que pour comprendre pourquoi.
Il n’y a pas que son corps qui est entre les murs de sa chair, nous lecteurs, sommes confinés entre les murs des observations obsessives qui résonnent dans notre tête comme un mantra. Les descriptions précises et efficaces de son enveloppe de chair, des entrées et des sorties de la nourriture, m’ont absorbée.
Pour qu’un être dans la fleur de l’âge désire s’effacer jusqu’à ne plus exister laisse imaginer une grande souffrance intérieure. J’ai supposé cette douleur, une équation qu’a fait mon cerveau en mettant les maux ensemble, mais je la sentais pas, la projetait seulement. Comprenez bien que c’est la personne qui est folle qui décrit sa folie. Entendons-nous que cette distance crée une difficulté, la compassion est difficile à naître. Mon intérêt est resté au niveau clinique, je voulais comprendre la démarche thérapeutique de cet établissement de soins qui m’apparaissait complètement inadéquat. La rigidité d’une discipline serait thérapeutique ? Difficile à croire. Je mettais beaucoup d’espoir dans les rencontres avec la psychologue mais on ne s’y attarde pas, et de l’effet de la thérapie sur la malade, encore moins. Ça m’a manquée. Je ne connais pas plus cette femme qu’au début du récit.
Il me reste pourtant une impression forte de l’ensemble. Serait-ce le ciblage inlassable du sujet qui a finalement eu raison de mes résistances ? En tout cas, l’histoire est restée imprimée sur ma matière grise.

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