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La vengeance a tout prix !

Publié le 15 janvier 2010 par Leblogcine

Ce qui est intéressant quand on est obsédé par le cinéma et capable de voir 5 films d’affilée, c’est de procéder par thème. Bien sûr on peut aussi procéder par acteurs (-trices) et voir à la suite des films où l’on peut admirer Brad Pitt ou Angelina Jolie mais là, l’intérêt n’est plus cinématographique, c’est tout à fait différent ! J’avais envie de voir « The brave one » (« A vif ») depuis longtemps malgré les mauvaises critiques et le côté prévisible de l’intrigue. Le thème de la vengeance m’obsède, j’aime les déclarations du type : « pardonne à ton prochain », « tout le monde mérite une seconde chance », « tout le monde est capable de changer », « Ca ne la ramènera pas tu sais ?! ». Tout ça c’est bien vrai, mais ce sentiment que l’on doit ressentir quand une injustice est faite à votre égard, quand, en clin d’œil, un monstre, abruti, pervers, à peine humain vous enlève une partie de votre vie et que, lui, l’oublie facilement parce que c’est sa nature mais vous, jamais, ce sentiment-là m’intéresse. « Non non » je ne suis pas une psychopathe et  « non non » je n’essaie pas de vous convertir à la vengeance car moi-même je reste sceptique mais lorsque quelqu’un ruine votre vie de la sorte, comment échapper au désir de vengeance ? Je me demande simplement comment quelqu’un à qui il arrive des malheurs du genre « meurtre de sang froid d’un membre de la famille proche », peut faire le deuil et rester en paix. Bref, tout cela c’est qui arrive à Erika et Nick dans « A Vif »  et « Death sentence ». J’ai donc décidé de voir ces deux films très similaires à la suite,  histoire de passer une bonne soirée à réfléchir si oui ou non je serais prête à tuer un tueur. Certes j’étais légèrement indignée et furieuse à la fin mais, d’une part, je l’avais cherché et, d’autre part, ce fut très intéressant de voir à quel point la conception de la vengeance change en passant d’un film à l’autre. L’un en fait l’éloge, l’autre le blâme, qui a raison ? A vous de voir…

«  The Brave one » [«  A vif »], de Neil Jordan

Quand Erica et son petit ami se font agresser un soir à NY, c’est le début d’une vie de haine, de rancune et de terreur pour Erica qui s’en sort et qui doit vivre avec les souvenirs de l’assassinat de son fiancé. Ils étaient heureux, ne faisaient de mal à personne, Erica avait même une émission de radio où elle faisait constamment l’éloge de New York, ville qui avait le mérite de l’inspirer positivement. Tout va changer d’un jour à l’autre, New York devient son pire cauchemar et Erika passe du « côté obscur ». Elle s’équipe, se munit d’un courage exemplaire et décide qu’elle ne se laissera plus jamais faire. Elle devient vite une héroïne, tueuse de tueurs et ça lui plaît, et il faut dire qu’à nous aussi. Elle n’a plus peur et pense que tout cela l’aide à faire le deuil de son fiancé. C’est l’histoire d’une femme qui refuse d’écouter sa raison et suit son cœur qui lui recommande formellement de SE VENGER ! Une question vient à l’esprit une fois le film fini : Qu’aurais-je fait à sa place ? On pleure Erika, on veut torturer les malfrats et étriper la police qui ne fait rien, ce n’est pas tous les jours qu’on ressent ça ! Attention âmes sensibles : Ce film est pro vengeance.


« Death Sentence », un film de James Wan

Nick Hume était épanoui et menait une vie tout à fait paisible avec sa femme et ses deux fils mais, un jour, tout a basculé. Alors qu’un soir, accompagné de son fils aîné Brendan, il allait faire le plein d’essence, un voyou qui voulait faire ses preuves et entrer dans un gang assassine Brendan de sang froid, et le cauchemar commence. Nick n’accepte pas ce qui lui arrive et il accepte encore moins que le tueur de son fils, Joe Darly, bien qu’arrêté, soit libéré peu après. Il décide alors de prendre les choses en mains et d’abattre Joe. Il est soulagé, il pense se sentir mieux, il pense que justice est faite et que tout va rentrer dans l’ordre mais ce qu’il ne sait pas c’est qu’il ne pourra pas revenir en arrière. Billy, le chef du gang et aussi le grand frère de Joe décide de se venger à son tour et c’est le début d’une lutte acharnée entre deux hommes qui veulent venger un être cher.


« The brave one » est un film très touchant, et malgré tous les meurtres et toute la haine du film il y a un dénouement très positif ! Madame souffre, pleure et veut tuer tout ce qui bouge. Quant à nous, nous sommes un peu triste, nous avons un peu peur mais nous voulons absolument qu’elle tue tout ce qui bouge. Il n’y a rien de sadique dans ce film, (« Qu’on ne censure pas mon article ! »), mais disons que Jodie Foster nous émeut, elle dégage un réel sentiment de frustration et finalement, le film étant totalement manichéen, on devient frustrés à notre tour et tuer des méchants devient tout à fait naturel. Par contre, dans « Death sentence », bien qu’on ressente exactement la même haine et la même crispation (et quand je dis « on » je veux bien entendu dire « moi » mais parler à la troisième personne redevient à la mode alors…) comme rien ne se passe positivement et que la vie de ce pauvre Nick en devient une blague tellement il est malchanceux, c’est lui que l’on commence à détester parce qu’il ne prend pas les bonnes décisions. Les deux ont eut le cœur brisé alors qu’ils ne le méritaient pas et les deux ont décidé d’agir au lieu de rester sagement à attendre que la police fasse… RIEN. Mais là où Erika réussit divinement bien, Nick ruine sa vie encore plus et James Wan parvient à nous communiquer sa morale : « on sait que c’est tentant mais à quoi bon ? ». « The Brave one » nous montre la lutte d’une femme pour retrouver la paix et faire la justice autour d’elle. Elle protège sa ville, elle se défoule sur des gens qui ne méritent que ça, elle se métamorphose et toute la peur, la profonde tristesse et le sentiment d’injustice qui la rongeait jusque là disparaît. Dans « Death sentence » on assiste certes à la métamorphose de Nick mais rien de positif : il se retrouve plongé en plein cœur de la criminalité, la violence et la haine, il perd espoir, il ne ressent plus rien et il va même jusqu’à se raser la tête ! (« Je viens de révéler le seul élément comique du film, pardonnez moi ! »). Disons tout simplement que ce sont deux films tout à fait regardables mais que cinématographiquement parlant ce n’est pas du grand art. Ce qui est grandiose c’est la morale, les métamorphoses et surtout tous les sentiments troublants si bien incarnés par Jodie Foster et Kevin Bacon. Si comme moi la question de la vengeance vous fascine, allez voir ces deux films !

Sarah Rashidian


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