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Regarder un film pour déprimer ?

Publié le 15 janvier 2010 par Leblogcine

« My life without me » (“Ma vie sans moi”) de Isabelle Coixet (2003) :

Anne (Sarah Polley), 23 ans, apprend soudainement qu’il lui reste peu de temps à vivre. Elle a deux petites filles, un mari sans emploi et un travail sans intérêt, bref pas vraiment la vie idéale qu’elle espérait. Ne révélant sa tragique nouvelle à personne, elle se donne des objectifs à atteindre avant le jour de son départ…

«The secret life of words » de Isabelle Coixet (2005) :

Une femme (Sarah Polley) décide de s’installer temporairement sur une plateforme pétrolière où elle décide de s’occuper d’un homme qui, suite à un accident, a temporairement perdu la vue. Elle est solitaire, mystérieuse, elle a un passé éprouvant derrière elle qu’elle essaye à tout prix d’oublier. Les deux individus se découvrent progressivement et une forte et singulière intimité se crée entre eux.

«Away from her » (“Loin d’elle”) de Sarah Polley (2006) :

Marié depuis 45 ans, Fiona et Grant sont les figures un amour exemplaire et ont une vie paisible où ils partagent tout. Il semblerait que rien ne puisse briser leur amour et leur relation fusionnelle. Un jour, Fiona apprend qu’elle souffre de la maladie d’Alzheimer et là, tout va basculer. Elle prend la décision d’aller dans une institution spécialisée et donc, de vivre pour la première fois depuis 45 ans, loin de son mari. Comment Grant va-t-il réussir à supporter la distance qui le sépare de sa bien aimé et à surmonter le fait que Fiona est en train d’oublier son amour pour lui …

      Les trois films que je vous présente sont terriblement déprimants. (« Supeer ! » N’est ce pas ? ). Encore moins glamour que les films qui traitent de la vengeance (mon thème de prédilection), ceux-là traitent d’injustices, des malheurs qui peuvent nous tomber dessus à n’importe quel moment. Ils mettent en scène des gens simples, bons, qui ont une vie tranquille, sans ornements, des gens qui sont bien loin de mériter leur malheur. Les malheurs en question sont toujours, plus ou moins liés à des problèmes de santé et bien que cela puisse paraître d’un banal ahurissant, c’est justement la force de ces histoires. Elles sont tragiques mais simples et réalistes donc encore plus dure à digérer.
      Il semblerait qu’Isabelle Coixet, réalisatrice de « My life without me » et « The secret life of words » aime les histoires tragiques, celles qui font pleurer, celles qui vous mettent hors de vous, celles qui vous donnent envie de profiter de la vie un maximum. Ses deux films que je vous présente ici sont magnifiques et profondément touchants mais tout à fait déprimants. Ainsi il faut avoir du cran pour oser les voir : choisir un jour très particulier, où vous êtes déjà un peu philosophique et déprimé et où vous remettez plus ou moins tout en question. Sarah Polley est l’actrice principale de ces deux films. Parfaite pour jouer les femmes blessées et malchanceuse ? Peut être ! En tout cas mon homonyme est très émouvant et vous communique des émotions envoûtantes et très déstabilisantes. En plus d’être parfaite pour jouer dans des films tristes elle sait en réaliser ! En effet, il semblerait qu’elle-même se rapproche d’Isabelle Coixet au niveau de la réalisation et on le voit dans son dernier film « Away from her », où elle met en scène l’histoire d’une femme âgées, touchée par la maladie d’Alzheimer, qui oublie l’amour qu’elle avait pour son mari, celui qu’elle a pourtant aimé toute sa vie.

      « The secret life of words » vous invite dans un contexte profondément troublant. Nous sommes sur une plateforme pétrolière, un lieu entouré d’une mer qui nous emprisonne mais nous donne également l’espoir d’un nouvel horizon. Un lieu d’emblée plutôt déprimant sur lequel se trouve des gens perturbés. Chacun a ses problèmes, ses doutes, ses rêves. L’histoire se concentre sur deux personnes, X et X, X parait éteinte de l’intérieur, il semblerait qu’elle ne ressente plus rien, que la vie n’ait plus aucune signification pour elle. X est temporairement aveugle et pourtant il est le seul à pouvoir réellement voir qui elle est. Il apprend à la comprendre et à l’aimer.

      « My life without me » met en scène une femme frappée par un destin tragique qui parvient à maintenir son sang-froid et à prendre en charge sa vie. Même en sachant qu’elle devrait profiter de la vie un maximum elle ne s’attarde pas uniquement sur ses désirs et ses objectifs, elle va prendre des résolutions qui vont affecter les vies de son entourage. Elle veut s’assurer que ses proches pourront se remettre de sa mort, pourront faire son deuil sereinement. Anne est une femme généreuse, elle ne se plaint pas, elle ne se morfond pas et elle gère la situation avec brio.

      « Away from her » se décompose en deux parties. Dans un premier temps, on a une histoire d’amour magnifique, à allure d’éternité, un homme et une femme plus ou moins isolés qui n’ont besoin que d’eux même pour être comblés, il se connaissent par cœur et s’aiment à en mourir. Dans un second temps, cet amour que l’on pensait parfait, magique, digne d’un comte de fée se voit contrecarré par une faiblesse, une faiblesse commune, un incident fréquent : la mémoire flanche et l’amour s’envole. Ainsi, il est d’autant plus difficile de comprendre et accepter ce renversement quand on a été témoin de leur affection réciproque. Mémoire éphémère, cœurs brisés, vies changées à jamais…

 
 Trois films remarquables, à voir avec un paquet de kleenex à côté de vous …

Sarah Rashidian


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