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Je pédale, tu pédales ...

Publié le 17 janvier 2010 par Reenco
                  Eh, vous savez quoi????
J'ai mon véloOoOoOoO !

  
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Et ben, il est pas arrivé là sans peines.
C'est en partie pour ça qu'hier soir, je ne l'ai même pas mis au local en bas, et que je l'ai gardé dans l'appart pour m'habituer au fait qu'il soit bel et bien là. A moi. Mon vélo, mon mien.
Ca avait mal commencé. A 18h00, le bonhomme n'était pas encore opérationnel pour l'expédition Intersport, puisque réveillé de la sieste depuis à peine trente minutes. Il a finalement fait surface sur le coup de 18h45, l'air très détaché, comme si le magasin ne fermait pas quinze minutes plus tard. Oui, parce que pour qu'il se bouge, je lui ai fait croire que ça fermait à 19h, alors que la vérité, c'était 20h. Ce qui l'a un peu fait accelérer, mais pas stresser pour autant. Contrairement à moi. C'est pas comme si ça faisait un an que j'attendais de pouvoir acheter un vélo.
J'angoisse à fond, parce que j'ai peur qu'il n'y en ait plus. On est en période de soldes, si ça se trouve tout est déjà parti, est-ce que je peux en commander un, il va falloir que j'attende encore je ne sais combien de temps, ça y est je suis énervée ... en plus il fait nuit, et il pleut, pas des bébés gouttes, non, des cordes. Ne t'inquiète pas, dit le bonhomme, on le mettra dans la voiture. Oui, je réponds, mais si y en a plus, et ton coffre est cassé je te rappelle. Tu veux pas te mettre sur mute trente secondes? rajoute le bonhomme.
18h55, arrivée à Intersport. Je peux vous dire que je dois avoir un GPS à rayon cycles greffé quelque part sous la peau, parce que rien qu'en y pensant très fort, en mettant mon premier pied dans le magasin, j'ai filé droit vers l'étendue de vélos invisible de l'entrée.
Et là, deuxième patatras. Qu'est-ce que les patrons d'Intersport ont eu l'idée d'exposer en début de rayon des modèles de vélos pour gamins aux couleurs de l'OM ... quand moi je me pointe lors d'un jour important dans ma vie, avec un bonhomme qui a sa carte au PSG depuis ses seize ans?
Pendant que Monsieur ronchonne, je fais le tour des vélos, en cherchant le modèle que j'ai repéré en décembre. Et je ne le trouve pas. Y en a bien un qui y ressemble, mais il fait 200€ de plus ...
Quand soudain, là, tout au bout,dans son manteau noir et élégant, le voilà !
Ah ben tiens, il est pas en soldes ... Comme par hasard. Ils les ont tous mis à moins 40%, sauf le mien. En même temps, c'est le moins cher, donc ceci explique peut-être cela.
Il existe en deux tailles. En 45 pour les moins de 1m70, et en 51 pour les plus grandes.
Donc le bonhomme sort le 45 de son socle, en manquant de faire tomber les trente qui suivent.
Et ben on était à moins une d'aller m'en choisir un au rayon enfants, parce que visiblement, mon 1m56 est pile poil à l'entre deux. Ca me déprime légèrement. Voire beaucoup. Le bonhomme trouve l'idée de me réconforter en me lançant bien fort "De toutes façons, c'est pas à 27 ans que tu vas grandir, donc faut te décider". Merci mon chéri, tu sais que je t'aime toi.
C'est en pédalant dans le magasin que je finis par me sentir à l'aise, même si mes pieds touchent le sol uniquement par le bout du bout de la pointe.
Allez, adjugé, acheté. Avec des brassards jaune fluo en sus. Le top de la classe.
Vient maintenant le troisième patatras.
Entrer le vélo dans la voiture, sachant que la porte du coffre est cassée et qu'on ne peut pas l'ouvrir. Ou si, en forçant. Sauf qu'ensuite on ne peut plus la fermer. Alors pendant que le bonhomme tente par tous les moyens de le faire entrer par la portière arrière, je regarde de l'autre côté, en voyant pertinemment que ça ne passera pas. Je tente un "Je peux rentrer en pédalant tu sais ..." qui est probablement entendu mais qui restera sans réponse. Dix minutes plus tard, il en est toujours au même point, moi j'envoie des sms à mes copines, il pleut de plus en plus, et je sens une pointe de nervosité chez celui qui ne veut pas admettre que non, c'est mathématique, ça ne passera pas.
Puis soudain, je vois le vélo se faire reposer à terre, la portière se claquer et j'entends "Bon, on va faire comme ça."
Ah tiens ... !
Sur ce, nous testons les lumières de la bête, pour être sûrs que tout ira bien. Et ça ne marche pas.
Peut-être parce qu'il n'y a pas de piles à l'intérieur ... Moi je dis ça, je dis rien.
Et je le laisse chercher pourquoi la lumière ne veut pas être.
Cinq minutes plus tard, après la capitulation masculine, il est décidé qu'on emprunte les petites routes, qu'il passe devant, et que je roule derrière avec mes beaux brassards sur ma doudoune, genre mannequin BBW des nuits pluvieuses dans la campagne.
Il a pas fallu plus de trois minutes pour qu'il s'arrête et me dise "C'est pas possible, tu roules trop lentement !".
Oué ben toi t'es en voiture avec un moteur et moi je pédale avec la flotte dans la tronche, c'est peut-être pour ça qu'on va pas à la même allure, non?
"Bon, tu vas prendre le RER, parce que là c'est trop dangereux".

J'ai bataillé quand même. Parce que prendre le RER avec un vélo, ça m'excitait moyen. Et surtout, pluie ou pas pluie, j'avais envie de faire du vélo et puis c'est tout. Mais il se trouve que le bonhomme, plus raisonnable que moi, a réussi à me faire entendre que rouler sans lumière à 19h30 en plein hiver, c'était n'importe quoi. Alors j'ai dit d'accord.
J'ai réussi à trouver une piste cyclable, j'ai fait un petit kilomètre jusqu'à la ville d'à côté, je suis arrivée là-bas les cheveux, la doudoune, les genoux et les oreilles pleins d'eau, j'ai descendu mon beau vélo sur le quai en le portant, et j'ai sauté dans le RER bondé de monde.
Je me suis quand même félicitée d'avoir oublié de mettre du mascara, celui-ci n'étant pas waterproof.
Une station plus loin, j'ai remonté ma bestiole sur exactement 42 marches pendant lesquelles j'ai cru que j'allais perdre mes bras, je l'ai enfourchée, et là, j'ai constaté que la pluie s'était enfin arrêtée. Alors j'ai emprunté la grande piste cyclable de ma ville, et j'ai enfin vécu ce que j'attendais tant.
Le bonheur de pédaler à fond sur le vélo de mes rêves.
Comme une gamine de 12 ans.
Un petit rien pour certains, un moment merveilleux pour moi.
J'ai rejoint le bonhomme à la maison, qui attendait bien au chaud en me harcelant de sms pour savoir si tout allait bien, et j'ai installé l'objet de mon enchantement au milieu du salon, histoire de pouvoir l'admirer après toutes ces épopées, qui m'ont fait craindre de ne jamais l'y voir.
J'ai séché mes cheveux, changé mes vêtements et appelé ma mère pour la remercier mille fois de ce beau cadeau.
Puis on s'est dépêchés d'aller acheter des piles avant que  les magasins  ne ferment.
Et maintenant qu'on les a installées, on arrive plus à refermer le boitier de la lampe ...
PS : on est sortis d'Intersport à 19h30, et ça ne l'a même pas interpellé. Mouhahaha.

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