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Cigale, fourmi ou bousier?

Publié le 18 janvier 2010 par Fabien Major @fabienmajor

On qualifie souvent les investisseurs de cigale ou de fourmi. La fable de Jean de la Fontaine servait justement à illustrer les bienfaits de l’économie et de la gestion de son budget. Mais c’est plutôt simpliste. Il y a certainement d’autres types d’épargnants. Si en général, il vaut mieux être une fourmi qu’une cigale…, on peut dire qu’en introduisant la taxation dans le règne animal… il est plus tentant de chanter tout l’été. Serge Rouleau a même été plus loin. En 2008, il a fait l’effort de chiffrer l’impact de l’épargne taxable comparativement à la «dépense systématique»… et la cigale finit première, car elle se fait récompenser par l’état!

Regardons de plus près d’autres types investisseurs qu’on retrouve parmi les insectes et autres petites bebittes.

Cigale, fourmi ou bousier?
Limace: C’est le genre d’investisseur qui se meut péniblement jusqu’à la banque ou caisse du coin… en bavant contre le système financier. Sans colonne ni résistance, on lui sert automatiquement le produit financier à la mode ou peu lucratif. Il s’en contente sans question.  Il est du genre à avaler toutes sortes de salade.

Abeille: Cet investisseur ne peut s’arrêter de butiner. Sans plan, sans logique, sans objectif… il fréquente des tas d’institutions financières dans l’espoir de trouver un nectar plus doux. Sa quête s’arrêtera peut-être le jour où il prendra conscience que le miel a été consommé par ses frais bancaires et qu’il ne lui reste pas grand-chose pour ses vieux jours.

Luciole: dotée de la bioluminescence, l’épargnant luciole se croît très brillant. En fait, il parvient effectivement à faire de bon coup de temps à autre, mais c’est pour séduire la galerie. Il faut 5000 lucioles pour produire l’éclat d’une seule bougie!

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Bousier: Celui-ci est très actif durant les phases d’expansion économique. Lorsque des titres boursiers ou produits financiers de merde se mettent à connaître des soubresauts et des gains inespérés, il y a à parier que les bousiers ne sont pas loin. Avec leviers et options, il roule un titre de merde en plus grosse boulette. Il attire alors l’attention comme les banquiers avec leurs énormes réserves de «subprimes». Mais, qu’elle soit grosse ou petite, ça reste toujours de la merde… et c’est encore le petit épargnant qui se fera rouler!

Monarque: Ce papillon plein de grâce est fascinant à observer. Toute l’énergie qu’il emmagasine le transportera vers les pays chauds en automne. Au printemps, il amorcera le périple inverse. Aucune autre espèce ne réalise une telle migration deux fois. Comme l’investisseur qui s’est fixé le but précis de retraite au soleil, le monarque parcourt des milliers de kilomètres. L’accouplement et la ponte motivent leurs  déplacements. Le retraités préfèrent plutôt la chaise longue et le mojito.

Éphémère: C’est un visiteur ponctuel des marchés boursiers. Il ne vit que le temps d’une séance. Dès sa première perte il se retire, vend les quelques billes qu’il lui reste et ne se présente plus sur les parquets. Il fait le bonheur des bousiers et autre parasites   financiers.

Araignée:
Les araignées communes des maisons sont comme l’investisseur intéressé. Elles sont utiles. Elles éliminent des parasites qui nous embêtent  en boudant les sociétés mal gérées et tissent la toile qui retiendra, sa progéniture, sa niche et son garde-manger. Chaque fil est comme une stratégie qui s’intègre dans son plan de vie. Les vents et les évènements destructeurs ne la feront jamais renoncer. Tisser sa toile est une oeuvre à long terme qui rapporte.

Cigale, fourmi ou bousier?
Mante religieuse: Elle ne symbolise pas proprement dit un investisseur, mais plutôt un joueur clef de l’industrie: le preneur ferme. C’est-à-dire une institution qui émet sur les marchés boursiers les actions que les épargnants voudront acquérir. Bien qu’elle soit attirée follement vers son partenaire (l’investisseur), la banque d’affaires va conseiller à ses clients l’achat de son titre nouvellement émis… mais sa voracité trop difficile à contenir lui dictera de le bouffer vivant par la tête! Il est trop fréquent de voir des banques d’affaires cannibales et vendre massivement des titres qu’elle suggère avec enthousiasme à sa clientèle de particuliers. Goldman Sachs n’est pas une exception.

Punaise: Comme le daytrader, la punaise dépend exclusivement de son hôte. Elle a d’ailleurs une durée de vie similaire soit environ 24 mois. La punaise des lits et le spéculateur boursier sont des ectoparasites de l’être humain, c’est-à-dire qu’ils vivent sur l’être humain ou à proximité. Ils vivent généralement en petits groupes et passent leurs journées cachées dans les fentes et les fissures des habitations et des parquets boursiers. Les spéculateurs à court terme vampirisent tout ce qu’ils trouvent. Biens durables, commerces de détails, sociétés pétrolières, sables bitumineux et denrées périssables de toutes sortes. Ils s’infiltrent partout.


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