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Ségolène L'a (re)Fait !

Publié le 18 janvier 2010 par Sagephilippe @philippesage

François Royal.jpgOn peut tout dire sur Marie-Ségolène Royal, en rire même à gorges toutes déployées, faire l’ironique quand elle harangue le public qui, avec elle, scande : “Fra-Ter-Ni-Té !”.
On notera, au passage, et tout aussi ironiquement, que Nicolas Sarkozy, dans ses bons vœux du 31 décembre dernier, en appela, itou, comme un écho, à la “fraternité” entre nous autres.
Oui, on peut se gausser, et copieux, de la donzelle de Melle, Rahan féminin du Poitou et des Charentes réunies, “la-femme-qui-reste-debout”.
Nonobstant, force est de constater qu’elle a de la suite dans “ses” idées, qu’elle ne “lâche pas l’affaire” ; oui, au fond, et tout bien pesé, il y a chez Royal une cohérence indéniable. Exaspérante pour certains, soit, mais indéniable avant tout.
Je pourrais - et je vais le faire, tudieu ! – paraphraser l’effréné twitteriste qu’est Frédéric Lefebvre qui, évoquant le chef de l’Etat, osa repousser les limites en déclarant que le “tort” de Nicolas Sarkozy, c’est “qu’il a raison trop tôt”.
Et si c’était aussi, le “tort” de Ségolène Royal (hormis le fait que la saillie de Lefebvre ne repose sur rien sinon sur lui, que c’est du vent, du cirage, de l’amusage de galerie, une raffarinade génétiquement modifiée) ?
Car, rafraichissez-moi le cassis, mais c’est bien elle, Marie-Ségolène Royal qui, entre les deux tours de la dernière présidentielle, proposa, débat bourdinesque sur BFM TV en prime, une alliance avec le MoDem de François Bayrou ? Et je crois également me souvenir du chambard que cela provoqua chez ses “amis” socialistes. Outrés qu’ils étaient, les fieffés barons ! Quoi ? Le Parti Socialiste se maquant avec Bayrou ! Mais quelle horreur ! … Marrant, non ? … Quand on pense que ce sont les mêmes qui appelèrent à voter Chirac (que Bayrou rallia lors du second tour de la 1995 après avoir fait campagne pour Balladur) en 2002 ! … Comment ? … C’est pas pareil ? … Ah bon ? …. Parce que vous croyez peut-être que Le Pen serait passé si le PS n’avait pas hurlé à voter Chirac (“en se bouchant le nez”) le 5 mai 2002  ? Foutaises ! Billevesées ! Trouduculeries ! La vérité, c’est que les mecs, ces pauvres zozos-cialistes ont franchi, en 2002, le Rubicon. Et après tout, c’était d’une grande logique, plié d’avance, vu que leur candidat, celui qui aujourd’hui se la raconte à grands coups de trous de mémoires et d’orgueil indécrottable, avait donné le top-départ en déclarant, fièrement de surcroit, lors de sa piteuse campagne :
Mon programme pour la France, n’est pas socialiste”.
A partir de là, comme l’ânonne le footballeur moyen du championnat de France, tu comprendras que, la porte étant ouverte
Or donc, près de trois ans plus tard, elle insiste, elle récidive, elle enclume, et cette fois, dès le premier tour, celui des Régionales, la Marie-Ségolène fait alliance avec le MoDem ! Sans demander l’avis de son lambeau de Parti (dont elle est, apparemment, déconnectée).
Elle est free. Elle a tout compris.

Oh oui, je sais, ça va geindre, chialer, ah mon dieu, faire mumuse avec des centristes, mais que reste-t-il de nos amours, du socialisme ? Mais rien ! Rien ! C’est fini ! Ca fait belle lurette qu’il n’y a plus le moindre microgramme de socialisme dans le Parti dit Socialiste ! C’est une formation libérale molle du genou et pis c’est tout ! Un machin de Centre droit, gauche, vaguement écolote, enfin, ça dépend du vent, du climat, des sondages surtout ! Et si, dans la presse, à la radio, sur un plateau de télé, le journaliste plus perroquet que lambda parle de “gauche” en évoquant le PS ce n’est point par charité laïque, c’est juste par fainéantise, par habitude, parce que voilà, l’UMP est à droite, alors bon, le PS, c’est à gauche. Eh ben non ! L’UMP est à droite, oui, et plus que jamais, mais le PS lui, n’est qu’une variable d’ajustement, un Centre s’ignorant, libéral c’est évident, équivalent demain (mais de très loin) aux Démocrates américains (qui, Dieu leur en préserve, ne seront jamais de “gauche” – tu penses bien que l’américain moyen ne portera jamais un socialiste au pouvoir ..).
De fait, le Parti Socialiste s’étant vidé sans discontinuer de “son” socialisme, il ne sert à rien de pousser des cris d’orfraies ; Ségolène avait raison dès 2007 (peut-être même avant) comme elle a raison de remettre le couvert en 2010 ; allez ouste, on assume la mue et cap au Centre !
D’abord parce que, seul, le PS ne peut rien gagner. Et qu’aujourd’hui le PCF étant exsangue, électoralement nul, il faut bien trouver d’autres partenaires (à couillonner) ! Le NPA, LO, et même le Parti de Gauche (dont on ne sait trop ce qu’il veut et où il se situe) préférant la jouer à l’ancienne (et grand bien leur fasse). Quant aux “écolos”, l’Europe Ecologie, cette bonne blague, z’ont beau pérorer, fanfaronner, ce ne sont que pauvres cigales, et - je prends date ! - quand l’hiver de la présidentielle sera venue, mettront pas longtemps à se ranger bien sagement derrière le Parti dit Socialiste.
Ensuite, mais c’est répétitude que de le préciser, parce que justement le PS est mort au sens socialiste du terme, qu’il est clairement un parti libéral, disons, et pour aller vite en besogne, un peu moins brutal dans son libéralisme que l’UMP. Et, prenons les paris, demain, bientôt, tous ceux qui hurlaient à la “trahison” et blavouillaient sur la Royal, les fameux notables du PS, prôneront ouvertement (donc : sans “se boucher le nez”), une alliance avec le MoDem.
A ce propos, il est intéressant de noter, que cette fois, les outrés, les éplorés - de crocodiles comme de bien entendu - viennent plutôt du MoDem que du PS. Ainsi, Marielle de Sarnez (qui semble découvrir le monde politique, à moins qu’elle ne nous prenne pour des benêts de compétition, ce qui, je le déplore, semble l’hypothèse la plus probable) parlant de “débauchages” (tu veux que je te sorte des exemples de “débauchages” pratiqués par le MoDem, Mâhâme de Sarnez ?) allant même jusqu’à oser cette bouffonne tirade :
C'est choquant et pas respectueux de la part de quelqu'un qui explique qu'elle entend faire de la politique autrement. C'est aussi le contraire de la transparence parce que cela tourne le dos aux électeurs à qui il revient de choisir les majorités futures et le point d'équilibre de ces majorités.”
Nonobstant le fait qu’il faut arrêter avec cette nouvelle lubie à la noix, cette histoire ridicule, ce conte pour attardés qu’est la “transparence” en politique, depuis quand revient-il aux électeurs de “choisir les majorités futures” ? Comprendre que, dans ce cas, Marielle de Sarnez, il faut cesser de leur donner, ainsi que vous le faites, vous et tous les autres, des consignes de vote pour le tour suivant. Laissez-les choisir en paix ! 
[Ne le fais-je pas à merveille, quand je m’y mets, mon Frédéric Lefebvre ?]
Quoi qu’il en soit, cohérente, acharnée, exaspérante et ô combien, Marie-Ségolène Royal l’a (re)fait.
De fait, sa région devient un laboratoire. Un test-match en langage rugbystique. Et tous autant qu’ils sont, politiques comme observateurs et de tous bords, auront un œil, si ce n’est les trois (avec celui qu’ils gardent dans le dos), rivés sur son score le 14 mars prochain. S’il est hautement positif, elle aura eu raison. Avant tout le monde. Ou plus précisément : ce sont les électeurs qui lui donneront raison. Et des électeurs, le PS en a, pour la 2012, cruellement besoin. Alors cette porte ouverte dont je parlais plus haut, le PS l’enfoncera sans barguigner, puis, sans chichis la refermera sur une idée qui les a quittés et, pour être honnête, si peu habités : le socialisme.
Enfin, tout sera clair (et non pas transparent) le combat pourra réellement commencer. Et nous autres, saurons pour qui voter. Et pour quoi. Et ça, quoi qu’on en dise, on le devra, un peu, mais si, à madame Royal ..


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