Un premier volet a permis de saisir que la Nation, d'une part, est une conséquence de la construction étatique et non sa cause — l'État ne représente pas la Nation mais la Nation justifie l'État — et d'autre part qu'elle est une représentation aussi bien culturelle que politique, un équilibre entre ces deux natures, un héritage autant qu'un projet. Voici le deuxième volet de cette réflexion, consacré cette fois à la question de l'identité.
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II. L'identité fragile
Le débat posé portant sur l'identité nationale, admettons d'abord que le choix des mots n'est jamais un hasard. Car l'identité suppose un double mouvement, fondamental dans la construction nationale. L'identité est ce qui rassemble entre eux des individus, non pas réellement identiques, mais entre lesquels s'établit un accord, se forme une communauté, « une certaine unité nationale » pour Fernand Braudel1. Mais elle est aussi ce qui singularise, ce qui trace la séparation entre le national et l'étranger, et justifie les frontières (physiques, administratives), pour garantir la permanence de la Nation. L'identité suppose une double reconnaissance de l'ipse (soi), et de l'idem (même) ; et l'identité nationale traduit la double nature de la Nation : revendication d'un héritage (constatation de l'idem) et participation à un projet (affirmation de l'ipse).
Menaces sur l'identité
L'existence même du débat sur l'identité nationale ne peut se résumer à des tactiques politiques, et il serait maladroit de supposer qu'aucune question ne se pose à ce sujet. Car l'identité nationale est à tout le moins présentée et bien souvent…







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