Magazine Cinéma

Soundtracks – janvier ‘10

Par Kub3

Pour 2010, KUB3 vous offre un nouveau rendez-vous périodique autour de la musique de film. Découvrez les récentes sorties de bandes-originales, et plongez dans le monde trop méconnu de la composition pour le cinéma. Certains artistes affirment que la musique constitue l’âme du film… A travers de courtes analyses, nous proposons d’explorer cette relation particulière entre l’image projetée et le son qui l’accompagne. Pour cette première édition, place aux scores de Tetro, d’Invictus, mais aussi du biopic sur Gainsbourg et du Refuge de François Ozon ! Quatre films qui n’ont rien en commun, pour quatre approches très différentes de la bande-originale…

Tetro, de Francis Ford Coppola – Musique de Dante Anzolini

Soundtracks – janvier ‘10

L’album : Ecouter

Originaire d’Europe de l’Est mais ayant grandi en Argentine, le compositeur Dante Anzolini collabore pour la seconde fois avec Francis Ford Coppola, après L’Homme sans Age. Si la démarche peut rappeler le travail d’Alberto Iglesias (également issu du classique) aux côtés de Pedro Almodovar, la partition de Tetro est un formidable mélange entre des influences très, voire trop diverses. Les subtiles sonorités de bandonéon évoquent parfois le souvenir d’Astor Piazzolla - illustrant parfaitement le quartier de la Boca de Buenos Aires -, mais l’ensemble laisse parfois perplexe quant à son adéquation avec le scénario. Le générique de début, dont les chœurs rappellent des sonorités klezmer, semble à titre d’exemple peu justifié par le contexte du récit. Dramatique et emportée, aux couleurs particulièrement inspirées par le romantisme et le post-romantisme (Verdi, Berlioz voire Mahler), la musique d’Anzolini joue avec les tons et les tonalités. Elle démontre certes son grand talent, mais manque de cohérence avec l’œuvre qu’elle accompagne.

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Invictus, de Clint Eastwood – Musique de Kyle Eastwood et Michael Stevens

Soundtracks – janvier ‘10

L’album sur le site officiel : Ecouter

Clint retrouve son fils Kyle Eastwood (par ailleurs jazzman reconnu) et Michael Stevens pour signer la musique de son nouvel opus. La recette n’est pas novatrice. Comme dans les précédents films du cinéaste, un simple thème de quelques notes au piano, soutenu par des valeurs longues de cordes, se répète tout au long du film. Le titre du générique de fin consiste alors en un développement autour de la mélodie initiale, interprété par la voix sans fioritures de Yollande Nortije.

Par ailleurs, la musique d’Invictus fait aussi appel à des chœurs et percussions africaines, ainsi qu’à un quatuor directement issu de Johannesburg : le Soweto String Quartet. En résulte une B.O. à la fois intimiste et colorée, inscrite dans l’héritage très reconnaissable de l’univers musical eastwoodien tout en s’adaptant parfaitement au contexte géographique et historique du scénario. Un regret cependant : quelques chansons de pop inappropriées viennent gâcher l’homogénéité de l’ensemble, à l’image du titre Colorblind d’Overtone.

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Gainsbourg (Vie héroïque), de Joann Sfar – compilation
Soundtracks – janvier ‘10

L’album : Ecouter

Autour des compositions originales plutôt jazzy d’Olivier Daviaud (arrangeur d’Olivier Ruiz, Bénabar et Dionysos), le biopic sur L’Homme à la tête de Chou laisse la part belle aux interprétations des acteurs eux-mêmes. De Laeticia Casta pour Bonny and Clyde à Philippe Katerine sur Boris Vian, en passant par Eric Elmosnino qui chante Gainsbourg lui-même, l’immersion est totale, sans pour autant trahir les versions originales.
A découvrir, un reportage sur le tournage de la musique du film, tourné par le site Cinezik :

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Le Refuge, de François Ozon – Musique de Louis-Ronan Choisy

Soundtracks – janvier ‘10

La chanson Le Refuge : Ecouter / Extraits de la bande-originale sur le myspace de Louis-Ronan Choisy : Ecouter

Non content d’être à l’affiche du nouveau film de François Ozon, Louis-Ronan Choisy en compose aussi la bande-originale. Complètement bobo et insipide pour certains, touchante et aérienne pour d’autre, la chanson Le Refuge rappelle Vincent Delerm et… Marc Lavoine, mais colle admirablement au scénario et à la mise en scène du réalisateur. En duo avec Isabelle Carré, tout en retenue et en minimalisme, elle prolonge pendant le générique la surprenante conclusion d’une histoire forte. Le reste de la bande-originale est construit autour des accords et du thème de la chanson principale : tandis que les scènes urbaines sont illustrées par des accords planants de guitare électrique, les scènes balnéaires laissent place à des pièces pour piano illustrant parfaitement la pureté du lieu et l’apaisement du personnage d’Isabelle Carré, enceinte. Certes peu original, mais simple et efficace.

Crédit photo de la bannière : image extraite de Tetro, © Memento Films Distribution


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