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“In the air”, fort risque de turbulences

Par Kub3

Récompensé par le Golden Globe du meilleur scénario, In the Air conjugue satire sociale et comédie romantique. Malgré son écriture plutôt fine et la prestance remarquable de George Clooney - parfait dans son rôle de séducteur -, le film ne tient malheureusement pas toutes ses promesses.

“In the air”, fort risque de turbulences

Le nouveau film de Jason Reitman (réalisateur de Juno) dresse avant tout un portrait acide de la société américaine à travers celui d’un homme. Ryan Bingham (George Clooney), expert en licenciement, parcourt les USA pour faire le sale boulot des entreprises qui se dégonflent auprès des employés congédiés. Son job le mène aux quatre coins du pays, et ça tombe bien : collectionneur compulsif de miles aériens, Jason trouve un sens à sa vie en accumulant les voyages en avion. Pour le reste, sa vie sociale n’a rien d’une réussite : misanthrope, il refuse tout attachement amoureux ou familial, préférant passer son temps d’aéroports en aéroports, d’hôtels en hôtels.

Dès les premières minutes, le montage clipesque, agrémenté d’une discrète voix off de Clooney, enchaîne les plans à un rythme d’enfer pour nous présenter le personnage. La méthode, d’une certaine virtuosité, séduit dans sa capacité à esquisser en quelques scènes une critique acide du monde moderne de l’entreprise. Bonne surprise d’un scénario audacieux : Hollywood ne vend pas du rêve américain et en dépeint l’envers du décor. Voilà de quoi se réjouir.

George Clooney compose un personnage assez savoureux, paradoxalement sympathique malgré ses méthodes professionnelles peu scrupuleuses. Vérifiant l’adage selon lequel la réussite d’un film réside notamment dans l’attention portée au méchant (Hitchcock est passé par là), In the Air permet à l’acteur de livrer une interprétation classe et élégante, en Cary Grant des temps modernes. Les dialogues, agrémentés de quelques répliques piquantes bien senties, font souvent mouche et distillent un ton pétillant. Loin d’adopter la posture d’une critique virulente de la société, Jason Reitman opte pour la finesse et se concentre sur la légèreté du divertissement malgré la gravité des thèmes abordés.

Mais toutes ces qualités ne suffisent pas à faire décoller le film. Une fois passées les scènes initiales d’exposition particulièrement réussies, les péripéties sont déjà plus ou moins prévisibles. Bien entendu, Ryan Bingham va faire les frais du système qu’il entretient. Confronté à ses problèmes personnels reflétant les maux de la société contemporaine (individualisme et capitalisme effréné), il rencontre l’amour et commence à remettre sa vie en question. Bonne idée scénaristique, mais c’est précisément là que le bât blesse. Non pas dans l’évolution du personnage - bien croqué et assez fascinant -, mais dans le basculement du film vers la comédie romantique quelconque, attendue et ultra balisée.

Clooney relève bien évidemment la sauce par sa seule présence, et le twist final surprend en contournant habilement le happy end redouté… Mais In the Air tombe dans une facilité qui détonne avec l’originalité de ses premières scènes. Le film se réfugie alors dans une mise en scène attendue et s’éparpille autour d’une romance bien trop banale. Si les fans de George seront sûrement aux anges, difficile de ne pas être déçu alors que le début laisser présager de beaucoup, beaucoup mieux. Dommage.

“In the air”, fort risque de turbulences

En salles le 27 janvier 2010

Crédits photos : © Paramount Pictures France

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