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Salinger est mort

Par Ajamot
Hier soir, grosse surprise de voir que les journaux sérieux en ligne font leur une sur un écrivain qui n’apparaissait plus en public depuis les années soixante.
Et c’est cela qui saute aux yeux : Salinger, en cinq bouquins, avait une reconnaissance internationale. Cela veut dire interviews, photos, articles dans les magazines grand public, et puis après téloches, conférences, cocktails… milieu, réseau, relations, petites haines…
Salinger n’en voulait pas, ça le gonflait, et il a dit "non merci"…
Christopher Isherwood a eu un peu la même réaction. Après avoir goûté au succès dans les années d’avant-guerre en Angleterre, il s’était installé comme prof en Californie et menait une carrière d’auteur discrète.
Pourquoi des écrivains de cette trempe tournent-ils le dos à ce qu’on nous présente comme le nec plus ultra, la médiatisation ?
Ben parce que ça n’a rien à voir.
Un écrivain est souvent un type sensible, un peu réservé, qui aime bien flâner, rêver, et ça n’a rien à voir avec les histrions qui hurlent sur les plateaux télé pour promouvoir leur dernier truc.
Bien des auteurs n’ont reçu que peu d’attention de leur vivant. Aujourd’hui, en France, des centaines de romanciers, d’essayistes pondent dans une quasi-clandestinité leurs opus. N’hésitez pas à partir à leur recherche, à fouiller le net ou les librairies pour découvrir ces types discrets qui sont aussi la littérature…
Combien de ces livres mis en permanence en avant passeront-ils le cap, non pas de la postérité, mais du trimestre ?
Quand avez-vous vraiment été touché par un livre ? ça fait un bail, non ?
En tant qu’auteur, suivez votre piste, publiez ou autoéditez, écrivez des articles, tenez un blog… écrire, c’est tout cela, aller d’un point à un autre, bouger, produire, créer… Il n’y a pas que le papier, jamais il n’a été aussi facile d’aller vers l’autre, à votre rythme, à vos conditions…
Si Salinger avait eu vingt ans de nos jours, sans doute aurait-il tenu un blog discret, mystérieux, et gratuit, loin de cette vulgarité de la promotion qu’on nous impose… Rien n’oblige le marketing à être criard et putassier comme il l’est chez les éditeurs parisiens…

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