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Sursaut et sursis

Par Deathpoe

Le chat me regarde et agite sa clochette alors que je ne trouve pas le sommeil. A cet instant j'attends l'aube sans espoir, douleur lancinante dans le dos et la tête perdue ailleurs. La fumée de ma cigarette brouille la route, sans sommation. Il passe d'une pièce à l'autre en tournant en rond, alors que je continue de me mettre en joue, et je ne saurai dire si mon rapport à la réalité n'est pas encore plus décalé que d'ordinaire.


Là-bas, il y aurait une route qui continuerait toujours, l'horizon pour seul point de mire, l'aube dans les rétroviseurs. Peut-être que je ne me suis jamais senti aussi seul et désemparé. Rien n'avance et tout se déconstruit peu à peu alors que je ne prends même plus la peine de prendre la fuite. Le présent n'est plus qu'un fantôme en trois dimensions, et je n'ai jamais eu autant conscience de ma souffrance que depuis que j'ai arrêté de boire.
Je ne sais pas nager et je tente de me débattre en m'enfumant comme un rat pris au piège, oubliant le soleil glacé par la neige. Toujours la même chose, les insolence et le dédain, les mesquinerie l'insomnie et mon impuissance totale. Je me bats avec l'infini perpétuel de la page blanche, ma propre page blanche, celle de l'écoulement constant, de la dégradation instantanée, minute par minute, sans que l'on y puisse pour quoi que ce soit.
Je suis surpris que le temps passe encore. Il faut s'écraser et rester debout à la fois, encaisser en regardant chaque jour tracer un peu plus encore son sillon de boue. C'est visqueux, gelé, foncièrement désagréable. Peut-être que l'on attend un miracle, un coup de pouce d'une entité supérieure qui, en attendant, se fend bien la poire en nous voyant. Personne ne cherche à comprendre et l'on s'attend à ce que de l'or et du bonheur gras tombe du ciel. Je ne sais même plus quand j'ai pu me dire pleinement heureux et satisfait du film. J'ai le meilleur second rôle puisque je ne fais pas semblant. Je voudrai pleurer et me vider de toutes mes sensations plutôt que de souffrir. Allez-vous faire foutre avec votre psychologie de pacotille. Je ne comprendrai certainement qu'à la fin.
Avant il y avait les conversations autour d'un billard et la certitude que tout irait au mieux le lendemain. Maintenant je traverse les rues du centre ville seul, en regardant les misérables et ceux pleins de néons dans les yeux. S'abaisser à tous les contentements et fermer sa gueule. Je suis au bout du rouleau et je m'accroche à une dernière branche. Dans mon dernier rêve, je me détournais et éteignais la lumière. J'ai pressé la détente et la mort a souri, sur l'autoroute descendante. Comme j'en ai assez.
J'essaie de caresser le chat. En vain.

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