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Paradis perdu

Publié le 31 janvier 2010 par Epicure

Paradis perdu

J’ai vu Paradis perdu hier soir à la Place des arts. Quel beau gâchis. Et quelle déception.

Je vous jure que j’avais hâte. C’est pas tous les jours que les planètes s’alignent pour réunir Dominic Champagne, Daniel Bélanger, Rodrigue Proteau et Pierre Lebeau sur le même projet. J’avais mon billet depuis le début décembre, alors que je me remettais à peine du choc Love (du même Champagne), vu quelques jours auparavant à Vegas. J’étais crinqué.

Après dix minutes de show, je ne l’étais plus. Pierre Lebeau commençait déjà à me taper sur les nerfs avec son discours complètement over the top. Quand un texte très quelconque est récité comme s’il s’agissait des dix commandements, le quelconque finit par devenir carrément ridicule. Le pire, c’est que le show est placardé mur à mur de cette insupportable narration wannabe poétique sur le miracle-de-la-vie-vs-les-maudits-humains-et-leurs-guerres-qui-scrappent-toutte.

Et que dire des moments de blagues drôles! On a essayé de nous pousser de l’humour clounesque à la Cirque du Soleil mais ce fut sans effet. Gênant, en fait. Rien de plus pénible que d’entendre à peine trois ou quatre ricanements discrets dans une salle comble de 1500 personnes.

Et le son… Beaucoup trop fort. À défoncer les tympans du batteur d’Anonymus. Sérieux, j’ai sympatisé toute la soirée avec les pauvres spectateurs situés à l’avant. Ça m’a empêché d’apprécier la musique de Daniel Bélanger qui m’a semblé trop envahissante. Faudra attendre la trame sonore sur disque pour se faire une véritable idée.

Heureusement, la scénographie et les éclairages ont été à la hauteur des attentes. J’essaye encore de comprendre comment on a pu créer des effets 3D au sol aussi réels et beaux. Parfois ça donnait des résultats spectaculaires, comme cette scène de descente de rivière en kayak ou celle où le sol s’affaisse lors d’un tremblement de terre. J’imaginais Robert Lepage assis dans un coin en train de saliver en pensant à sa prochaine production… Chapeau aux artisans pour cette trouvaille qui fera sûrement du chemin.

Mais ces exploits techniques ne sont pas parvenus à me faire apprécier Paradis perdu. Messieurs Champagne et (Jean) Lemire, malgré les meilleures intentions du monde, ont fait un show “trop”. Trop de texte, trop de décibels, trop de musique, trop de gnangnan pro-écolo /anti-militariste réchauffé. Je m’attendais à plus de subtilité quand même.

Deux Avatar(s) en un mois, ça aussi c’est trop.


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