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L'Occident civilisationnel et la question identitaire (4/7), par Éric Timmermans

Publié le 31 janvier 2010 par Roman Bernard
Voici la quatrième partie de cet article consacré à l'identité occidentale.
4. Europe et Occident, une même réalité historique

C'est en vain que l'on cherchera dans la géographie ou dans l'histoire les traces d'une quelconque « Europe » (un terme forgé au XVIIe siècle) ou d'une improbable « civilisation européenne ». Parle-t-on de la « première Europe » des peuples indo-européens dont nous n'avons gardé que quelques rares traces archéologiques et linguistiques ? Parle-t-on de la « première Europe » celtique réunissant des peuples qui, eux-mêmes, ne se connaissaient aucune appellation commune (26) et dont la tradition orale est aujourd'hui perdue ? Parle-t-on de la « première Europe » romaine qui était, en réalité, un empire tricontinental à vocation universelle ? Parle-t-on de la mythique « Grande Europe de l'Atlantique à l'Oural » dont la prétendue frontière géographique orientale n'est constituée que de quelques maigres collines, limites un peu ridicules qui ont la prétention de partager la Russie en deux parties ? Osons le dire : l'Europe n'existe pas et n'a jamais existé. Du moins n'a-t-elle jamais existé en dehors du cadre de l'Occident.

Le terme d' « Occident » indique, lui, une signification géographique précise. Est « à l'Occident » ce qui est « à l'ouest ». Le mot « Occident » écrit avec un « o » majuscule intègre cette notion géographique mais inclut, de surcroît, une référence civilisationnelle : l'Occident désigne la civilisation qui s'est développée à l'ouest de ce que l'on nomme communément et bien improprement le « continent européen », encore qu'il serait plus exact de parler de « cap extrême-occidental » du continent eurasiatique.

L'Occident trouve son origine historique dans le partage progressif de l'Empire romain, structure tricontinentale (Europe, Asie, Afrique) à vocation universelle. Dès l'an 286, l'empereur Dioclétien partage l'Empire en une partie occidentale et une partie orientale. Du IIIe au Ve siècle, l'Empire d'Occident existera de façon intermittente. Il eut Milan pour capitale (jusqu'en 402), puis Ravenne. À l'exception d'une bande de territoire longeant le littoral nord-africain, les territoires occidentaux sont tous européens et englobent notamment la totalité de la Péninsule italique, dont Rome elle-même. La partie orientale de l'Empire, elle, s'organise autour de Constantinople. À l'exception de la Grèce et de la Péninsule balkanique, son extension est principalement asiatique (Proche-Orient) et africaine (Egypte, Libye).

Les deux parties de l'Empire vont, un siècle durant, se distancer progressivement, jusqu'à la rupture définitive de 395. Le christianisme s'étant imposé à Rome comme religion officielle, puis comme unique religion d'État (27), les deux empires d'Occident et d'Orient qui en sont issus sont également chrétiens, mais des sensibilités différentes n'en vont pas moins continuer à se développer de part et d'autre. De celles-ci vont naître, au fil des siècles, deux chrétientés distinctes, l'une, à l'Occident, catholique, latine et ayant Rome pour ville fondatrice ; l'Occident, dont les origines historiques remontent, en partie, à la Rome pré-chrétienne, comme nous l'avons dit, acquerra toutefois, avec le christianisme, ses qualités civilisationnelles essentielles. L'autre, à l'Orient, orthodoxe, grecque et ayant pour pierre de fondation Constantinople, que les Orientaux aiment à nommer la « deuxième Rome ».

Il n'y a pas à chercher ailleurs les premières origines de la distinction entre les civilisations de l'Occident (l'Europe véritable) et de l'Orient (l'Eurasie byzantine). Pas plus de « première Europe celtique » donc, comme nous l'avons déjà dit, que de « berceau grec de l'Europe ». De fait, cette dernière référence fait partie de l'arsenal des farces et attrapes paneuropéennes et eurasistes utilisées afin d'accréditer la thèse fumeuse de l'existence d'une « civilisation européenne commune ». Or cela n'est possible qu'à condition de sortir du contexte chrétien : on raye donc 1500 ans d'histoire chrétienne des livres d'histoire, et, pour peu que l'on retrouve les traces des traditions orales disparues (druidiques, nordiques, slaves…), on s'en retourne vers une « grande civilisation païenne indo-européenne »… totalement (ré)inventée. Or, rares sont les néo-païens sincères et sérieux aujourd'hui (et quand bien même voudraient-ils l'être, où trouver le fil des traditions perdues ?) et bien plus nombreux sont ceux qui, tout en proclamant le caractère chrétien de l'Europe, se réclament de la Grèce païenne comme « berceau européen », ce qui relève, bien évidemment de l'absurde : demandons donc à l'Église orthodoxe grecque ce qu'elle pense du paganisme et du polythéisme… ! Confrontés à la réalité, chose que les utopistes, on le sait, n'aiment guère, nos paneuropéens et nos eurasistes s'en vont donc retrouver les liens existant entre Platon et le message biblique, entre le siècle de Praxitèle et la Renaissance chrétienne. Seulement voilà, en faisant cela, ils amputent l'héritage hellénique d'une bonne partie de son essence, car la Grèce antique, on le sait, ne se limite guère à Praxitèle et à Platon… (28).

On le voit, les seuls paneuropéens ou eurasistes conséquents, ou tentant de l'être, ne peuvent être que néo-païens ou/et tournés vers l'Asie bouddhique et hindouiste, celle-ci s'inscrivant dans le cadre indo-européen (et qu'ils soient assurés, sans ironie aucune, de toute ma sympathie, n'étant moi-même ni chrétien ni abrahamique), mais qui est capable, de nos jours, de comprendre et d'appréhender une telle démarche ? Quant au paneuropéanisme et à l'eurasisme chrétiens, faute de « civilisation chrétienne européenne commune », c'est simple, ils n'ont pas la moindre raison d'être.

Lors du partage de l'Empire romain, en 395, l'Empire d'Orient parut, du fait de sa puissance et de sa brillance, comme un plus présentable successeur de Rome que ne le fut l'Empire d'Occident. Nous ne le nions pas. Mais le choix des occidentalistes en faveur de l'Empire d'Occident ne résulte pas d'un souci de confort et de facilité intellectuels, mais bien d'un souci d'authenticité dans leur démarche identitaire. Il ne s'agit pas, bien évidemment, de faire le choix de la cohérence et du chatoiement byzantins par simple attrait pour le cohérent et la chatoyant, mais de choisir, du point de vue de l'enracinement identitaire, ce qui est nôtre, c'est-à-dire la civilisation occidentale, organisée autour de Rome et non autour de Constantinople.

Un autre argument des détracteurs des thèses occidentalistes est que l'Empire d'Occident fut détruit dès 476, alors que l'Empire d'Orient parvint à se maintenir jusqu'en 1453. C'est là un argument à double tranchant, et il est aisément possible de le retourner contre celui qui en use. Si l'Empire d'Occident a bien été détruit en 476, l'Occident sut, lui, se maintenir jusqu'à nos jours sous de multiples formes (Empire carolingien, Empire de Charles-Quint, Empire austro-hongrois, empires coloniaux…) et parvint à conquérir la planète, alors que depuis la prise de Constantinople par les Turcs musulmans en 1453, Byzance n'est plus qu'un souvenir historique occulté par Istanbul, la Russie ne devant, quant à elle, son immensité territoriale qu'à une expansion territoriale à des territoires largement dépeuplés (29) et sans accès aux mers chaudes.

Constantinople tentera bien, sous le règne de Justinien Ier (527-565), de reprendre le contrôle de la Péninsule italique, mais cette initiative restera finalement sans lendemain durable : Rome, en définitive, restera hors de portée du puissant Empire d'Orient. En outre, au VIIe siècle, ce dernier connaîtra également des troubles intérieurs et se révèlera bien peu capable de faire face à la pression des Arabes musulmans qui vont aller jusqu'à assiéger Constantinople, par deux fois (674-678 et 718). En outre, l'Empire d'Orient perdra de nombreux territoires au profit de l'islam conquérant. Tenter d'opposer à un Occident miteux et éclaté, un Empire d'Orient puissant et cohérent, apparaît donc quelque peu simpliste.

Les ruines de l'Empire d'Occident, peuplées de Latins, de Celtes, de Germains, pour l'essentiel, constitueront le creuset duquel naîtra, autour de la Rome chrétienne, la civilisation occidentale. En outre, deux dates symbolisent tout particulièrement la finalisation de la rupture de l'Occident latin d'avec l'Orient byzantin : 1054 et 1204. L'année 1054 est celle du Schisme orthodoxe (ou Schisme d'Orient), qui marque la séparation définitive du catholicisme et de l'orthodoxie. Le 13 avril 1204 est la date du sac de Constantinople par les troupes de la IVe croisade. Le divorce Occident-Orient était dès lors consommé.

Le monde orthodoxe, byzantin, fidèle à la tradition césaropapiste qui fusionne les pouvoirs temporel et spirituel, ne connaîtra pas, contrairement à l'Occident, le débat fondamental qui aboutira, dans notre civilisation, à envisager la séparation de l'Église et de l'État. Aujourd'hui encore, l'on a tendance à considérer, dans l'univers orthodoxe, qu'il n'est de « vrai Serbe », de « vrai Roumain » ou de « vrai Grec » que soumis à son église orthodoxe nationale, le Serbe catholique ou le Grec athée étant perçu comme une incongruité, voire comme un objet de scandale (30). On peut dès lors mieux mesurer le gouffre qui sépare l'approche byzantine de la fusion totale du spirituel et du temporel, de l'approche occidentale qui permit l'avènement de la notion de libre pensée individuelle.

Au césaropapisme orthodoxe (31), la Ville éternelle oppose l'universalité romaine. Celle-ci vise à l'unification de la Chrétienté occidentale autour de Rome et va donc favoriser l'éclosion d'initiatives politiques allant en ce sens. De l'Empire carolingien à celui des Habsbourg, les tentatives d'unification de la Chrétienté d'Occident entreprises au fil des siècles resteront hélas sans lendemain durable. C'est de ce projet et d'aucun autre que naîtra la bien mal nommée « idée européenne ». De fait, avant la Renaissance, il n'a jamais été question que de la Chrétienté occidentale, en aucun cas d'une quelconque « identité européenne » et moins encore de l'unification d'une Europe s'étendant plus qu'hypothétiquementde l'Atlantique à l'Oural et englobant un Orient orthodoxe perçu par Rome comme schismatique. Pour être historiquement logique et géopolitiquement viable, l'« idée européenne » aurait donc dû, a priori, affirmer son enracinement occidental, plutôt que d'aller se perdre dans les steppes d'un paneuropéanisme illusoire, avant de chuter finalement dans un globalisme eurocratique ouvert à tous les vents, notamment turcs.

On peut toutefois tenter de rétorquer à cela — et les européistes ne s'en priveront pas — qu'à ce compte-là on peut également souligner la division de l'Occident européen en une « civilisation protestante » distincte d'une « civilisation catholique ». Cela est évidemment parfaitement absurde. Certes, l'apparition de la Réforme protestante — d'ailleurs en grande partie justifiée ; mon intention n'est pas de jeter la pierre au protestantisme — et les « guerres de religions » qui en découlèrent au XVIe siècle, vont introduire une ligne de fracture pratiquement mortelle au cœur de la Chrétienté occidentale (32). Mais cette division apparaît au sein même d'un Occident formé depuis plus d'un millénaire, alors que la fracture Orient-Occident est née avant même l'avènement du christianisme, comme nous l'avons vu. Le catholicisme et le protestantisme sont donc deux facettes d'une même civilisation occidentale et, en aucun cas, deux civilisations distinctes. Cette scission religieuse n'en va pas moins sérieusement hypothéquer le projet d'unification de l'Occident autour de Rome.

Et comme si cela ne suffisait pas, dès la fin du XVIIIe siècle, en France, va se développer une nouvelle idée centrifuge (par rapport à l'idée d'unité occidentale), celle de la nation au sens populaire et statonationaliste du terme. Sous la plume des philosophes, la nation, héritage de la Révolution française, révèle l'existence politique du peuple français. Comme dans le cas du protestantisme, il n'est pas dans mon intention de faire le procès de la Révolution et du nationalisme ni de « jeter le bébé avec l'eau du bain », mais il faut bien constater que l'avènement de l'idée de « nation », qui aboutira, au XIXe siècle, à l'explosion des « nationalismes », est un nouveau coup porté à l'unité, de plus en plus improbable, de l'Occident européen. En outre, si elle s'avère « centrifuge » à l'égard de son environnement civilisationnel occidental, l'idée de nation est, par contre, clairement centraliste lorsqu'il s'agit d' « unifier le peuple » à l'intérieur de frontières « nationales » désormais largement sacralisées : de gré ou de force, notamment par l'unification linguistique, la nation et l'État ne doivent faire qu'un autour de l'Hymne national et du Drapeau national. Un État, un Peuple, une Langue. Ce qui restait de l'unité civilisationnelle du vieil Occident chrétien médiéval vole en éclats.

Toutefois, paradoxalement, si le XIXe siècle fut marqué par le morcellement nationaliste généralisé de l'Occident européen, il fut également le siècle de l'apogée de la civilisation occidentale, du fait, notamment, de l'expansion coloniale des diverses nations occidentales dites « européennes ». De fait, toutes les grandes puissances coloniales appartiennent à l'Occident européen et la première d'entre elles est, sans conteste, après le 18 juin 1815 (bataille de Waterloo), l'Angleterre, cœur du puissant Empire britannique et, désormais, première puissance mondiale, notamment du point de vue économique. Le XIXe siècle anglais sera, en outre, le précurseur du XXe siècle américain. L'idée que l'on se fait de l'Occident se transforme pour devenir, sous la direction anglo-saxonne, toujours plus mercantile et surtout plus planétaire, plus « globale ». Cette idée s'oppose à celle, traditionnelle, plus « médiévale », d'un Occident enraciné dans l'ouest de l'Europe.

L'Occident européen sort finalement ruiné des deux conflits mondiaux, que d'aucuns nomment également, non sans raisons, les deux « guerres civiles européennes ». Les nations d'Europe occidentale perdent bientôt leurs colonies et leur influence planétaire au profit des deux nouvelles superpuissances, les États-Unis et l'Union soviétique, sous la domination de laquelle passe une partie de l'Europe de tradition occidentale (Pays baltes et Europe centrale, auxquels il convient d'ajouter la Slovénie et la Croatie intégrées dans la Yougoslavie titiste), l'autre partie tentant, sous un quasi-protectorat américain, d'ébaucher, selon une approche européiste et globaliste, un projet d'unification économique et politique qualifié d' « européen ». Les faiblesses, les limites et les contradictions de ce dernier s'étaleront au grand jour lors de l'effondrement du bloc communiste dans les années 1989-1991, situation que la Communauté européenne, totalement divisée, se révèlera bien incapable de gérer.

En outre, l'on retrouva sous la « cloche à fromage » communiste, des réalités identitaires restées pratiquement intactes. Parmi celles-ci figurait la fracture civilisationnelle Orient-Occident dont, malgré l'éclatement de la guerre croato-serbe de 1991, l'Union européenne, devenue aujourd'hui obèse à force d'engloutir de nouveaux membres, refusera obstinément de tenir compte jusqu'à ce jour, doctrine dévote du « vivre-ensemble » oblige.
Éric Timmermans

(26) Pas plus que les Indiens d'Amérique, les Celtes ne se connaissaient d'appellation générique commune. Ils étaient des Nerviens, Eduens, Arvernes, Bituriges ou Eburons, mais en aucun cas des « Celtes » ou des « Gaulois ». De fait, le nom de « Celtes » leur vient d'une appellation qui leur fut donnée par les Grecs, Keltoï. Quant au terme de Gaulois il signifie la même chose et dérive du latin Galliae, terme générique qui fut donné aux peuples celtiques par les Romains, et plus particulièrement aux Celtes de « Gaule chevelue » (avant sa conquête par Rome), de Gaule narbonnaise (sud de la France actuelle) et de Gaule cisalpine (nord de l'Italie actuelle).

(27) 312 : Les chrétiens ne représenteraient que 4 à 5 % de la population totale de l'Empire. 313 : Édit de Milan : Proclamation de la liberté de culte et restitution aux chrétiens des biens qui leur avaient été confisqués sous Dioclétien. 380 : Édit de Thessalonique : le christianisme devient religion d'État ; promulgation de loi « anti-hérétiques ». 391 (24 février) : Une loi de Théodose interdit l'accès aux temples païens, l'adoration des dieux, de même que la célébration des sacrifices, sous peine de mort.

(28) « Or, si l'on examine en quoi consistait au juste cette Renaissance de la pensée et de l'expression antiques, il apparaît d'abord qu'il ne s'agissait que d'une certaine Antiquité, celle de Périclès pour la Grèce, et pour Rome celle qui s'inspire du siècle de Périclès. Bref, la pensée, l'expression classiques et elles seules : les Romains de César et d'Auguste, non les Étrusques ; le Parthénon, mais non la Crète ou Mycènes ; l'architecture désormais, c'était Vitruve, la sculpture Praxitèle. Nous schématisons, certes, mais pas plus que ceux qui emploient le mot de Renaissance. Or, tout le monde l'emploie. » (Pour en finir avec le Moyen-Âge, Régine Pernoud, Éditions du Seuil, 1977, p. 16). Voir également Les sagesses antiques de Michel Onlay, Grasset & Fasquelle, 2006.

(29) En Sibérie, « dans le sillage du marché des fourrures, les Russes apportèrent leurs maladies, notamment la variole. Les similitudes avec l'expérience des Indiens sont frappantes. En 1778 [ndr : ou 1768 ?], le virus s'abattit sur la côte Pacifique de Sibérie, apparemment pour la première fois. « Nul ne sait combien d'entre eux ont survécu », confessait le gouverneur d'Irkoutsk, la base russe sur le lac Baïkal, car les officiels n'ont manifestement pas osé se rendre dans la zone contaminée. Dix ans plus tard, en 1779, l'expédition du capitaine James Cook, qui faisait le tour du monde, atteignit la longue péninsule du Kamchatka, sur la côte Pacifique. Les Britanniques découvrirent un littoral transformé en cimetière. Partout nous croisions les ruines de grands villages dont ne subsistaient plus que les fondations, déplorait David Samwell, médecin du bord. Les Russes nous informèrent que c'était la variole qui les avait détruits. » (1491, Charles C. Mann, Albin Michel, 2005, p. 127-128)

(30) L'on s'en souvient, au début des années 1990, le gouvernement d'Athènes fit passer une loi statuant que la religion devait être mentionnée sur la carte d'identité des citoyens grecs. Cela pouvait évidemment s'avérer être une source de discrimination mais correspondait à une exigence de l'Église orthodoxe grecque qui usa et abusa notamment de l'argument de la « lutte antisecte » pour justifier la mention de la religion sur les papiers d'identité des citoyens grecs. Cette mention fut toutefois supprimée en 2000, au grand dam de l'Église orthodoxe grecque.

(31) Aujourd'hui encore, une sourde rivalité oppose la deuxième (Constantinople) et la troisième (Moscou) Rome pour la primauté au sein du monde orthodoxe, Constantinople évoquant en quelque sorte son droit d'aînesse et Moscou faisant valoir son poids politique, économique et démographique, la Russie étant, et de loin, le premier des pays orthodoxes.Ainsi peut-on voir, en Ukraine, trois églises orthodoxes tenter de s'assurer le contrôle religieux de ce pays, à savoir le patriarcat de Kiiv (Kiev, en russe), celui de Moscou et celui de Constantinople, toutes trois étant les adversaires acharnées des gréco-catholiques (catholiques de rite byzantin) jugés « papistes ».

(32) De fait, ce n'est pas sa rivalité avec François Ier, ni les guerres incessantes qui opposèrent l'Empire à la France qui eurent raison de la ténacité de Charles-Quint, mais bien les conflits religieux opposant les catholiques aux protestants. Accablé par la maladie et la vieillesse, mais surtout aigri par certains revers politiques et éprouvé par son échec face aux protestants à Augsbourg, Charles-Quint se résigne à abdiquer, le 25 octobre 1555, à Bruxelles, dans la grande salle du palais des ducs de Brabant. Ni l'Empire d'Occident, ni l'Empire carolingien ne renaîtront de leurs cendres. Ledit palais fut détruit par un incendie au XIIIe siècle, mais ses ruines, auxquelles on accède par le « musée de la dynastie », sont encore visibles aujourd'hui dans le sous-sol de la place Royale.


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