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L'homme aux yeux clairs - Blue Blazes Rawden

Par Tepepa
L'homme aux yeux clairs - Blue Blazes Rawden
Blue Blazes Rawden
1918
William S. Hart
Avec: William S. Hart
Le premier mot qui viendrait à l'esprit en voyant cet opus du duo Hart/Ince est "dommage". On tient là un western du Grand Nord qui aurait pu être un authentique bon film, qui a tout juste et tout correque pour emporter l'adhésion du spectateur même biberonné à la 3D, mais qui échoue singulièrement par son scénario curieusement peu ambitieux. Jugeons sur pièce: notre héros violent bourru et impulsif gagne un saloon en tuant son propriétaire véreux à la loyale. Survient la mère du défunt, qui ignorant tout des turpitudes de feu son fils, s'attache alors à notre outcast comme à son propre fils. Hart est donc pris dans les tourments de la culpabilité car il ne peut pas avouer le meurtre à la vieille. Heu oui, et c'est tout ? Tout ça pourrait fonctionner dans un petit court-métrage comme pouvait en faire Broncho Billy (l'intrigue rappelle d'ailleurs Broncho Billy's fatal joke), mais devient plutôt ridicule quand on parle d'un film dont les personnages ont une affectivité si exacerbée qu'ils en viennent à se laisser mourir volontairement dans le grand froid à cause des sentiments d'une vieille qu'ils ne connaissaient pas deux jours plus tôt, alors qu'ils ont l'habitude de tuer du grizzly pour le petit déjeuner. Soyons honnêtes, les tenants et les aboutissants de ce film sont risibles, un peu comme si Roland Emmerich produisait un film catastrophe sur un nid de moineaux en perdition sur la Sèvre en crue.
Dommage alors parce que le tout est impeccablement réalisé. Les 20 premières minutes menant à la mort du fils sont extraordinaires, en commençant par le saloon, immense bâtisse de rondins énormes (le film débute avec Hart abattant un gigantesque séquoia à la hache), lieu aux multiples pièces et étages mêlant les habitants, les clients et la débauche renforcée à grand coup d'intertitres enflammés et déclamatoires. Le duel, forcément truqué envers Hart pour bien montrer que quoique fort rustre, on a quand même affaire à un bon gars, fait remuer la foule et Hart y est sublime, déchainé, presque fou. La scène est quasi anthologique, mais ensuite, l'ennui s'installe, et toutes les fulgurances qui suivront, telle le jeu de Maude George (une actrice qui arrêta le cinéma, devinez quand, avec l'arrivée du parlant) outré comme une caricature du muet , la pendaison subitement interrompue du deuxième fils ou la disparition finale du héros dans la tempête de neige sont totalement désamorcées par l'absence d'enjeu réel. On se console alors en notant la réalisation impeccable, un second rôle de Jack Hoxie et les intertitres qui se foutent de la gueule des franco-canadiens en reproduisant leur accent : "this ees my brothaire".
Bref, comme je le disais: dommage.

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