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The Book Of Eli

Publié le 02 février 2010 par Mg

Le film post-apocalyptique refait surface, et 2009 aura été marqué, entre autres, par Terminator 4 et La Route. Son pendant direct se retrouve donc dans Le Livre d’Eli, road trip désertique avec Denzel Washington et Gary Oldman. Rien n’a été inventé depuis Mad Max, et s’il remporte le combat au box office face à Viggo Mortensen, Eli n’en reste pas moins un film dans la droite lignée du blockbuster américain.

Un homme marche seul dans une immensité désertique. Rien d’original. Nous découvrons donc Denzel Washington, solitaire et barbu, allant vers l’ouest. Toujours l’ouest. En chemin il croise les restes d’une humanité terrassée par une guerre sans doute nucléaire, et vivant depuis trente ans en survie. Les choses vont se compliquer lorsqu’il débarque dans ce qui reste d’une ville moyenne gouvernée par le personnage de Gary Oldman. Tout ceci sur fond biblique, puisque le fameux livre n’est pas une arme extraterrestre, mais bel et bien le dernier exemplaire de la sainte Bible, en possession de Denzel lui-même. Il est très fort Denzel, et ça n’est pas deux ou trois mercenaires pas lavés qui l’effraient. Le Livre d’Eli nous déroule ainsi la course poursuite sur chemin de terre entre les deux protagonistes, et une bande de guerriers du futur déjà vu dans ce genre de films. Pour le reste, vous vous doutez que ça finit bien, mais pas pour tout le monde.

Quelques scènes sont toutefois à retirer du lot global, plutôt décevant, celle d’ouverture notamment et le premier combat sous un pont tout en ombres chinoises. Comme quoi les frères Hugues (From Hell) savent y faire quelquefois! Mais l’ensemble baignant dans une lumière blanchie au maximum, ou presque, noie le spectateur dans une immensité blanche plutôt insupportable. Pour les fans de technique, ruez vous sur The Road, véritable bijou de ce point de vue. The Book Of Eli s’avère plutôt correct pour un film hollywoodien, ne se moquant pas du spectateur. Le spectacle est de qualité, mais hélas trop calibré grand public (scénario, …). Difficile de croire à l’histoire, forcément laissée ouverte pour une éventuelle suite (oui, oui…), lorsque la mignonne Mila Kunis passe de serveuse à guerrière sans peur en moins d’une heure de film, et qu’une plénitude de petits détails sonnent faux dans ce futur à l’arraché. Mais enfin, voilà le genre de films où on essaie de passer outre pour savourer la délicieuse action du film, celle d’un Denzel Washington avec son grand couteau et sa manière d’éviter les balles. Dans ce grand bain, Gary Oldman est bouffi et Michael Gambon s’amuse comme un petit fou dans un mini rôle tout à fait jouissif.

Bref, The Book of Eli est évidemment un divertissement à l’américaine, grosse machine qui s’essaie au film d’auteur, sans en avoir le talent. Et lorsqu’on pose de mauvais filtres sur sa caméra pour « faire comme », ça donne une fausse réussite. Dommage, ça marche plutôt bien jusqu’au dernier quart d’heure insupportable (surtout pour la coiffure de Malcolm McDowell) et on ne parle même pas du charabia chrétien assez indigent qui entoure le tout. Même Tom Waits s’y perd…


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