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Les cadeaux d'Hélène

Publié le 02 février 2010 par Didier54 @Partages
Le rite était immuable. Noël, c'était dans la famille de maman. Nouvel an dans cette de papa. On se retrouvait chaque premier janvier chez la Mamy. Ils étaient tous là, endimanchés. Je retrouvais mes cousins. L'après-midi, nous allions au cinéma. Mais avant cela, et après l'épreuve du bonne année bonne santé, il y avait... les cadeaux ! La veille, je me demandais ce que j'allais recevoir. Des paquets s'entassaient dans la maison trop petite et soudain trop remplie. Ca parlait fort, ça souriait, ça atomisait du papier, ça s'exclamait. Souvent, il y avait des livres et des enveloppes, avec un billet dedans. Et puis il y avait les cadeaux d'Hélène. Mon cousin Frédéric et moi, c'était toujours celui que nous ouvrions en dernier. Celui qu'on gardait pour la bonne bouche. Les autres, on en expédiait la découverte, on avait souvent le sourire poli de ceux qui ne s'attendant à pas grand chose de cet oncle ou de cette tante-là n'éprouvaient pas la moindre déception. Les sourcils affichaient parfois des points d'interrogation, ces adultes avaient parfois de drôles d'idées !
Les cadeaux d'Hélène, c'était complètement autre chose. Ils se méritaient, ceux-là. Ils étaient toujours surprenants. Il ne payaient pas de mine. C'étaient emballé dans des touts petits paquets. Mais sûrement qu'on mettait plus de temps à les ouvrir, ceux-là, que les autres, parfois plus imposants. Nous ne le savions pas à l'époque mais sentions bien que l'habit ne fait pas le moine.
Hélène, c'était ma tante. La soeur de mon père. La un peu fofolle de la bande. Son rire et ses sourires ne tonitruaient pas : ils irradiaient. Hélène, c'était la fauchée de service. Pas une thune. Elle était du genre à tout dépenser. Et à ne pas faire ses comptes. Elle était du genre à se marrer de la situation et à survoler les regards réalistes alentours.
Ses cadeaux étaient toujours surprenants. Ils étaient réfléchis, choisis et ne coûtaient pas bien cher. Mais ils portaient en eux quelque chose que les autres cadeaux n'avaient pas. Ils avaient la valeur du coeur, des yeux, du temps. Parfois, elle les fabriquait, n'ayant plus un centime.
Car elle en passait du temps à faire ses cadeaux. A y réfléchir. A les emballer. A les donner. Elle était aussi était la seule des "grands" à venir nous voir ouvrir les paquets. A sourire d'avance. A chercher nos regards. A trouver nos sourires. A échanger quelques mots.
Les gamins que nous étions ne nous y trompions pas. Ils avaient de la valeur, ces cadeaux. Une valeur inestimable.

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