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Considération 1 : Le mirage du tout gratuit (ou presque) ou de l’appel à la bonté de la communauté : conséquence sur la traduction et dérive

Publié le 14 février 2010 par Tradonline

Petite série de considérations centrées sur la question de la valorisation du métier de la traduction, des tarifs pratiqués aujourd'hui sur le marché de la traduction et de la valeur perçue.

Des échanges récents avec certains clients ou prospects nous invitent à jeter quelques idées et considérations en pâture.

Aujourd'hui, la diffusion d'ouvrages et de réflexions nombreuses sur l'avènement du "tout" gratuit (je pense notamment à "FREE" de Chris Roberson), la réussite de certains modèles économiques basés sur ce type d'approche et l'appel sans fin "à la gentillesse" de la communauté pour, ça et là, participer/contribuer gratuitement à des tâches productives ont un effet perverse dans de nombreux secteurs,  notamment consommateurs de "main d'oeuvre".

Dans le cas précis du secteur de la traduction, une particularité supplémentaire : des efforts et progrès indéniables centrés sur la traduction automatique (avec Google notamment mais pas seulement) mais accompagnés d'une communication si intense et parfois si réductrice/simplificatrice vantant une pertinence trompeuse et une capacité à quasi tout faire qui induit en erreur nombres de personnes et professionnels ayant un besoin à un moment ou un autre de traductions.

Toujours sur notre secteur, les exemples de Facebook, Netvibes, et beaucoup d'autres qui ont demandé à leurs "fans" de participer à la traduction de l'interface . Avec toutefois des nuances à noter : dans certains cas, comme pour TED et Global Voices par exemple, il s'agit de dons de compétences de la part des traducteurs, pour une organisation sans but lucratif. De plus, dans le cas de TED, les traducteurs sont remerciés par l'affichage de leurs noms devant chaque vidéo traduite, par l'invitation au visionnage privé en streaming de l'évènement TED 2010, etc.

Voilà ce qui est dans l'air et ce qui alimente en continu les esprits.

Se rajoute un élément qui incombe malheureusement totalement à la profession (notamment en France) qui n'a jamais su accorder ses violons et avancer dans le même direction (je parle de la SFT et de la CNET, voire de la Guilde Européenne des traducteur ) : l'absence d'efforts concertés et visibles/communiqués sur la valorisation du métier de "traducteur" avec toutes ses composantes est un drame pour la profession. Il est incroyable qu'aujourd'hui, alors que l'abolition des frontières en termes de business est un fait et que le dialogue et la communication sont au coeur de la réussite commerciale des entreprises, l'accent n'ait pas été mis sur la noblesse de ce métier de traducteur et  sur l'importance critique de ce jalon dans tous les projets et la réussite des entreprises se risquant à l'export.

Combien de temps passent les responsables communication ou marketing et les chefs de produits (et pour quel montant) à bâtir leurs documents en français, à choisir les mots qui vont toucher leurs cibles, rassurer leurs prospects, faire en sorte que leurs discours "collent" aux lecteurs…..et à l'inverse, combien de temps et d'argent concèdent-ils pour la traduction/adaptation de ces mêmes documents ? (avec le risque que ce dernier jalon réduise à néant tous les efforts initiaux….).

Note : Il est intéressant toutefois de noter que la compétence "interprétariat" me semble encore avoir gardée toutes ses lettres de noblesse…attention toutefois à la dernière annonce de Google et aux conséquences sur les mentalités et représentations associées à ce métier.

Voici donc un point rapide sur le contexte. Le prochain billet traitera de la question des tarifs.

Prochain épisode : Quelques repères en termes de tarifs, salaires ou CA d'un traducteur, productivité, etc…


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