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[Critique] The ghost writer

Par Gicquel

«  The ghost writer » de Roman Polanski

Vu au cinéma

Un ferry, une île, la paranoïa, le passé. Il est troublant de remarquer ces quelques similitudes de scénario  entre un film très décevant ( « Shutter Island » , lire ci-dessous ) et ce petit bijou de cinéma que vient de nous concocter Roman Polanski.

[Critique] The ghost writer
S’inspirant de l’œuvre de Robert Harris (II) , «  Les hommes de l’ombre » le cinéaste nous donne à voir à la fois un excellent divertissement, un thriller haletant et un film d’une grandeur d’âme et de cœur qui le situe parmi ses plus belles réalisations.

Le fond ( la manipulation du pouvoir ) et la forme ( une mise en scène accordée à une écriture savoureuse ) se conjuguent ici au plus que présent de la réussite.

Celle qui  accompagne ce jeune écrivain à qui l’on propose pour une somme mirobolante de terminer les mémoires d’un ancien premier ministre. Ewan McGregor, dans le rôle titre est magnifique, d’une sobriété à l’égale de son talent . Plus étonnant Pierce Brosnan, ( ex James Bond ) tire également très bien sa révérence à l’égard de sa majesté. Un roublard de service ad hoc , qui  semble se méfier de ce jeunot d’écrivain, remplaçant  son ami, mort  noyé dans des circonstances un peu bizarres.  Et si c’était la seule étrangeté dans cette affaire , il n’y aurait pas de film.

Car Roman Polanski promène sa caméra dans les coins et recoins de l’Histoire  très récente, et de la belle maison où s’est retranché le politicien. Il y déniche quelques secrets autant révélés par de rapides coups d’œil (une caméra  toujours au bon endroit) , que par des dialogues joliment ciselés,  dont l’ironie mordante le partage parfois à un humour très discret. Personnellement j’ai beaucoup souri à certaines répliques , qui en dehors de la légèreté ,flirtaient avec une pertinence absolue .

[Critique] The ghost writer

Ainsi l’histoire avance et en demeurant toujours sur le fil du rasoir , on ne s’y perd jamais . Malgré des décors parfois un peu lugubre quand au bout de nulle part , sur une lande déserte ,la mer et la tempête accordent leur même désespérance. Un vieil homme vit retranché non loin de là  et s’étonne lui aussi de l’étrange noyade . Dans une maison voisine, une femme dit connaître le secret, mais depuis une chute dans l’escalier, son sommeil est profond.

[Critique] The ghost writer

L'assistante du président, très méfiante ...

Si  les règles sont ainsi  rapidement instaurées ( le rôle  du «  nègre » devenu confident, les tractations en sous sol,  … ) les codes ne tiennent pas en place . Il y a trop de passerelles, de raccords labyrinthiques, et d’ouvertures possibles pour tenir tout le monde à sa place .

Et surtout les femmes qui d’un regard un peu trop appuyé peuvent changer la face du monde : Kim Cattrall , assistante du premier ministre , marquée à la culotte ( !!! ) par son épouse , une remarquable comédienne en la personne d’ Olivia Williams dont la froideur et la distance cachent bien quelque chose .

Le jeu du chat et de la souris, avec beaucoup de chats et beaucoup de souris , diaboliquement orchestré par un homme qui ignorait bien évidemment que l’actualité allait rattraper sa propre imagination.Et si vous ne l’aviez pas reconnu dans ces lignes le premier ministre en question à bien existé .

[Critique] The ghost writer

Ca vous rappelle bien quelque chose ...

Il vit toujours quelque part en Angleterre  traqué par les fantômes d’une guerre qui lui doit beaucoup. Avec la collusion d’autres puissants made in USA, des marchands d’armes et des services secrets qui  flinguent les écrivains qui savent lire entre les lignes. C’est aussi ça l’histoire de «  The ghost writer » et certainement encore bien d’autres choses . A  voir et à revoir .


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