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François Pérol, un salaire pas très populaire

Publié le 08 mars 2010 par Hmoreigne

Décidément, les banquiers ont choisi de nous faire boire le calice jusqu’à la lie. Le site Médiapart révèle que François Pérol, président de Banque Populaire-Caisse d’Epargne (BPCE ) pourra, par le truchement de primes, compter sur le triplement de son salaire. Il se voit également octroyer une indemnité de 60 000 € pour frais de réception. Les conditions du parachutage du secrétaire général adjoint de l’Elysée à la tête du nouvel ensemble bancaire créé en juillet dernier avait déjà suscité une large polémique .

Servir ou se servir. François Pérol vient de tomber le masque. Celui derrière lequel il s’était présenté devant la commission des finances de l’assemblée nationale, en mars 2009. L’ex conseiller de Nicolas Sarkozy avait alors adopté profil bas, présentant son OPA sur les banques populaires et les caisses d’épargne, comme une action menée au nom de l’intérêt général. En gage, de son sens du sacrifice, il avait déclaré se contenter d’une rémunération modeste au regard de celles perçues par ses autres collègues de la place.

Si les paroles s’envolent, les écrits restent. Laurent Mauduit est allé rechercher dans leverbatim de la commission du 25 mars 2009 les propos alors tenu par François Pérol. Ils sont explicites.«J’ai demandé que ma rémunération soit égale à celle de mon prédécesseur, soit 550.000 euros bruts annuels, et partagée entre les deux groupes. J’ai demandé aussi qu’elle ne comporte pas de part variable au titre de l’année 2009.»

Il suffisait d’attendre. Le temps effaçant les mémoires, François Pérol, à bonne école avec Nicolas Sarkozy, vient donc de réussir le tour de force de faire tripler son salaire par le conseil de surveillance de la banque BPCE, qui s’est tenu 24 février 2010. François Pérol, pourra percevoir en 2011 au titre des résultats 2010 une rémunération variable correspondant à un maximum de 200% de son salaire fixe, selon des critères qui seront déterminés par la BPCE le 7 avril.

BPCE né seulement en juillet dernier est de loin le groupe français à avoir le plus bénéficié des apports de l’Etat, qui se sont montés à 7,1 milliards d’euros. A ce jour, il est le seul établissement français à ne pas avoir encore intégralement remboursé ces apports de l’Etat.

Alors qu’en public, Nicolas Sarkozy fustige les parts variables dans les rémunérations notamment du secteur financier, son ancien conseiller qui faisait figure de M. économie à l’Elysée, a choisi ce biais pour mettre un peu de beurre dans ses épinards. Laurent Mauduit explique le mécanisme. Si, pour 2010, la rémunération fixe est maintenue à 550.000 euros annuels, en fixant la part variable au maximum à 200% de la part fixe, le président du directoire de la BPCE devrait empocher 1,1 million d’euros.

Une sacrée carotte. Le journaliste de Médiapart explique que cette prime censée être aléatoire et destinée à motiver le gestionnaire est en fait quasi garantie. Par un jeu mécanique de simples reprises de provisions, les objectifs financiers fixés sont assurés d’être atteints.

Et, comme un bonheur n’arrive jamais seul, François Pérol pourra fêter avec ses amis son nouveau standing financier. Dans sa grande générosité, le conseil d’administration de la BPCE a également décidé de verser à l’intéressé une indemnité de 60.000 euros pour frais de réception et de représentation. Rarement, banque “Populaire” n’aura aussi mal porté son nom.

Affaire Pérol: l’édito vidéo de Mediapart
envoyé par Mediapart. - Regardez les dernières vidéos d’actu.


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