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Fleur du désert, le film choc sur l'excision

Par Loreline123

Fleur du désert, de Walis Dirie

L'histoire de Waris Dirie, top model d’origine somalienne, est aussi rocambolesque que celle d’un film. A 13 ans, elle s’enfuit du camp nomade ou elle vit avec sa famille pour échapper à un mariage forcé par son père avec un homme de 60 ans. Elle se réfugie alors chez son oncle en Angleterre, nouvellement nommé ambassadeur de la Somalie à Londres et qui l’emploie comme domestique. 4 ans plus tard, lorsque le mandat de son oncle expire, elle tente le mannequinat. Elle se fait repérer par le photographe Terence Donovan et entame alors une carrière de Top Model internationale. Cependant, depuis l’âge de 5 ans, une mutilation sexuelle la fait terriblement souffrir. C’est sûrement ce qui la pousse à écrire son livre choc sur l’excision "Fleur du désert", qui crée la polémique autour d’un sujet aujourd’hui encore trop tabou. Elle livre ainsi un témoignage poignant sur les souffrances endurées par les jeunes filles en Afrique et met en lumière ces pratiques injustifiables. Suite à ce livre, elle devient ambassadrice de l’ONU chargée des questions de mutilations sexuelles pendant plusieurs années. Le 12 juillet 2007, Waris Dirie reçoit la légion d’honneur pour son travail humanitaire et ce mercredi sort « fleur du désert », film d’après son roman du même titre paru en 1998.

Fleur du désert

Sexe

L’excision consiste en l’ablation d’une partie du sexe féminin. C’est en général le clitoris, qui est considéré comme une imperfection de la création divine, un résidu masculin devant être ôté pour que la femme soit finie. Cette pratique surtout répandue en Afrique Subsaharienne (28 pays recensés), en Asie du Sud Est et au Proche Orient est terrible : par un bout de chair coupé, on enlève à la femme sa propension à ressentir du plaisir. De plus, cette ablation est souvent réalisée sans anesthésie, au couteau ou avec un bout de pierre coupante. La douleur est horrible et les conditions d’hygiène tellement insuffisantes qu’elles entraînent parfois la mort de la fillette des suites d’une infection. Au-delà de l’aspect psychologique, où la femme associe son sexe à la douleur et voit donc son identité féminine très largement perturbée, les risques de développer des kystes, abcès, infections urinaires sont multipliés. Les relations sexuelles sont souvent très douloureuses et les risques de mourir en couche par la suite sont augmentés.

Mensonges

Finalement les raisons esthétiques et hygiéniques invoquées sont de purs mensonges. La vérité est bien plus rude et révélatrice quant au statut de la femme dans ces sociétés, où l’excision est surtout un moyen de préserver la virginité (considérée comme un idéal féminin au mariage, une protection contre le désir féminin (considéré comme malsain par les partisans de l’excision ou non contrôlable en cas d'absence d'excision), et pire que tout une pratique permettant l’amélioration du plaisir sexuel masculin (par le rétrécissement du vagin ou de l’orifice vaginal). La femme se résume donc à un objet pour le plaisir de l’homme. Autrement dit une vulgaire poupée gonflable que l’on modèlerait à sa guise ! La psychanalyste Marie Bonaparte écrit avec une grande justesse : « Les hommes se sentent menacés par ce qui aurait une apparence phallique chez la femme, c'est pourquoi ils insistent pour que le clitoris soit enlevé ».

Trahison

De la part des mères qui font subir à leur fille ce qu’elles ont dû subir alors qu’elles savent très bien les souffrances qui en découlent. Elles se laissent influencer par le clan, les us et coutumes, la tradition au lieu d’avoir la force de s’y opposer. Dans de nombreux cas, on constate en effet que ce sont les mères qui participent activement aux mutilations de leur(s) fille(s) dans le but d’améliorer leurs chances de faire un «bon» mariage. Il faut savoir que l'excision est illégale dans la plupart des pays du monde, au nom du respect des Droits de l'homme, de la personne humaine et de la protection de l’enfance notamment. Ainsi, un peu partout en Europe, des coupables d’excision sont régulièrement envoyés en prison par les tribunaux. Mais malgré cela de nombreux pays sont encore touchés. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre en lumière ces pratiques, et le film de Waris Dirie le fait d’une formidable manière.

Pour aller plus loinmutilation_genitale_feminine, articles sur l'excision ici, ici, et .

Excision 


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