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Discrimination et obésité : Valérie Boyer veut légiférer

Publié le 08 mars 2010 par Obobs

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La décision récente d’Air France dont nous nous étions fait l’écho sur l’Obobs a entraîné une vague de critiques légitimes. Vouloir faire payer à une personne obèse ou de forte corpulence le prix de deux billets d'avion s’avère à l’évidence totalement inadmissible économiquement parlant mais cet état de fait favorise la discrimination.

De fait, Valérie Boyer, député des Bouches du Rhône souhaite qu’une loi soit votée interdisant formellement de surtaxer une personne de forte corpulence achetant un billet d'avion.

L’exposé des motifs mis en avant font état de la modification de la corpulence moyenne : les enquêtes montrent qu’en 2009, 14,5 % de la population adulte française sont obèse (soit 6,5 millions de Français) et 31,9 % sont en surpoids. En 12 ans, la part des Français obèses a augmenté de 70 %, et chaque tranche d’âge a grossi en moyenne de 3 kilogrammes. Le tour de taille moyen des français a augmenté de 4,7 cm. Il passe de 85,2 cm en 1997 à 89,9 cm en 2009.

Dès lors, les compagnies aériennes doivent s’adapter à cette réalité qui est tout sauf économique, mais sanitaire, dans l’aménagement des cabines. En France, de nombreuses compagnies de transport en commun adaptent la taille des sièges au gabarit des populations, la SNCF et la RATP notamment. Il est troublant, voire aberrant de voir que les compagnies aériennes, à ce jour, n’ont rien changé. Par exemple, en 2008, une compagnie aérienne et un voyagiste français ont solidairement été condamnés à acquitter 8 000 euros d’amende pour avoir contraint un passager à acheter un second billet. Il apparaît donc inacceptable qu’Air France ou toute autre compagnie aérienne souhaite faire payer 75 % du prix d’un second billet à leurs passagers obèses, sachant que ceux-ci seront de plus en plus nombreux dans les avions, si l’on en croit les courbes de la prévalence de l’obésité en France et dans le monde.

La proposition de Loi de Valérie Boyer est donc très claire :

« Après l’article L. 322‑3 du code de l’aviation civile, il est ajouté un article ainsi rédigé : ‘Aucun supplément de prix, même pour l’acquisition d’une seconde place à prix réduit, ne peut être exigé au motif du poids ou de la corpulence d’un passager.’ »

Ce simple texte à la portée sociale, économique, morale, évidente montre à quel point les compagnies aériennes devront d’adapter aux réalités sociales et médicales.

Gageons que le message soit entendu et la loi votée pour que ce type de discrimination et de vexation ne devienne pas systématique.


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