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Londonistan : quand la démocratie et la liberté d’expression sont « des idoles à immoler »

Publié le 11 mars 2010 par Anomalie
Be-prepared-for-the-real-holocaust.jpg Nouveau Monde Info, depuis sa création il y a maintenant deux ans, n’a jamais pu être pris en défaut dans sa dénonciation opiniâtre de l’islamisme. Nous sommes pourtant considérés comme de dangereux collabos par des petits soldats obsessionnels qui se rejouent la Reconquista dans leur salon en salivant devant Fitna – le petit clip publicitaire par lequel Geert Wilders espère contracter un bail de quatre ans au pays du gouda – et comme des fascistes en puissance par des bobos peace and love qui s’extasient comme des enfants devant le droit à la différence et le multiculturalisme. Il est vrai que notre positionnement atypique dérange les boutefeux de la droite néoconservatrice et de la nouvelle droite identitaire. Il est vrai aussi qu’il dérange les bonnes consciences de gauche qui tremblent comme des feuilles à l’idée de stigmatiser l’islam. Et nous ne parlons même pas des gauchistes orphelins du Grand Soir, qui ont finalement goûté à l’opium du peuple et troqué la logomachie socialiste pour une mystique révolutionnaire islamique, nouveau fer de lance de l’anti-impérialisme. Il est vrai encore que notre répulsion viscérale à se jeter dans les bras de la droite nationale, son racisme culturel et sa médiocrité rance, provoque des syncopes chez ses thuriféraires qui voudraient, pour faire pièce à la poussée du communautarisme hallal, s’enfermer dans les mêmes méthodes radicales que leurs ennemis dont ils sont les inconscients miroirs inversés. Il est vrai enfin que nous ne communions pas dans les pleurnicheries ringardes des apologistes du redressement national, en lutte permanente contre la dictature du politiquement correct qui bâillonne le « pays réel ». Nous leur laissons volontiers les vieux remugles de la presse nationale des années 30. Nous leur laissons volontiers les simplismes de comptoir qu’ils pourront déposer à la charcuterie du coin et que des clients peu regardants prendront pour des considérations politiques pleines de bon sens. Nous laissons les hyènes ricaner et s’étrangler : la caravane passera !

affiche-FN.jpgPourquoi ce préambule ? Parce que la mode est au repli identitaire. Repli sur un communautarisme organisé autour du socle du coran d’un côté ; repli xénophobe et islamophobe autour d’une seconde Révolution Nationale de l’autre. Le terme même d’islamophobie est d’ailleurs impropre ; c’est un double piège conçu à la fois par les islamistes pour interdire et criminaliser toute dénonciation de l’islam, et par les identitaires pour étouffer dans l’œuf toute critique de racisme culturel à leur égard. Le terme est impropre car du strict point de vue sémantique, Nouveau Monde Info est islamophobe, c’est-à-dire que nous récusons tout particularisme religieux en général, et islamique en particulier, dans la conduite des affaires publiques, et nous considérons l’islam politique comme une absolue et définitive contradiction avec une société libérale des Lumières. Un musulman nous trouvera toujours en travers de sa route s’il travaille les sociétés pour établir une morale religieuse devant devenir la base du contrat social ; mais un musulman nous trouvera toujours à ses côtés pour défendre la libre pratique de sa foi contre ceux qui jouent sur les peurs irrationnelles de l’Autre. En cela les identitaires ne sont pas islamophobes : le concept ne leur sert qu’à masquer leur haine de tout ce qui n’est pas culturellement indigène. Derrière la dénonciation apparente de l’islam en tant que religion et système politique point très vite une méfiance épidermique dirigée non plus contre un système mais contre des personnes, même si, bien entendu, ils s’en défendent ! Il suffit pourtant de les lire pour s’apercevoir que le vernis craque à la moindre affaire de mœurs impliquant un musulman. Un viol est commis ? Si le violeur s’appelle Mustafa, il est immédiatement et obsessionnellement renvoyé et réduit à son identité confessionnelle, comme si elle devait expliquer le crime. Marc Dutroux est un pédophile. Mustafa, lui, est un musulman pédophile. C’est bien la dialectique antisémite qui refait surface : le Juif, comme le musulman, est coupable par essence. Les identitaires voient derrière chaque musulman, fût-il l’épicier du quartier, un djihadiste potentiel puisqu’il est déclaré porteur de violence coranique. Les identitaires reprennent ainsi, sans même s’en rendre compte, la logomachie des islamistes, pour lesquels il n’est de bon musulman que celui qui suit la voie salafiste. Ils reprennent également toutes les immondices patriotiques du parti des nationaux des années 30. Dans les textes de l’extrême droite et des identitaires, il suffit de remplacer « musulman » par « juif » pour se retrouver avec un plagiat édifiant de Je suis partout, qui faisait du Front Populaire et du « Juif Blum » les symboles de l’infamie, de la souillure et de l’avilissement d’une France décadente. Tout y est : la cinquième colonne œuvrant dans l’ombre à un complot anti-national, l’incompatibilité atavique entre les étrangers et le vrai peuple, l’amour mystique d’une patrie purifiée de ses éléments exogènes. Et voilà comment l’islamophobie se transfigure en xénophobie et en racisme culturel.

identitaires-affiches.jpg Pourtant le lobby intégriste musulman existe en France. Nul ne le conteste. Très puissant, bien ramifié, il tente de faire reculer les lignes de la laïcité pour adapter les lois séculières à son particularisme religieux. Mais les wahhabites, les salafistes, les djihadistes, les illuminés qui regardent le monde en termes de terre de conquête et de terre d’islam, ne sont qu’une poignée. Mais leur délire est sacralisé par les identitaires, qui en font la voix officielle de l’islam et la partie immergée de l’iceberg, celle d’une invasion islamique planifiée et coordonnée dont la finalité est la substitution de population et de civilisation. Cinq millions de musulmans vivant en France deviennent ainsi les complices objectifs des islamistes et les moudjahiddin de demain. Ce qui leur permet d’amalgamer dans un fatras vertigineux immigration, criminalité, islam, pauvreté, violence. Et ça plaît, à la charcuterie du coin – qui vend encore du porc, mais pour combien de temps, n’est-ce pas, ma pauvre Lucette ? La France, pourtant, est loin d’être la plus mal lotie. Grâce à une double digue qui fonde sa spécificité : le creuset républicain et la laïcité. Des dirigeants irresponsables, de droite comme de gauche, par calcul électoraliste ou fascination pour le modèle multiculturaliste, ont volontairement laissé des brèches se former sur ces digues. Ici un Quick hallal, là des créneaux horaires réservés aux femmes voilées dans les piscines. Ici des prières sur la voie publique, là des cantines certifiées AOC – Aliments d’Origine Coranique. Que ces brèches se creusent, et alors le flot du particularisme religieux s’y engouffrera. Il est donc absolument nécessaire – Warning-Muslims.jpg et suffisant – d’être ferme et intransigeant sur la défense de ces deux principes qui ne doivent souffrir aucune exception. Nul besoin de faire des danses du ventre devant la Bête Immonde ou des moulinets sur le fantasme du musulman avançant « taqiyé », un couteau entre les dents, pour détrousser Marianne.

L’histoire et la culture de certains Etats européens les ont, en revanche, portés vers d’autres paradigmes. Les Pays-Bas, par exemple, et surtout le Royaume-Uni, n’en finissent plus de payer la facture d’un choix de société où, à l’assimilationnisme républicain et à la laïcité, ont été préférés le communautarisme et le multiculturalisme. On a beaucoup parlé du Londonistan, foyer occidental du salafisme et du djihadisme. Au nom d’une tolérance biaisée, les ennemis de la démocratie y avancent armés de leur foi. La loi coranique se juxtapose déjà aux lois votées par le Parlement ; le droit islamique se juxtapose déjà aux tribunaux civils. Des milices religieuses de promotion de la Vertu et de répression du Vice se juxtaposent déjà, dans certains quartiers, à la police de l’Etat. Juxtaposition, en attendant, dans les rêves fous des salafistes, substitution. Ce rêve est porté par une organisation phare du Londonistan, Islam4UK, dirigée par l’imam fanatique Omar Bakri et désormais formellement représentée par Anjem Choudary, citoyen britannique d’origine pakistanaise. Pour situer l’environnement dans lequel évolue l’islamisme londonien, Agnes Wickfield, correspondante permanente à Londres pour Causeur, dresse, dans un article mis en ligne le 10 mars dernier, un portrait impitoyable du Londonistan dont nous proposons une adaptation. L’article original est consultable ici.

behead_those_who_insult_islam_london.jpg Il est temps de traverser la Manche et d’aller voir de plus près le pays où tout est possible, de la burqa à la charia. Où les trois petits cochons de la fable ont été remplacés dans les écoles par les trois petits chiens pour ne pas froisser les convictions des enfants. Où des chauffeurs de bus musulmans stoppent soudain le véhicule, font sortir les usagers médusés, déroulent le tapis de prière et s’agenouillent dans l’allée en direction de la Mecque. Où des policières arborent le hidjab et des juges prêtent serment sur le Coran. Tout avait pourtant si bien commencé. En tirant un trait sur l’empire britannique sur lequel le soleil ne se couchait jamais, les petits-enfants des colonisateurs avaient, pour se faire pardonner quelques siècles d’impérialisme, décidé de donner le statut de citoyen du Royaume-Uni à toute personne née sur l’île ou dans une de ses colonies (British National Act, 1948), assorti d’une égalité de traitement stricte en termes de droit de vote et de sécurité sociale. Ce que la France ne fit jamais pour l’Algérie, par exemple. Mais aussi d’un respect inconditionnel de « la diversité culturelle couplée à l’égalité des chances, dans une atmosphère de tolérance mutuelle », comme l’affirmait Roy Jenkins, secrétaire du Home office, c’est-à-dire le ministère de l’intérieur, en 1966. Ce qui revenait de fait à accepter sans condition toutes les normes et traditions religieuses, culturelles et sociales. Un très large consensus politique avait vite donné à cette position officielle digne d’un président de la SA Bisounours une assise durable dans la société britannique, louée partout pour sa tolérance et la paix sociale qu’elle garantissait.

Les conflits internationaux qui ne manquèrent pas de venir frapper à la porte semblaient comme anesthésiés en passant la Manche. Les attentats du 11 septembre ? Omar Bakri put accoler aux terroristes les épithètes particulièrement bien choisies de « magnifiques ». L’intervention britannique en Irak ? Tony Blair autorisa de façon concomitante l’ouverture d’écoles coraniques. Les caricatures du prophète ? Aucune intervention policière ne vint interdire les calicots appelant au meurtre et les drapeaux danois brûlés. Inutile de préciser que dans ce contexte, les attentats du 7/7 (2005) ont fait l’effet d’un réveil brutal, voire d’une… bombe. Contrairement au 11 septembre, ils sont le fait de citoyens tout à fait britanniques. Dans la foulée, une série de sondages accablants est venue confirmer que le multiculturalisme avait sacrément du plomb dans l’aile. La moitié des musulmans ne se sentait pas britannique. 81% se déclaraient d’abord musulmans. 40% réclamaient l’établissement de la charia là où ils étaient majoritaires. 20% cautionnaient les attentats du 11 septembre. 32% estimaient qu’ils devaient mettre fin à la société occidentale et 7% souhaitaient carrément l’éliminer par la violence. Vous avez dit société multiculturelle ? Les attentats de Londres ont mis à jour une société gangrenée par 60.000 délits racistes par an et des communautés séparées, figées par la haine, prêtes à s’entretuer comme à Birmingham en octobre 2005.

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À force de considérer les différences comme essentielles et valorisantes au détriment de ce qui unit par-delà la race ou la foi, on a fait du droit à ces différences (multiculturalisme) un devoir d’appartenance à une identité (communautarisme). L’individu se définit d’abord en fonction de son groupe, de sa tribu. L’intégration ne s’est pas faite via la culture britannique, mais via les différences culturelles et religieuses propres à chacune des composantes de la société. Or, on ne bâtit pas une société sans un minimum de culture commune et une mémoire partagée. Plus grave, en conférant aux dignitaires religieux cooptés par l’establishment politique le statut d’interlocuteurs privilégiés, les éventuelles affiliations politiques, sociales ou économiques se sont progressivement effacées. Les groupes se définissent avant tout par leur religion. Dont les principes s’imposent. Voile à l’école pour les élèves et les profs, dans les entreprises et les administrations, cantines hallal, 85 tribunaux appliquant la charia… Les enseignantes en burqa et les femmes tenues en laisse dans les rues de Londres n’ont plus vraiment la cote. Le politiquement correct britannique a beau être le plus résistant du monde, il s’érode quand, crise oblige, communautarisme exacerbé et immigration massive finissent par faire le lit du BNP (British National Party). Un quart des électeurs, en particulier des blancs pauvres qui vivent de l’aide sociale, disent avoir envisagé de le soutenir. Voilà qui nous rappellera quelques souvenirs pas si anciens. Les délits racistes augmentent, la paranoïa et le repli identitaire s’accentuent.

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Comment s’étonner que sur ce terreau fertile, l’engrais djihadiste répandu à profusion dans le Londonistan produise de si beaux fruits ? La restauration du califat, régi par la charia, auquel devra s’intégrer à terme l’ensemble des terres où l’islam n’est pas encore majoritaire, est le thème transversal qui unit la mouvance salafiste, d’Al Qaeda à Anjem Choudary. C’est un document rare que nous propose le site MEMRI, et que nous présentons à notre tour sur Nouveau Monde Info : la vidéo de l’interview de Anjem Choudary par la journaliste vedette Lauren Booth, belle-sœur de Tony Blair, obligée – par « respect » pour la « culture » de son invité – de se voiler pour l’occasion. Le contenu – en anglais – est terrifiant et se passe de commentaire ; nous transcrivons néanmoins en français les passages les plus marquants de l’interview.

« Nos principaux objectifs sont d’inviter les sociétés dans lesquelles nous vivons à penser l’islam comme mode de vie alternatif, pour finalement instaurer la charia au niveau de l’État qui sera gouverné par le système du califat [...] L’une de nos campagnes [sur notre site internet] incite les Britanniques à adopter la charia ; nous voulons leur montrer à quoi pourrait ressembler la Grande-Bretagne si la charia y était appliquée. Par exemple, sous le califat, il n’y aurait plus de système monarchique. Alors Buckingham Palace ne serait certainement pas la demeure du souverain qui existe encore à ce jour, celle de la Reine Elizabeth II. Nous avons proposé une alternative, pas nécessairement gravée dans la pierre, mais qui serait de le transformer en mosquée. En outre, il n’y aurait plus d’idolâtrie en islam. Même la Colonne de Nelson n’existerait plus, et nous proposerions en échange, par exemple, une place où les gens pourraient prier. Mais tous ces exemples ne sont qu’une infime partie de ce que nous pourrions proposer afin que les Britanniques puissent penser la charia comme alternative aux lois humaines. L’autre partie serait de s’engager dans une discussion publique sur le futur de la race humaine. Je crois, et en tant que musulmans, nous croyons, qu’il y a aujourd’hui un conflit entre deux civilisations. L’une des civilisations est basée sur l’homme qui croit que l’homme est souverain, ce qui lui donne le droit de légiférer pour d’autres êtres humains, alors que l’autre civilisation croit que la souveraineté et la suprématie reviennent à Dieu. Les hommes, par le passé, vénéraient les idoles qu’ils fabriquaient de leurs propres mains. Aujourd’hui, les hommes adorent des idoles plus intellectuelles comme la démocratie, le libéralisme et ainsi de suite. Donc, ces choses doivent être détruites aussi, et remplacées par la vénération et l’obéissance à Allah.


[...]


Je ne crois pas au concept de « liberté d’expression ». Je ne crois pas à la démocratie. Je ne crois pas à la sécularité ou au libéralisme. Je crois que ce sont des idoles que les gens vénèrent aujourd’hui qui les éloignent de l’adoration de notre seigneur, Allah.




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Mais mettons de côté l’islam et la charia et parlons un instant de ce que nous désirons. Nous voulons un système qui pourvoirait aux besoins les plus élémentaires des gens. Le gaz, l’électricité, l’eau... Tout serait gratuit, parce que ces ressources existent et que le Prophète a dit que nous étions égaux dans l’utilisation de ces ressources. Nous voulons un système dans lequel les gens ne sont pas exploités. Les industries de la pornographie, de l’alcool, du jeu et de l’usure seraient totalement éradiquées.


[...]



Je crois vraiment que si les gens se réveillaient de leur léthargie et de l’obscurité dans laquelle ils vivent, et voyaient la beauté, la perfection et la justice de l’islam, ils seraient mieux disposés vis-à-vis de l’islam. Mais il nous reste beaucoup d’obstacles – notamment les obstacles physiques des régimes en place ainsi que les obstacles de la diabolisation de l’islam et de la charia ».



Anjem Choudary est la figure archétypale du salafiste. Sous les belles proclamations de paix universelle et de bonheur pour chaque être humain dans la lumière d’Allah, qu’est-ce que le salafisme ? La branche la plus radicale de l’islam sunnite. Celle des talibans d’Afghanistan et du Waziristân pakistanais, celle d’Oussama Ben Laden et d’Al Qaeda, celle des Shebaab somaliens et du Boko Haram nigérian. Celle de l’asservissement total des femmes et de l’ensevelissement vif des homosexuels, celle de l’anéantissement des Juifs et de l’esclavage des kouffars – les infidèles, celle du mariage forcé des fillettes dès six ans et de leur consommation à partir de neuf, celle de la proscription de l’éducation, des jeux, de la télévision, de la musique, du théâtre, des images et de toute représentation humaine, celle de l’élimination méthodique des arts et des sciences. Une secte de fanatiques exaltés et de destructeurs enragés. Le salafisme ? Ni plus ni moins que la conjugaison de l’Ordre du Temple Solaire pour la démence furieuse, et du nazisme pour l’acharnement génocidaire et l’apocalyptisme crépusculaire.


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L’islam des purs et du califat mondial se résume à un tombeau où tout ce qui dérogera aux préceptes de la charia sera enseveli, après que le djihad aura suffisamment rétréci la vie pour qu’elle rentre dans ce caveau de cendres et de sang.

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