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The Ghost-Writer, l’homme de l’ombre

Par Sijetaisdeboutsurmatete
The Ghost-Writer, l’homme de l’ombre Le dernier film de Roman Polanski, d’après un roman de Robert Harris, reprend un schéma scénaristique classique du cinéma : un écrivain sans prétention avouée (Ewan McGregor) se retrouve au cœur d’une tourmente politique qui le dépasse largement : engagé par Adam Lang (Pierce Brosnan), ancien premier ministre britannique, pour rédiger ses mémoires, il découvre que le précédent rédacteur n’a pas survécu à sa mission. Puis le premier ministre est poursuivi par la justice internationale pour torture sur des terroristes durant la guerre en Irak, dans laquelle il avait engagé son pays.

Dans ce schéma classique, le scénario n’en est pas moins brillant : l’action est concentrée sur une île américaine. L’autarcie impossible : séparée du continent, elle est un lieu entre le monde de la justice internationale dont les Etats-Unis se sont en exclus en ne ratifiant pas le statut de la Cour Pénale Internationale (tout comme la Chine, la Corée du Nord, la Russie et Israël !) et le grouillement du monde perpétuellement présent sur les écrans de télévision et qui veut la peau d'Adam Lang. Rappelons que c’est ce même grand pays de liberté qui chasse le réalisateur franco-polonais depuis plus de trente ans. Quoi qu’il en soit de cette affaire, on devine l’intelligence du réalisateur que de poser l’action de son film dans un pays où il n’a pas droit de cité. L’île est battue par les vents, l’employé de maison ne cesse jamais de ramasser des feuilles mortes qui s’envolent dès lors qu’elles sont ramassés ; les scandales politiques éclatent inutilement sans que jamais ne soit remis en cause le système international, nous continuons à faire confiance aux mêmes hommes qui organisent les relations internationales.

La subtile psychologie des personnages amène à un dénouement qui, tout en tenant en haleine le spectateur, évite les coups de théâtre artificiels : les gentils ne se révèlent pas être les salauds. Le nègre d’abord réticent à toute sorte d’implication ou même de positionnement va peu à peu s’interroger, fouiller et trouver : si ce n’est par pur désir de vérité, c’est d'abord de la curiosité. Quant à la dernière scène qui sacrifie l’écrivain, loin d’être précipitée, il semble qu’elle ne fasse que souligner une ultime fois le propos du film : la continuelle longueur d’avance des décideurs mondiaux et l’inefficience politique de ceux qui essayent d’agir contre, et même, leur inutile intégrité : ils furent assez naïfs de croire qu’ils ne le paieraient pas à un moment ou à un autre.


The Ghost-Writer de Roman Polanski d’après « L’homme de l’ombre » de Robert Harris, sortie le 3 mars 2010, avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Kim Catrall

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