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Vampire Weekend, du sang frais dans le monde de la pop

Par Christophe Greuet

Jusqu'ici, on croyait que la musique pop, c'est à dire la "vraie", "bonne" musique pop ne pouvait être qu'une recette anglaise. Qui mieux que les grands-bretons pouvaient, tout en arborant un look plus que décalé - voire dépassé ! -, étonner les oreilles curieuses par des mélodies en apparence peu soignées, complètement délirantes, et pourtant accrocheuses ? Et bien il semblerait que le vent soit en train de tourner ! Depuis quelques années, les Etats-Unis s'imposent peu à peu comme le berceau des meilleurs groupes pop du moment.


La liste est longue, et pour n'en citer que quelques uns, on mentionnera The Shins, The Decemberists ou encore The Format, qui, bien qu'étant originaires des Etats-Unis, semblent avoir réussi à faire revivre l'esprit de la pop "anglaise" mieux que l'Angleterre elle-même. A ces quelques groupes, il faut à présent ajouter la dernière coqueluche des fans de musique indépendante : le groupe Vampire Weekend.
Véritable phénomène outre-Atlantique, la musique de ce jeune quatuor new-yorkais gagne peu à peu l'Europe. Et pourtant, le groupe n'en qu'à ses débuts, puisque aucun album n'a encore vu le jour. Malgré cela, Vampire Weekend a réussi à se constituer un véritable fan club, et part déjà en tournée avec des "grands", tels qu'encore une fois, The Shins.
Ils sont jeunes, certes, mais défient le cliché du groupe de post-adolescents appliqués à gratter leur guitare, tout imprégnés qu'ils seraient encore de leurs leçons de solfège. Leur particularité ? Des influences pour le moins rares dans le monde un peu étriqué de la musique populaire. Comme l'indique le titre d'une de leurs chansons "Cape Cod Kwassa Kwassa", ainsi que la majorité de leurs mélodies, le groupe tire son inspiration de chants et musiques venues d'Afrique. Selon Ezra Koenig, guitariste et chanteur du groupe, tout aurait commencé à l'écoute d'un CD de musique malgache. On fronce les sourcils en tentant d'imaginer le résultats. Que peuvent donner quatre jeunes new-yorkais "dans le vent" qui tentent de s'imposer sur la scène pop américaine avec des mélodies inspirées de musiques africaines ? Et bien cela donne quelque chose de hautement novateur pour une scène dont la majorité des artistes donne l'impression de jouer constamment la même chose.
Vampire Weekend a gardé de la pop disons, traditionnelle, le goût des expériences musicales, du son "brut" et un peu fouillis et des voix comme mal assurées, parfois trop haut perchées et étonnamment modulables. A cela, le groupe a ajouté sa signature, c'est à dire des notes d'une authenticité rafraîchissante, qui diffusent une bonne humeur sincère, loin des substituts d'émotions dont nous abreuvent souvent les noms les plus médiatiques de la pop. Lorsque l'on écoute des titres tels que "Oxford Comma", "Boston" ou encore "A-punk", on ne peut s'empêcher d'être séduit par le mélange des tam-tams et des guitares, des flûtes et de la batterie. Les quatre jeunes artistes s'amusent, assument leur marginalité, et tentent de se faire une place sur la scène en y mettant un peu le foutoir. Et nous, on salue la fraîcheur, la simplicité. Tout en gardant un oeil attentif sur leur carrière.

Elsa Lorphelin

Découvrez et écoutez Vampire Weekend sur MySpace ou leur site officiel.

Le premier album éponyme du groupe sortira aux Etats-Unis en janvier 2008, et en France le 4 avril chez XL Recordings/Beggars France.

Les Vampire Weekend interprètent "Oxford Comma"
en live à Roosevelt Island (Manhattan), le 17 juin 2007 :


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