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Iznéo oublie les librairies, confond numérique et papier

Par Actualitté
 La plateforme Iznéo montée par Média Participations fait beaucoup parler d'elle. Si d'un côté, on a la voix de Vincent Monadé, président du MOTif, qui parle d'Iznéogoud, une plateforme qui exclut la librairie, ce « prescripteur essentiel », c'est pour mieux envisager le pire : « prendre le risque de se couper, à terme, d'un lectorat lié à des auteurs, parfois à des vendeurs, mais très peu à des marques éditoriales. »
Face à un piratage croissant dans le domaine de la BD, ainsi que l'avait démontré l'étude ebookZ, l'arrivée d'une offre légale présente en effet un certain intérêt. Pourtant... « La tentation est forte, et notamment chez les promoteurs d'Iznéo, de s'affranchir du libraire », souligne-t-il.
En parallèle, c'est tout le compte-rendu du SNAC, reçu par Claude de Saint Vincent, représentant de Média Participations, qu'il ne faut pas non plus rater. (post du 7 avril)
Rémunération, contrat et adaptation
Pour la rémunération des auteurs, l'un des points majeurs, le désaccord persiste car « c'est bien l'idée du “livre papier semblable au livre numérique” qui servira de maître-étalon chez les différents éditeurs du Groupe Média Participations ainsi que chez les éditeurs extérieurs travaillant avec Iznéo ».
Iznéo oublie les librairies, confond numérique et papier
Concrètement, « la clause sur les droits dérivés des contrats actuels de Dargaud faisait clairement figure d'exception et devrait donc disparaître d'ici la fin de l'année », et l'on basculera donc vers une rémunération au pourcentage de 8 % en moyenne. Une perte pour les auteurs, puisque l'offre actuelle de Dargaud est fixée à 17,5 %.
D'autre part, pas de contrat séparé, Média Participations est contre cette idée. Livre et papier sont une seule et même création estime-t-on, que l'éditeur finance. Indissociables l'un de l'autre, donc, alors qu'au contraire, estimait le syndicat, une séparation en la matière permettrait visibilité, autant que transparence.
Enfin, la durée de la cession des droits reste toujours problématique : « Média refuse de limiter l'étendue de la cession des droits, aux vues des sommes investies dans la création d'Iznéo, qui représentent un risque pour l'entrepreneur. » Van Hamme avait proposé une période de trois années, tacitement reconductibles.
Chose qui « n'impliquait pas obligatoirement pour les auteurs le fait de quitter leur éditeur à l'issue de cette période, comme Média semblait le penser, mais permettait surtout de laisser aux auteurs une “porte de sortie”, en cas de réelle mésentente (une sorte de clause permettant le divorce dans un contrat de mariage) ».
Et mon avis ?
Enfin, l'auteur ne sera pas sollicité pour ce qui est de l'adaptation de son oeuvre, puisque mise en ligne et publication papier sont une seule et même chose. Les grosses pointures seront sollicitées, comme l'envisageait déjà Joann Sfar, mais pour les petits ou/et les débutants il n'en sera pas de même.

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