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Comment Facebook compte révolutionner le web

Publié le 25 avril 2010 par Dgabs

La conférence développeurs Facebook F8 qui s’est déroulée cette semaine a été le théâtre d’annonces spectaculaires : un ensemble de composants permettant aux développeurs d’ajouter des fonctionnalités de réseau social sur n’importe quel site et d’exploiter le graphe social de Facebook. Une refonte complète de la plate-forme Facebook et trois composants ont été annoncés : les modules sociaux, le protocole Open Graph, et l’API Graph. Lire la suite l’article

Des modules sociaux qui relient tous les sites à Facebook

Facebook propose un ensemble de modules sociaux (social plug in). Un module social est un composant qui s’installe sur n’importe quelle page web avec juste une ligne de code HTML. Le bouton « J’aime » (Like Button) attaché à un contenu permet à l’internaute, pour peu qu’il soit connecté à Facebook, de voir les amis qui aiment ce contenu, et de déclarer lui aussi qu’il aime. Il fonctionne de la même manière que le bouton « J’aime » (anciennement « Fan de ») à l’intérieur de Facebook. Le fait de cliquer sur le bouton crée une connexion avec le profil de l’internaute. Le site apparaît alors sur ce profil et peut publier des actualités sur son mur.

Le module « Fil d’actualités » (Activity Feed) fonctionne comme un petit mur à l’intérieur du site visité : il affiche l’activité des amis sur le site (J’aime, commentaires…). Le module « Recommandations » (Recommendations) suggère à l’internaute des pages qui pourraient l’intéresser sur le site. « Like Box » crée un lien vers l’éventuelle page Facebook du site et affiche son fil d’actualité directement sur le site. « Login with Faces » active une connexion Facebook, tout en affichant les photos des amis qui sont déjà passés sur le site. « Facepile » fait la même chose sans la connexion Facebook. « Comments » permet à l’internaute de laisser un commentaire sur n’importe quel élément de la page. Enfin, « Life Stream » affiche un mini-mur sur lequel les internautes peuvent échanger en temps réel pendant un événement.

Dans la Toile du graphe social

L’Open Graph Protocol (OGP) autorise n’importe quelle page web à devenir un objet riche dans un graphe social. En fournissant des métadonnées structurées, une page web peut se comporter comme une page Facebook : apparaître dans les profils, dans les fils d’actualités, dans le moteur de recherche Facebook, être administrable et analysable. Le protocole OGP reprend les travaux initiés par Facebook au sein de Opengraphprotocol.org, travaux qui s’appuient sur différentes technologies sémantiques telles que RDFa, Dublin Core, ou encore Microformats. La refonte de la plate-forme s’accompagne de Graph API, une refonte de l’API d’accès aux données de Facebook. Tous les objets du graphe social (individus, photos, événements, pages…) et les API sont accessibles par URL. Par ailleurs, la méthode d’authentification a été simplifiée et utilise désormais OAuth 2.0, ce qui signe l’abandon de Facebook Connect.

Vers un web social

Les implications de ces annonces sont considérables, au point que certains y voient l’émergence d’un « web social ». Il faut dire que Facebook est devenu un acteur de poids. Avec plus de 400 millions de membres, le site Facebook est passé devant le moteur de recherche Google en mars 2010 en termes de fréquentation. Comme on peut le constater, les modules sociaux ajoutent des fonctionnalités sociales à n’importe quel site. Pour les sites marchands tels que Levi’s ou de presse en ligne comme CNN, cela ouvre des perspectives inédites. Lorsqu’un internaute va cliquer sur le bouton « J’aime » d’un article, un lien vers cet article va apparaître sur son fil d’actualités Facebook et ses amis seront enclins à cliquer sur ce lien : le pouvoir de recommandation est sans commune mesure avec les étoiles et les avis d’internautes anonymes et inconnus. Les Pages Jaunes canadiennes, par exemple, ont adopté le bouton « J’aime ». Ainsi, les utilisateurs seront en mesure de noter les entreprises qui leur ont donné satisfaction et de voir celles que leurs amis ont aimées. L’idée de modules sociaux n’est pas neuve. L’été dernier, Google avait tenté de lancer iGoogle social, un ensemble de gadgets sociaux pour iGoogle, ainsi que des API permettant aux développeurs de créer leurs propres gadgets sociaux à la norme OpenSocial et embarquables dans d’autres environnements. Mais cela n’a jamais vraiment décollé.

Facebook à l’assaut de Google

Les modules sociaux tissent un réseau de recommandations puissant car basé sur le pouvoir d’influence. Cette démarche est séduisante, parce que l’on se dirige vers un web qualifié par ses relations, et non plus par des internautes anonymes ou des moteurs de ranking. C’est un peu le vieux rêve du web sémantique, mais mis en œuvre de manière pragmatique. De fait, Facebook, déjà fort présent, va encore accroître son emprise. Ce tissu de liens, même s’il s’étend sur toute la Toile, se concentre au final sur Facebook où sont centralisées toutes les données. Le danger est qu’il n’existe plus, à terme, d’autre choix de réseau social que Facebook. Le problème de confidentialité des données est toujours d’actualité, d’autant que la politique de Facebook en la matière semble changer au gré des vents. Pour autant, ce nouveau Facebook ouvre des perspectives passionnantes. Contrairement à Google qui indexe le web à coups d’algorithmes savants, Facebook est en train de construire un index parallèle avec son graphe social, fondé sur la recommandation. C’est un peu le combat du web des machines contre le web des humains. Peut-être se dirige-t-on vers une domination du web indexé par Google, du web social par Facebook, et du web mobile par Apple.

A lire sur le sujet : Le nouveau Facebook est il diabolique ? Comment Facebook a maté Google et Apple Facebook Social Plugins and Open Graph: What they mean for online newspapers Facebook et ses nouveautés inquiètent certains membres

Question à Brice Cornet, cofondateur de Pragmawork

Comment voyez-vous l’arrivée de cette nouvelle plate-forme ? Dans tout projet de développement, la création représente 40 % du budget et la maintenance 60 %. Si l’on regarde en arrière, Facebook Connect a changé de direction plusieurs fois. Maintenant, Facebook annonce un nouveau changement avec l’arrivée d’OAuth 2.0. Cela induit encore un coût de maintenance évolutive. Nous avons donc décidé de ralentir le rythme des intégrations et de revenir en arrière. Pour ce qui est d’Open Graph Protocol, c’est intéressant mais peut-être un peu trop tôt. Et avoir raison trop tôt, c’est souvent avoir tort. Open Graph Protocol autorisera une traçabilité accrue des profils sociaux des visiteurs. Cela permettra une meilleure interaction et donc, une meilleure définition du profil numérique des personnes. C’est génial, mais n’oublions pas qu’au final, tout cela est guidé par une logique commerciale qui va s’opposer à une logique de protection de la vie privée. Je me pose donc la question de savoir si les données récoltées et créées via Open Graph seront légalement exploitables ou non. Nous rencontrons le même problème avec le projet Traktor. Je suis très enthousiaste quant au nouveau plug in social qui va offrir une ouverture sans entraîner d’investissements de maintenance lourds. Nous l’avons testé sur notre projet Nospot de réseau social pour l’escalade. Pour le reste, soyons prudent et attendons que Facebook nous propose enfin une politique stable et une feuille de route claire.

[Source]

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