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Gaetano Pesce, la folie géniale

Par Niconico

Gaetano Pesce, la folie géniale

Barbe blanche, front dégarni, cheveux hirsutes et petites lunettes encadrant un regard espiègle. Difficile de se faire une première impression sur Gaetano Pesce. Savant fou ou sage spirituel. Peut-être les deux à la fois. Sûrement.

L’Italien de 71 ans n’est pas réductible à une seule définition. Sa liberté n’a pas de prix. Ce qui l’a d’ailleurs poussé à s’éloigner de sa marque fétiche Cassina. «J’avais un peu mal au cœur ces dernières années, je ne reconnaissais plus la marque Cassina, banalisée depuis qu’elle a été rachetée par la holding Charme. Elle avait perdu son identité, celle d’une entreprise capable de produire des œuvres expérimentales. C’est avec Cassina que j’avais créé, en 1969, Up donna, un siège radical.» Expatrié à New York depuis 20 ans, sa pensée est sans concession, mais dépourvue de rancune aussi. Cassina a retrouvé ses valeurs et Pesce fait son retour.

Gaetano Pesce, la folie géniale

Il a profité du Salone internazionale del mobile à Milan au début du mois d’avril, pour annoncer son nouveau projet. Grandiose, engagé et plein de sens. 61 tables toutes différentes, mariant le vert, le blanc et le rouge, les couleurs nationales, qui s’imbriquent en un puzzle géant qui dessinera la carte de l’Italie. L’œuvre s’appellera Sessantuna, soixante et un en italien, comme 1861, date symbolique de l’unité italienne conquise par Giuseppe Garibaldi.

Gaetano Pesce, la folie géniale

Gaetano Pesce, la folie géniale

Et pour parfaire le tout, Gaetano Pesce fabriquera chaque pièce dans la province de Brianza, région historique de la Lombardie. Le tout sera présenté l’année prochaine à la Fiera Milano, pour les 150 ans du Resorgimento. «Je suis toujours un rêveur, je voulais recommencer, montrer que l’on pouvait encore élargir le langage du design.»

Voilà le design selon Pesce. Depuis toujours. Il y a quelques années, il crée la lampe tchador pour dénoncer le voile. Finalement, la meilleure façon de comprendre Gaetano Pesce, c’est encore de se référer à ses idoles. Tous surréalistes, à commencer par le maître absolu du design imaginatif, Salvador Dali. Lui qui disait que « l’unique différence entre un fou et moi, c’est que moi je ne suis pas fou ». Ne serait-ce pas là la meilleure définition du designer italien ?


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