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Cloudy with a chance of meatballs - Prepare to get served...

Par Ashtraygirl

tempete de boulettes geantesIl faut leur reconnaître ça (entre autres choses): les américains ont le chic pour tirer d'un pitch absurde au possible (et plutôt bêta) une morale en béton armé. Ce qu'ils négligent souvent, en revanche, c'est la subtilité. Comme un brillant exemple de cette réflexion, Tempête de boulettes géantes se pose là, avec sa jolie créativité, et sa satire convenue.

Déroulons le spaghetto...

TBG narre les aventures de Flint, enfant marginal aspirant inventeur, fan de Nikola Tesla et de Graham Bell, devenu au fil des ans le savant fou du coin, celui que l'on redoute comme la peste tant ses trouvailles s'avèrent chaque fois de parfaites catastrophes. A Swallow en Château, petite ville perdu sous le "A" de Atlantique (prenez une carte), tous le considèrent comme un martien, son père y compris, et préfèrent, le reste du temps, se consacrer à leur trésor insulaire: la sardine. Pourtant, le jour où Flint se met en tête de transformer l'eau en nourriture, ce qui s'annonçait comme l'ultime catastrophe se révèle être une idée de génie. Et lorsque des cheeseburgers pleuvent sur Swallow en Château, tous y voient l'avènement d'une ère nouvelle... à commencer par Sam Sparks, aspirante météorologue qui ne jure plus que par la "météo alimentaire". Mais quelles sont donc les limites de cette machine miraculeuse changeant l'eau en nourriture? Swallow en Château va bientôt l'apprendre à ses dépends. Mais observons de plus près la barrière nuageuse...

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L'idée de base est effectivement complètement farfelue, complètement originale et, en même temps, complètement bêtasse. Car, si elle se justifie dans son contexte (ils ne manget QUE des sardines à Swallow - qui porte bien son nom!), elle annonce en même temps que son délire ses propres limites, que l'on anticipe, à raison, rapidement atteinte. Le mal serait moindre si l'idée était développée plus subtilement, mais voilà, il n'en est rien. Là où le concept aurait pu dériver sur une réflexion bien plus vaste et profonde (il est étrange, par exemple, que le sacro-saint gouvernement américain ou que les lobby industriels ne cherchent pas à s'emparer de la-dite machine, véritable mine d'or ou annonce d'un crack boursier certain, selon le point de vue duquel on se place), comme la fin de la faim dans le monde, par exemple... L'absence d'allusion à celle-ci m'a passablement dérangée, en vérité, même si, dans le déroulé de l'histoire, je ne vois plus grande place à un tel questionnement, effectivement. Car ce que vise - evidemment - TBG, c'est la surconsommation.

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De ce côté, ça y va. De la bouffe, en veux-tu, en voilà! Et typiquement américaine avec ça. impossible de se tromper quant à la nationalité de l'animé: cheeseburgers, crèmes glacées, nachos, cheddar fondu, friandises, poulets frits, hot-dogs, pancakes, donuts, steaks king size... et, bien sûr, la fameuse "jelly". Bienvenue dans le microcosme de la malbouffe: Swallow en Château! Le film est un véritable défilé de mets tous plus bourratifs les uns que les autres, quoique superbement mis en images. On croquerait son écran, si on le pouvait... du moins, avant de frôler l'indigestion. Car, si le dégoût était l'un des buts de TBG, il est définitivement atteint. Plus d'une fois, on se prendra à pincer les lèvres d'un air nauséeux devant cet amalgame - joyeusement gaspillé - de nourriture exploité jusqu'à l'écoeurement, dont le personnage du Maire est le porte-parole. Je serais d'ailleurs assez curieuse de savoir, dans les détails, ce qu'en a pensé le public américain: a-t-il été réceptif à cette critique au 1er degré de la surconsommation alimentaire? Dans tous les cas, les faits sont là. TBG aligne sans faute les dérives du système, des problèmes d'obésité chez les adultes et autres malaises chez les enfants, au gaspillage en masse de la production. Le problème, c'est que la démonstration... s'arrête là. Comme dans toute satire "bon enfant", le problème - gigantesque - sera évidemment jugulé, et tout rentrera dans l'ordre... A savoir?

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Les graphismes sont épatants, grâce, notamment, au même procédé de mise en lumière que pour Monster House, donnant à l'ensemble une patine particulière, réaliste, colorée, vivante. D'un point de vue esthétique, c'est très réussi, en particulier concernant le ciel, changeant, au-dessus de Swallow. De même, la "bouffe" est, prise individuellement, plutôt apétissante, et justifie à elle seule une expérience certainement concluante en 3D. Côté protagonistes, on retrouve les mêmes gabarits que pour les précédentes productions Sony Pictures Animation (Les Rebelles de la Forêt, Les Rois de la Glisse...), avec, toujours, un petit côté caricatural qui fait rigoler.

De l'humour, il y en a, bien sûr, disséminé habilement ça et là pour conserver une dynamique divertissante tout le long, avec, là encore, des tentatives de satire pas toujours très heureuses. On retiendra surtout le personnage du super-flic Earl, doublé en V.O. par Mister T himself, dont très certainement les auteurs se sont inspirés, et celui de bébé Brent qui sous-tend une réflexion interressante sur les enfants stars et leur quête de personnalité. Ajoutez un pamphlet largement appuyé sur les relations père/fils, et vous obtiendrez la recette en définitive plutôt gagnante de cette bolognaise trépidante. Car, après tout, le film n'est pas tant destiné aux grands enfants tels que moi avec mes considérations un rien trop adultes pour le coup, qu'aux petits, que ce dessin animé prometteur ravira et, peut-être, quelque part, éduquera.


*Indice de satisfaction:

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 (+)

*1h30 - américain - by Phil Lord et Chris Miller - 2009 pour Sony Pictures Animation

tempete de boulettes geantes
 

*Genre: En cas de petit creux...

*Les + : Divertissant, coloré, drôle et suffisamment pédagogue pour les plus jeunes.

*Les - : Principalement destiné aux plus jeunes, le discours sous-jacent tournant rapidement à vide...

*Lien: Fiche Film Allociné

*Crédits photo: © Sony Pictures Releasing


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