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Midi Libre : « Nicolas Cadène, l’anti-système des barons»

Publié le 18 mai 2010 par Ncadene

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PORTRAIT : Depuis l’annonce d’une liste PS aux régionales en février, il mène la vie dure aux exclus

À l’Assemblée nationale ou dans sa section de Nîmes Marianne, Nicolas Cadène est partout. Jeune homme pressé, à l’image du flot de ses paroles et de ses écrits, le Nîmois a depuis février trouvé un espace d’action. Depuis, la décision du bureau national du Parti socialiste de présenter une liste aux régionales en Languedoc-Roussillon, et les exclusions nombreuses qui ont suivi, lui offrent l’opportunité inattendue de faire avancer ses idées de rénovation. Âgé de 28 ans, Nicolas Cadène est issu d’une famille protestante nîmoise « de gauche mais pas forcément politisée ». Adolescent engagé au Samu social, à Amnesty international, il adhère au PS à 20 ans. En avril 2002, juste après l’échec de Lionel Jospin à la Présidentielle : « J’avais envie d’exposer mes idées et je savais que seul l’espace politique le permettait. »Déjà, à l’époque, il pose un diagnostic sévère sur le PS : « Après l’échec de 2002, j’avais envie de proposer des solutions innovantes. Je pensais qu’il fallait dépasser le clivage entre les partisans de la vieille gauche et les sociaux-démocrates, qui s’accomodaient un peu trop du libéralisme. » Logiquement, dans le Gard, Nicolas Cadène reste à l’écart de la majorité social-démocrate strauss-khanienne. Il dénonce « l’appareil du PS » et, d ès 2004, confie que Georges Frêche ne devrait pas être candidat aux régionales : « C’était déjà son mandat de trop, je voyais qu’un système frêchiste s’instituait. » Depuis, le fossé entre ce proche de Ségolène Royal et ceux qu’il qualifie de « barons locaux du PS et leurs soutiens » n’a cessé de se creuser. L’an dernier, à l’approche des régionales, il milite dès juillet auprès de la direction nationale du PS, où il a quelques amis, pour une liste face à Frêche . Il devra attendre février et quelque opportunes circonstances pour que Solférino le satisfasse. Qu’importe le résultat de cette opération, depuis deux mois, il est en première ligne. Pour que la situation issue des régionales lui permette de faire du Gard un laboratoire des idées qu’il répète depuis 2002. « Il faut s’émanciper de l’autorité des élus qui tiennent les militants. En finir avec le système du clan, de la baronie, qui conditionne son soutien à celui qui est fidèle et qui obéit », répète-t-il depuis deux mois. Son credo : « Pour que les élections internes ne soient pas biaisées et que le PS soit plus représentatif de la société, il faut plus de militants. » Et Nicolas Cadène tonn e : « Si on veut une société exemplaire, il faut un parti exemplaire. » Il ne cache plus ses ambitions. « Je n’ai jamais voulu faire partie d’un appareil mais je sais, depuis que j’ai adhéré au PS, que pour mettre mes idées politiques en avant, il faut être élu. » Après une tentative peu concluante aux municipales, sur une liste Casaurang où il avoue ne pas avoir trouvé sa place, puis aux Européennes, le jeune homme indique être « attaché à Nîmes et au travail parlementaire ». On devrait reparler de lui aux élections municipales et législatives. Quant à prendre la tête de la fédération gardoise du PS, il l’assure : « Ce n’est pas mon dada ». Puis il tempère : « Si je suis sollicité et que je peux mettre en place un fonctionnement démocratique, pourquoi pas. » Dans l’immédiat, il souhaite « attendre les préconisations de la commission de dialogue, rassembler toutes les sensibilités dans une direction collégiale, jusqu’au prochain congrès du PS, en 2011. » D’ici là, il sait que ses aînés, même amis de Solférino, auront peut-être dû composer avec les fameux barons pour sortir de cette situation électoralement explosive.

Jean-Pierre SOUCHE

NDLA : Deux précisions : Quel que soit le mandat, je préfère ne pas être élu que de l’être en acceptant des compromissions et surtout la mise au placard de mes idées. Concernant le cas des régionales 2010, je rappelle que j’ai regretté la prise de décision bien trop tardive du bureau national du PS et avait milité pour une direction plus collégiale de George Frêche et le cas échéant pour une autre candidature, et ce depuis juillet 2009.


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