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LA HORDE (Yannick Dahan & Benjamin Rocher - 2010)

Par Actarus682

http://www.unsushidansmonlit.com/wp-content/uploads/2010/01/la_horde1.jpgNouvel essai du cinéma de genre français, La horde sortait sur les écrans au mois de février dernier (le dvd est attendu pour le début du mois de juillet), après avoir alimenté chez les fans une attente et des espoirs dus non seulement à l’accroche du projet (le premier film de zombies français), mais également à la personnalité de son co-réalisateur Yannick Dahan, défenseur passionné du genre, et critique d’une rare intégrité dans la désormais mythique émission Opération Frisson.


La horde suit un petit groupe de quatre policiers, fermement décidés à venger la mort d'un de leur collègue en prenant d’assaut une tour de banlieue au sommet de laquelle se sont réfugiés les malfrats coupables du meurtre. Les deux groupes se verront contraints de faire équipe commune pour tenter de sauver leur peau lorsque surgira une armée de zombies bien décidée à prendre possession des lieux.

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Référentiel, La horde l’est assurément. On songe effectivement à Nid de guêpes (Florent-Emilio Siri) et Assaut (John Carpenter), par rapport au postulat des deux groupes antagonistes forcés de faire équipe pour s’en sortir, tout comme à certains jeux vidéo (de plate-forme notamment) et même aux dessins de Frazetta (le climax final). Cependant, ces références ne viennent jamais parasiter ou corrompre le métrage, mais s’inscrivent davantage comme un terreau nourricier servant le récit et la mise en scène que comme objet d’un film-hommage qui ne serait que déférent envers ses illustres sources d’inspiration. Post-moderne donc, mais toujours créatif.

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Soucieux de livrer un film d’action basculant soudainement dans le film fantastique (à la manière de From dusk till dawn de Robert Rodriguez, l’aspect potache en moins) Yannick Dahan et son comparse Benjamin Rocher réussissent le mélange des genres sans que l’un ne prenne jamais le pas sur l’autre. Ainsi, l’action est présente de bout en bout, brutale, sèche, toujours rythmée, et l’horreur, tantôt tapie dans l’ombre et traitée hors-champ (le travail sur le son est à ce titre remarquable), tantôt surgissant de manière frontale, s’inscrit pleinement dans le cadre du genre dans lequel le film s’inscrit. Rarement gore mais toujours sanglante, l’horreur ne prend jamais le pas sur l’action, et réciproquement.

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Par ailleurs, les metteurs en scènes, soucieux de se rapprocher des dialogues des films populaires français des années 70 et 80, ont parsemé leur métrage de dialogues à la Michel Audiard, la spontanéité et l’authenticité en moins. Ainsi, nombre de répliques sonne faux et semble (parfois) trop artificiel, bien que certaines lignes de dialogues soient réellement jubilatoires (le personnage incarné par Yves Pignot parlant de sa femme, notamment). En outre, le jeu de certains acteurs laisse tristement à désirer, Jo Prestia ou Doudou Masta déclamant ainsi leur texte avec une conviction proche du zéro absolu. En revanche, Claude Perron, habitée par son rôle, force le respect dans le rôle de la femme flic, et laisse bouche bée lors d’une scène de combat dans une cuisine. Cette séquence, filmée avec une hargne et une brutalité remarquables, constitue la meilleure scène d’action de tout le film.

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Par ailleurs, Dahan et Rocher parviennent à faire naître une tension extrêmement stressante lors de l’arrivée progressive des zombies, totalement suggérée par le biais d’ombres, de sons et de regards, la menace et la peur naissant ainsi sans que rien ne soit révélé à l’écran. L’influence de Spielberg n’est ici pas loin, toutes proportions gardées.

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Le public français a toujours été frileux des films de genre tournés dans l’hexagone, nourrissant des a priori malheureusement négatifs et n’accordant sa confiance qu’au cinéma américain pour ce type de métrage. La horde fait partie de ces films qui tentent d’inverser la tendance, en essayant de prouver que le cinéma de genre français peut livrer des œuvres d’une facture visuelle plus qu’honorable au regard des budgets alloués, et pouvant rivaliser sans problèmes avec les films d’horreur américains.

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Au final,  le film de Yannick Dahan et Benjamain Rocher s’inscrit sans conteste parmi les œuvres de genre les plus réussies que le cinéma d’horreur français nous aura offert.
Rien que pour ça, il s’agit de tirer son chapeau.


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