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Bettye LaVette au New Morning

Publié le 15 juin 2010 par Corboland78

Où l'on retrouve les deux gars à nouveau sur la brèche, tout étonnés eux-mêmes, comme ils en conviennent attablés devant une Stella et une coupelle de cacahuètes dans un rade de la rue des Petites Ecuries, d'être de concert ce soir encore. En quelques semaines à peine ils viennent d'exploser leur quota de sorties !

Le programme de ce lundi soir est alléchant, Bettye LaVette fait l'affiche du New Morning le célèbre club de jazz parisien. La salle est toujours aussi sympathique, tables et chaises en cercle autour du parterre libre devant la petite scène qui peine à accueillir les quelques musiciens. Nous sommes placés à quelques mètres des artistes ce qui nous change de Bercy ! A 20h précise le batteur black Darryl Pierce, Chuck Bartels le bassiste colossal, Brett Lucas un jeune guitariste et le claviériste chauve à chapeau Alan Hill lancent le show avec un titre rapide et instrumental avant que la vedette du jour ne fasse son entrée.

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La diva, la soixantaine alerte et mince, tout de noir vêtue, pantalon et haut sans manches pailleté de strass, investit la scène. Elle interprétera la majorité des titres de son dernier album The British Rock Songbook ainsi que quelques morceaux du précédent The Scene Of The Crime. Comme le laissait présager ses disques, sa présence scénique est impressionnante, totalement investie dans ses chansons - possédée - elle grimace et se tord, semblant au bord des larmes car souvent les titres évoquent des passions tumultueuses ou des tragédies. La voix éraillée et voilée est déchirante, ses sentiments à fleur de peau se communiquent au public, tristesse ou joie deviennent communicatives et les bravos qui sanctionnent ses performances vocales sont largement mérités.

Sa version du Isn't It A Pity de George Harrison est particulièrement remarquable, tandis que le All My Love de Led Zeppelin est un très grand moment tout comme il est un de mes morceaux favoris sur son dernier CD. Par contre le Why Does Love Got To Be So Sad repris de Derek & the Dominoes me laisse indifférent tandis que le fameux slow Night In White Satin des Moody Blues dans sa version complètement déstructuré le rend méconnaissable. Chaque chanson est introduite par un court commentaire et la proximité du public rend le concert encore plus chaleureux. Son groupe lui assure une assise confortable, rythmique basse/batterie ronde et grasse, guitariste agréable et délié, tandis que le clavier (qui joue aussi de la guitare acoustique) mène le bal.

Bettye Lavette esquisse quelques pas de danse sexy sur plusieurs titres, chante un titre assise par terre ou parcourt - si on peut dire vu l'exiguïté - la scène très à son aise.   

Le concert durera 90 minutes, une grande dame de la soul nous a régalé de sa voix dans une très bonne salle tout à fait adaptée pour l'évènement.   


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