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L'art de la prise de sang

Publié le 02 octobre 2009 par Nainfermier
A l'école, j'ai appris comment réaliser une prise de sang, malheureusement l'école oublie de nous enseigner la partie intéressante du geste, la partie artistique, pour se focaliser uniquement sur l'aspect technique. On nous apprend comment faire une prise de sang dans des conditions idéale, en pleine lumière, sur un autre jeune étudiant consentant et bien hydraté avec plein de matériel à porté de main. Tout ça sans contrainte de temps, avec l'oeil bien veillant d'un professeur qui observe nos gestes.
ça c'est pour moi la partie chiante de la prise de sang, la partie que tout le monde peut faire. C'est la partie qui ne demande aucune compétence particulière.
Mais moi la partie que j'aime, c'est quand ça se complique. Quand je me retrouve dans des conditions qui ne seront jamais reproductible pour les étudiants, qu'aucun manuel au monde n'expliquera jamais. Bref quand on s'éloigne du geste technique pour aller vers un geste guidé par l'instinct et le ressenti.
Donc les situations que j'aime bien sont par exemple: un vieux dément déshydraté avec plusieurs hépatite à piquer en urgence en pleine nuit avec une lampe de poche et qui en plus se débat ou par exemple un obèse qui a subit des chimiothérapies qui lui ont bien niqué les veines ou encore le toxico qui a déjà exploré et anéanti toute les veines dispo. Ca c'est des challenges qui valent le coup, des défis intéressants.
Alors voici mes petits trucs perso pour réussir à prélever du sang dans ces situations:
-Respecter son adversaire: Les veines qui semblent facilement abordable peuvent parfois être fourbes, elles te glissent sous l'aiguille ou explose dès que tu entre. Une veine c'est comme une voiture d'occasion, il ne faut jamais prendre la première venue et toujours bien l'observer sous tout les angles, sans oublier d'envisager d'autres options avant de se lancer.Je préfère passer de longues minutes à choisir ma veine correctement plutôt que de tenter le coup sur la première venue et me planter en beauté.
- Bien choisir son matériel: Moi je prend toujours le matériel minimum, pour me motiver à ne pas me planter et donc devoir aller rechercher du matériel dans une autre pièce si je me rate. Ensuite je sélectionne mon aiguille en fonction de la taille de la veine, je choisis la force de compression de mon garrot soigneusement. Je met mon matos sur un petit plateau que je poserais ensuite sur le ventre de mon patient.L'art de la prise de sangElle me semble pas mal cette aiguille, juste la bonne taille...
- Avec ou sans gants? Je pique sans gants car je suis totalement incapable de sentir soigneusement une veine avec des gants, mais je connais les risques que je prend et je sais que c'est complètement con de ma part. Les seules fois où je met des gants c'est quand je démontre ce geste à des étudiants, afin qu'ils ne s'habituent pas à voir des infirmiers piquer sans gants et qu'ils ne prennent de mauvaises habitudes par la suite.
- Mettre le patient en confiance: Passer deux minutes à discuter avant de piquer, c'est souvent un bon investissement de temps, j'ai souvent regretté de pas avoir pris ce temps quand le patient se met à bouger et à s'agiter pendant le geste. Ne pas hésiter à attacher le patient si il est confus ou à demander du renfort si besoin. Il m'est arrivé d'être à 4 infirmier couché sur un patient pour lui prélever un peu de sang. Au début, on hésite un peu on se dit qu'on va gérer seul, mais être à plusieurs ça permet de créer de bons souvenir par la suite, du genre: "Tu te souviens la fois avec cet enragé qui avait failli me bouffer la main pendant que je le plaquais dans son lit..."
- Me mettre en condition: Ne pas piquer en étant stressé, faire le geste de manière détendue et cool, prendre quelques secondes pour se concentrer et faire les choses bien, même dans les pires conditions de stress. J'ai trop souvent piqué en stress et du recommencer plusieurs fois parce que je pétais la veine, maintenant j'y vais tranquille quelques soit la situation.Je prend le temps de m'installer, de me mettre de la lumière, j'ai découvert que les patients préféraient avoir de la lumière dans les yeux et ne se faire piquer qu'une seule fois plutôt que de se faire piquer quinze fois par un con qui pique en aveugle. - Bien sûr ne pas oublier de se planter plusieurs fois en bougeant bien l'aiguille en profondeur chez le patient con qui passe ses journées à gâcher les tiennes...

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