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Bonne fête, mon vieux...

Publié le 01 juillet 2010 par Doespirito @Doespirito
Aujourd’hui, 1er juillet, c’est la Saint Thierry. Et donc c’est ma fête. Moi qui croyais que c’était tous les jours, quelle déception. C’est pas mon karma, en ce moment. L’autre jour, je vous ai parlé de toit, mais c’était celui d’où j’étais tombé malencontreusement en voulant jouer les Yamakasis. Je vais cette fois-ci vous parler de moi, on verra si ça se termine aussi mal. Je me suis donc rendu à la Bibliothèque Nationale, rue Richelieu, histoire de compulser des manuscrits enluminés et des rouleaux de parchemins poussiéreux, pour découvrir l’étymologie de ce magnifique prénom si joliment porté.
Moine_a Thierry est un prénom d’origine germanique, composé à partir des racines «Theud», peuple, et «Ric», puissant. Donc ce blog, déjà, devrait s’appeler L’Atelier Theud et Ric, si je voulais être fidèle à la consonance teutonne. Je lis également ceci : «Saint Thierry (Théodoricus) : higoumène du Mont-d'Or, près de Reims en Champagne (533)». S’il y a des rustres parmi vous, un higoumène, c’est ainsi qu’on appelait en ce temps-là les abbés à la tête d’un monastère. A ne pas confondre avec un énergumène, qui, à la même époque, désignait les personnes possédées par le Diable. Or donc, le fameux Thierry était le fils du seigneur Marcard, ex-bandit de grand chemin reconverti dans l’exploitation légale des serfs. Si on est à peu près certain qu’il a calanché en 533, on n’est pas bien sûr de l’année de sa naissance : fin du Ve siècle ou tout début du VIe siècle ?
0710180531311421154 Notre ami Thierry décida un jour de se marier. Et là, paf, il découvre qu’il est aussi fait pour se marier que moi pour être moine. Ou l’inverse... Enfin, non, je ne sais plus. Bref, il quitte la cérémonie, le curé, la mariée médusée, les roteuses et les petits fours et file déranger l'archevêque de Reims, le non moins fameux Saint-Rémi, pour lui fait part de sa vocation monastique, assez récente, il faut bien le dire, à peu près 3 heures. L’archevêque, dans un premier temps, appelle la sécurité. Mais il finit par se laisser convaincre et renvoie ses hallebardiers, d’autant que l’autre lui prend le melon avec ses illuminations. Finalement, Rémi annule le mariage au motif qu’il n’a pas été consommé, comme une vulgaire coupe de champ’ éventée. Car si ça n’arrange pas les affaires de la future ex-épouse, ça augure bien pour le petit business de l’église : Thierry va fonder un monastère au Mont d’Or, près de Reims (commune actuelle de Saint-Thierry, c’est dire si c’est authentique, ce que je raconte), dans lequel il se retire et où il fait quelques miracles, comme soigner l’œil de Thierry 1er, un des fils de Clovis.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne me sens pas vraiment en harmonie avec cet histrion. Et puis la bibliothèque, ça me fatigue, ça sent la poussière et j’ai mal au dos. Je rentre chez moi poursuivre mes recherches sur Internet. Clic, clic, direction un forum de prénoms où on s’interroge gravement sur l’origine et la beauté des prénoms, rien que ça. Pour Thierry, un certain DaV-X n’y va pas avec le dos de la cuillère.
DaV-X : Ca se donne plus c un prénom de vieu maintenant
Réponse dudit Thierry, alias Bitman1er [je n’invente rien…], qui a lancé la conversation :
Bitman1er : j'ai 30 ans
Il aurait mieux fait de se taire, car Fairlight vole au secours de DaV-X et lui en colle une vite fait :
Fairlight : ben c bien ce qu'il dit
Image 2 Ça promet. Avant de me pendre, je file sur Wikipedia, voir l’occurrence du prénom. Et là, ça se gâte : «Peu courant en France avant la Seconde Guerre mondiale, ce prénom est réapparu après de nombreux siècles d'oubli dans les années 1950. […] D'abord employé dans des milieux plutôt aisés, voire aristocratiques, Thierry a commencé à se diffuser au cours des années 1950. [Thierry] a été le premier prénom donné pendant une brève période au milieu des années 1960, sans doute sous l'effet de la diffusion du feuilleton télévisé Thierry la Fronde (voir ici le générique de ce nanard). L'année record fut 1964 avec 25 266 garçons qui ont reçu ce prénom. C'est aujourd'hui un prénom rare pour les nouveau-nés (495e position des prénoms masculins en 2004). Il occupe la 39e place depuis le début du siècle [...]. Au début de 2001, 266 284 Français portaient ce prénom ». Lui sont apparentés des prénoms comme Derick, Derek, Dieter, Dietrich, Dirk, Ted (ah ben tiens…), Teddy, Terry, Théodoric, Thery…
Je suis déprimé. J’éteins tout. Résumons-nous : Thierry est un prénom de vieux, inventé par un cureton qui a laissé en plan sa promise le jour de son mariage, popularisé par un sosie de Robin des Bois qui passait la moitié de son temps à balancer des pavetons sur les Rosbifs et l’autre moitié à ravauder son collant vert déchiré à force de se bagarrer dans les ronces. Il est aujourd’hui donné par erreur dans 0,00005 % des naissances, par des nouveaux pères qui l’ont confondu dans leurs souvenirs avec l’inspecteur Derrick. Lui aussi vieux, mais en plus mort. Quand je vous disais que c’était ma fête, aujourd’hui.

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