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Claude Allègre, une écologie alcoolisée d'avenir à contretemps

Publié le 02 juillet 2010 par Bix

Claude Allègre annonce, après plusieurs mois de préparation, une belle brochette de grands écolos pour sa toute nouvelle fondation Ecologie d'avenir :

Alstom, Limagrain, GDF-Suez, Luc Ferry, Albert Fert, Hervé Le Bras, Jean-Paul Fitoussi et Jean-Claude Casanova

C'est Mediapart qui révèle ce qui bruissait depuis longtemps dans un formidable article : Claude Allègre lance sa fondation avec des poids lourds du CAC 40 et des «personnalités», formidablement résumé par Denis Delbecq : Le mammouth du déni climatique rameute le CAC 40.

Dans l'article de Denis, j'apprends au passage que Claude Allègre est président du Conseil scientifique de Pernod-Ricard ! J'ai retrouvé trace de ce titre prestigieux dans un document interne de Pernod, au chapitre sur la "consommation responsable (page 35 du cache Google, page 85 du document). J'ai copié-collé son intervention en bas de ce billet. Ce serait intéressant, juste comme ça, de savoir à combien il émarge pour ce boulot qui doit être éreintant.

Cela dit, pas de favoritisme, Pernod-Ricard fait partie des entreprises qui ont refusé de rejoindre le Mammouth du climat :

La liste des sociétés ayant refusé de soutenir la fondation est tout aussi instructive. Elle est révélatrice de la gêne suscitée par la fondation: le pétrolier Total, mais aussi Veolia, Schneider Electric, Pernod-Ricard, Cap Gemini, Bolloré technologies. «Nous ne sommes pas dans une logique de lobby, explique le directeur scientifique de l'une de ces entreprises, Claude Allègre est au cœur d'une polémique sur le Giec et le changement climatique: nous ne pouvons pas être d'accord avec lui.» Quant à la promesse de rapprocher universitaires et entreprises, ce cadre dirigeant la balaie d'un revers de main: «Ce n'est pas dans les séminaires qu'on rencontre les scientifiques, c'est dans leurs labos, autour de leurs travaux.»

Et pan sur le bec avec la dernière phrase.

Pourquoi à contre temps selon moi ? Déjà parce que sa fondation, ça fait longtemps qu'elle doit voir le jour. Ensuite parce que les médias ne seront pas dupes, et ne le sont déjà pas, même l'Express, tant l'ancien ministre a une réputation de mauvaise foi et de refus de débattre.

Hélas, on peut faire confiance aux réseaux de Claude Allègre pour revenir sur le devant de la scène au moment du lancement officiel de sa fondation-écran.

Je fais mien le dernier paragraphe de la bonne tribune de Corinne Lepage sur Actu-Environnement (c'est moi qui souligne) :

Dès lors, le fait qu'une fondation, qui se prétend dans le monde des idées et au-dessus de la mêlée soit créée dans le but de promouvoir une autre écologie permet tout simplement de bénéficier d'avantages fiscaux pour les entreprises qui pourront ainsi financer quasi gratuitement un greenwashing à grande échelle. Déjà, le monde contemporain fait que le rapport entre la défense des citoyens des consommateurs et les moyens des multinationales est disproportionné. Cette initiative va renforcer encore ce déséquilibre en le parant des plumes du paon intellectuel et désintéressé. Il n'est évidemment pas question de s'opposer de quelque manière que ce soit à cette initiative. En revanche, la réponse doit être double : refuser d'appeler cette fondation autrement que la fondation Allègre et s'opposer à ce qu'elle soit revêtue d'une quelconque appellation d'intérêt général.


Je vous recopie cette interview maison de Pernod-Ricard :

3 QUESTIONS À CLAUDE ALLÈGRE, Président du Conseil Scientifique Pernod Ricard

Quel est, selon vous, le rôle de la recherche dans l’entreprise ?

Dans le monde moderne, mondialisé, où tout évolue très vite, la recherche et les innovations en tous genres, technologiques, sociologiques, économiques, qui peuvent en découler sont des éléments essentiels de la pérennité d’une entreprise. Dans le monde de demain, celui qui ne saura pas évoluer disparaîtra. Le domaine des Vins & Spiritueux n’échappe pas à cet impératif.

Quel visage prennent recherche et innovation chez Pernod Ricard ?

La recherche chez Pernod Ricard concerne des aspects extrêmement variés : la préservation dans le temps des boissons embouteillées ; le goût ; la qualité des matières premières et des processus de fabrication ; la maîtrise des levures de fermentation ; la lutte contre la contrefaçon aujourd’hui galopante et inquiétante.

Dans ce cadre, quel est le rôle du Conseil Scientifique ?

Les thèmes de toutes ces recherches indispensables sont définis par une interaction forte entre le département marketing et le département recherche. La mise en œuvre pourra être soit externalisée, soit réalisée en interne dans une structure de recherche organisée en réseau. Dans cette démarche, le rôle d’un conseil scientifique composé de personnalités extérieures est multiple. Il permet de donner un avis sur les recherches entreprises et les résultats obtenus en regard du contexte mondial de la recherche. Il permet de tisser des liens entre la recherche de Pernod Ricard et le monde extérieur, par exemple pour orienter et aider le recrutement d’excellence. C’est l’ensemble de cette démarche recherche et innovation, désormais placée dans un contexte international, qui doit permettre à Pernod Ricard de s’assurer un développement supérieur à ses concurrents.

PARCOURS
Président du Conseil Scientifique Pernod Ricard ; Professeur à l’IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris) et ancien ministre de l’Éducation nationale


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