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You Will Meet A Tall Dark Stranger

Publié le 03 juillet 2010 par Mg

Woody Allen ne sait pas s’arrêter, et pour notre plus grand plaisir. Le maître de l’humour new-yorkais et de l’ironie légère, dans un français timide, a présenté hier en ouverture du festival Paris Cinéma son dernier film, un retour en terres anglaises.

De fait, le réalisateur revient doucement en Europe après un passage en 2009 sur New York, et réinvestit Londres pour détailler le quotidien mouvementé d’une douzaine de personnages tout plus ou moins liés. Une micro bulle de la société où la douce fureur de vie les conduit dans des directions inattendues, des remises en cause soudaines. Allen sait faire parler ses personnages, installer des thématiques sous-jacentes sans trop enfoncer son sujet. On voit ainsi les couples se briser, les vies se défaire ou refaire, sans réellement de hausses de tensions. Dans une candeur britannique très bien captée, le réalisateur juif new yorkais ressasse sans ennui ses idées sur la mort, les envies, les idées, l’amour.. Jamais dramatique, toujours sur ce fil du rasoir entre comédie ironique et romances, Woody Allen nous tisse quelques petites vignettes de vie très agréables à regarder.

La thématique principale du film ne sera pas sans rappeler les derniers travaux du réalisateur, entre idée de la mort et joies du moment. Dans Whatever Works un écrivain un peu entêté ne se pensait pas mort et retrouvait sa joie de vivre. Ici, entre un couple de retraité se séparant pour mieux vivre (quitte à ce que cela soit une erreur), un voisin qui tombe amoureux de la fille d’en face, l’employée pour son patron, … Le jeu de dominos fonctionne à plein, et on suit chacun d’entre eux tomber pour mieux se relever. Douce ironie de vie, choix de l’instant, et dans tout cela Woody fait une grande part à l’humour, entre les prédictions d’une voyante un peu trop sur d’elle, et quelques séances surnaturelles un peu surréaliste… Le réalisateur laisse une grande place à l’amour, faisant fonctionner son récit à l’énergie positive, malgré l’attente de ce grand et sombre inconnu…

De ses précédents films européens, on avait gardé une certaine noirceur, un fond dramatique et légèrement torturé. Des escapades espagnoles aux aléas anglais, il n’avait rien épargné. A l’inverse, si You Will Meet… parle bien de mort, et des joies de la vie, il n’y a rien ici de dépressif. Là encore, il arrive à saupoudrer son récit de quelques idées, dans un climat tourné vers l’humour et un esprit positif, qui fait ressortir de la salle avec le sourire. Arrivant à composer avec un casting international (l’espagnol Banderas, l’australienne Watts, l’américain Brolin, l’indienne Pinto..), Allen mélange les gens, les genres, les inspirations… dans un film tourné au coeur de Londres, sous un soleil estival. Bref, tout pour plaire, et le dernier film du maître est simplement une jolie respiration dans sa filmographie, une légèreté à déguster au calme, en attendant son prochain film tourné cet été à Paris, et qui s’annonce donc encore plus romantique et délicieux.


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