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Mélenchon, une chance ?

Publié le 03 juillet 2010 par Marx


                                  Il n’est certes pas de sauveur suprême et Jean Luc Mélenchon n’en est pas. Il y a toutefois dans l’histoire du mouvement ouvrier, bien des occasions manquées. L’histoire ne repasse pas les plats. Il n’est pas question non plus des grands soirs, qui n’ont eu que des lendemains difficiles. Alors que les bases ne rêvent que d’unité, les directions font l’inverse en reprochant aux autres de la refuser ou de ne pas créer les conditions qui la rende possible. C’est toujours le syndrome du télégramme de Zinoviev avec ses 21 conditions. Le traître c’est toujours l’autre, le pas sur, le non décidé, l’hésitant, celui qui est soupçonné de ne pas vouloir, à dessein.
                                  On a vote oublié que le Parti, c’est un instrument, un moyen et non pas une fin. Il faut certes entretenir l’outil, le perfectionner, l’adapter mais la fin n’a jamais été le Parti . La fin c’est le socialisme , phase transitoire au communisme, c’est ainsi et à partir de là qu’est adoptée la Charte de 1905 d’unification des socialistes et la création du Parti. Chacun , de nos jours, garde son prés carré, comme si le Parti était une fin, une forteresse assiégée, place forte d’intérêts des « élites » gardiens vigilants de leur notabilité. Eux seuls semblent traduire  correctement et représenter les intérêts de leurs mandants. Si il n’est pas non plus de super Lénine, de super Trotsky et de super Jaurès , il y a bien des supers égos et des militants de base croient défendre et  représenter le socialisme et le communisme, en suivant telle ou telle « chapelle » tel ou tel dirigeant avec le légitimisme comme seule analyse.
                                Or Jean Luc Mélenchon dérange, parce qu’il dépasse le convenu établi des carrés étanches. Il a pourtant un mérite, c’est celui de dire : »ça suffit ! » d’une gauche qui arrive au pouvoir pour privatiser, tout comme la droite et de faire la politique qui va avec. En finir avec des politiques sociales compassionnelles , caritatives et qui ne remettent rien en cause, surtout pas le système. Il prône la rupture et la remise en cause du système capitaliste, ce qui est un minimum pour qui se prétend anticapitaliste.  La base du PCF voudrait bien d’un grand mouvement unitaire qui sorte du carcan habituel de l’alliance avec le PS. Mais voilà, il y a le discours et puis on va chercher des élus et des postes, ici et là, avec le PS pourtant tant décrié, dénoncé et puis il y a la solidarité des exécutifs. C’est un dilemme pour de nombreux militants et électeurs communistes face à ces deux lignes. L’une purement idéologique et politique et l’autre pratique afin de conserver des élus.
                                 Jean Luc Mélenchon est le Président d’un petit Parti mais de qualité avec une cohérence politique et idéologique, pour le moment du moins. De nombreux  militants communistes pourraient parfaitement s’y retrouver.  Avec le Front de Gauche, il permet au PC de se retrouver et de se rassurer et ainsi de freiner pour le moins l’hémorragie dont il est atteint depuis quelques décennies . Au Front de gauche, il offre une force et une capacité politique hors du commun au moment où le PC tutoie la confidentialité électorale, empêtré dans des divisions internes.
                                   Jean Luc Mélenchon est un dirigeant de Gauche qui n’a pas à souffrir d’une quelconque complaisance à l’égard du stalinisme et il vient de prouver sa rupture avec un Parti complaisant à l’égard de la bourgeoisie. Pourquoi pas une réunification des organisations anticapitaliste, sur un programme anticapitaliste et de rupture, y compris avec les pratiques passées, des uns et des autres.
                                     Les trotskystes qui courent après le Front Unique, sans jamais le réaliser, ont là , une opportunité, un début de possibilité, avec la dynamique qui ne manquera pas de se créer et à son tour d’irriguer toute la gauche anticapitaliste.
                                La candidature de Jean Luc Mélonchon en 2012 est une chance, un redoutable candidat de combat à la hauteur des enjeux. Un candidat redoutable face aux candidats de la bourgeoisie et à ceux qui tergiversent à gauche. Cela mérite réflexion  à gauche car même seul, il pourrait marginaliser les autres candidats qui se prétendraient sur la même ligne. Ce qui aurait pour effet d’ accélérer la crise dans laquelle le PC est plongé. Il a besoin du Font de Gauche mais le Front de Gauche à bien plus besoin de lui, il est le candidat du rassemblement et ceux qui ne veulent pas de lui pourraient le payer cher si d’aventure il décidait d’être candidat malgré tout. Et oui, les élections existent et il faut compter avec.


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